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Mathématiques · Première · 21 min de lecture

Variations et optimisation : la dérivée comme outil

Signe de la dérivée et sens de variation, tableau de variations, extremums locaux, problèmes d'optimisation.

Chapitre du programme : Analyse

Bloc 1 sur 7 · Comprendre

Comprendre : le signe de la dérivée dit le sens

La leçon précédente a fait de la dérivée un objet : f(a)f'(a) est la pente de la tangente à la courbe de ff au point d'abscisse aa. Cette leçon en fait un outil. La question qu'elle résout est simple à formuler : comment savoir, par le calcul et sans tracer la courbe, où une fonction monte, où elle descend, et où elle atteint son plus grand ou son plus petit résultat ?

L'idée. Regarde une courbe qui monte sur un intervalle : en chacun de ses points, la tangente monte aussi — sa pente est positive. Là où la courbe descend, chaque tangente descend : pente négative. Et si la courbe est horizontale sur un intervalle (fonction constante), toutes les pentes sont nulles. Puisque la pente de la tangente en aa est f(a)f'(a), le signe de ff' contient le sens de variation de ff. C'est le théorème central de l'année.

Théorème (admis en première). Soit ff une fonction dérivable sur un intervalle II. Si f(x)0f'(x) \geqslant 0 pour tout xx de II, alors ff est croissante sur II. Si f(x)0f'(x) \leqslant 0 pour tout xx de II, alors ff est décroissante sur II. Si f(x)=0f'(x) = 0 pour tout xx de II, alors ff est constante sur II.

Le mot intervalle n'est pas décoratif. La fonction inverse x1xx \mapsto \dfrac{1}{x} a une dérivée 1x2-\dfrac{1}{x^2} strictement négative partout où elle est définie, et pourtant elle n'est pas décroissante sur R\mathbb{R}^* : 1<1-1 < 1 et f(1)=1<1=f(1)f(-1) = -1 < 1 = f(1). Elle est décroissante sur ] ; 0[]-\infty\ ;\ 0[ et décroissante sur ]0 ; +[]0\ ;\ +\infty[, séparément. Le théorème vaut sur chaque intervalle, jamais sur une réunion d'intervalles.

Le premier exemple, à la main. Prenons f(x)=x2f(x) = x^2. On sait que f(x)=2xf'(x) = 2x. Ce nombre est négatif pour x<0x < 0, nul en 00, positif pour x>0x > 0. Le théorème conclut : ff est décroissante sur ] ; 0]]-\infty\ ;\ 0] et croissante sur [0 ; +[[0\ ;\ +\infty[ — ce que la parabole montrait déjà en seconde, mais qui est maintenant démontré, et par une méthode qui marchera pour des fonctions dont on ne connaît pas la courbe.

Le tableau de variations. On range ce raisonnement dans un tableau à trois lignes : la ligne des valeurs de xx (avec les bornes de l'ensemble de définition et les valeurs qui annulent ff'), la ligne du signe de ff', la ligne des variations de ff (une flèche montante ou descendante par intervalle, et aux extrémités des flèches les valeurs de ff que l'on sait calculer). Pour f(x)=x2f(x) = x^2 : xx va de -\infty à ++\infty avec 00 au milieu ; ff' est notée - puis 00 puis ++ ; ff descend jusqu'à f(0)=0f(0) = 0 puis remonte. Le tableau n'est pas un dessin : c'est un résumé de preuve, chaque flèche y étant justifiée par le signe écrit juste au-dessus.

Deux précisions utiles. D'abord, la dérivée peut s'annuler en un point isolé sans casser la monotonie : xx3x \mapsto x^3 a pour dérivée 3x203x^2 \geqslant 0, nulle seulement en 00, et elle est croissante sur R\mathbb{R} tout entier (elle est même strictement croissante). Ensuite, la réciproque du théorème est vraie : si ff dérivable est croissante sur II, alors f0f' \geqslant 0 sur II — une tangente ne peut pas descendre là où la courbe monte.

Bloc 2 sur 7 · Approfondir

Approfondir : extremums et méthode d'optimisation

Extremum local. On dit que ff admet un maximum local en aa lorsque f(a)f(a) est la plus grande valeur de ff sur un intervalle ouvert contenant aa — « autour de aa », pas nécessairement sur tout l'ensemble de définition. Même définition, avec « plus petite », pour un minimum local. Le tableau de variations les fait voir : un maximum local est un sommet, là où une flèche montante est suivie d'une flèche descendante ; un minimum local, un creux.

Une condition nécessaire. Si ff est dérivable et admet un extremum local en aa, avec aa à l'intérieur de l'intervalle (pas à une borne), alors f(a)=0f'(a) = 0 : la tangente au sommet d'une bosse est horizontale. C'est pourquoi la première chose à faire est de résoudre f(x)=0f'(x) = 0 — les extremums sont à chercher parmi ces solutions.

Mais pas suffisante. Parmi, et non pas égaux à. Reprenons f(x)=x3f(x) = x^3 : f(0)=0f'(0) = 0, la tangente en 00 est horizontale, et pourtant ff n'a aucun extremum en 00 — elle est croissante avant, croissante après, elle ne fait que ralentir un instant. Ce qui manque, c'est le changement de signe de ff' : pour x3x^3, f(x)=3x2f'(x) = 3x^2 est positive des deux côtés de 00.

ff admet un extremum local en aa (intérieur à l'intervalle) si et seulement si ff' s'annule en changeant de signe en aa. De ++ à - : maximum local. De - à ++ : minimum local.

La conclusion se lit donc sur la ligne du signe, jamais sur la seule équation f(a)=0f'(a) = 0.

Local ou global ? Sur un intervalle fermé [u ; v][u\ ;\ v], le plus grand résultat de ff (son maximum tout court, dit global) est atteint soit en un point intérieur où ff' change de signe, soit à une borne. C'est le point où beaucoup de copies se perdent : une fonction peut être croissante sur tout l'intervalle autorisé, et son maximum est alors en vv, sans qu'aucune dérivée ne s'annule nulle part. Le tableau de variations, avec ses valeurs aux bornes, tranche à coup sûr.

La méthode pour un problème d'optimisation. Un problème d'optimisation demande la valeur d'une variable qui rend une grandeur (aire, recette, volume, coût) la plus grande ou la plus petite possible. Le protocole, dans l'ordre :

  1. Choisir la variable xx et écrire la grandeur comme une fonction de xx : g(x)g(x). C'est l'étape de modélisation, souvent la plus délicate — les contraintes de l'énoncé (un périmètre fixé, une plaque de largeur donnée) servent à éliminer les autres inconnues.
  2. Préciser l'intervallexx peut varier : une longueur est positive, un côté ne dépasse pas le mur, un prix a un plafond. Sans intervalle, la question « maximum » n'a pas de sens.
  3. Dériver gg et résoudre g(x)=0g'(x) = 0.
  4. Étudier le signe de gg' sur l'intervalle et dresser le tableau de variations, valeurs aux bornes comprises.
  5. Conclure en distinguant deux réponses : la valeur de xx qui réalise l'optimum, et la valeur optimale g(x)g(x) elle-même. L'énoncé demande l'une ou l'autre — lis-le deux fois.

Pour les problèmes de première, gg est presque toujours un trinôme ax2+bx+cax^2 + bx + c : sa dérivée 2ax+b2ax + b s'annule en b2a-\dfrac{b}{2a}, ce qui retrouve l'abscisse du sommet de la parabole vue au chapitre du second degré. Les deux chapitres disent la même chose ; la dérivée a l'avantage de marcher aussi au degré 3, où la parabole n'aide plus.

Bloc 3 sur 7 · Exemple

Exemple guidé : un tableau, puis un enclos

Partie 1 — variations d'une fonction de degré 3.

Énoncé. Soit ff définie sur R\mathbb{R} par f(x)=x33x2+4f(x) = x^3 - 3x^2 + 4. Étudier ses variations et préciser ses extremums locaux.

Étape 1 — dériver. Terme à terme : f(x)=3x26xf'(x) = 3x^2 - 6x.

Étape 2 — factoriser pour lire le signe. f(x)=3x(x2)f'(x) = 3x(x - 2). Cette dérivée s'annule en 00 et en 22. C'est un trinôme de coefficient dominant 3>03 > 0 : il est positif à l'extérieur des racines et négatif entre elles. Donc f(x)>0f'(x) > 0 pour x<0x < 0, f(x)<0f'(x) < 0 pour 0<x<20 < x < 2, f(x)>0f'(x) > 0 pour x>2x > 2.

Étape 3 — calculer les valeurs aux points remarquables. f(0)=4f(0) = 4 et f(2)=812+4=0f(2) = 8 - 12 + 4 = 0.

Étape 4 — dresser le tableau. Ligne de xx : -\infty, 00, 22, ++\infty. Ligne de ff' : ++, 00, -, 00, ++. Ligne de ff : flèche montante jusqu'à 44, flèche descendante jusqu'à 00, flèche montante ensuite.

Étape 5 — conclure. ff est croissante sur ] ; 0]]-\infty\ ;\ 0], décroissante sur [0 ; 2][0\ ;\ 2], croissante sur [2 ; +[[2\ ;\ +\infty[. En 00, ff' passe de ++ à - : maximum local égal à 44. En 22, ff' passe de - à ++ : minimum local égal à 00. Ce sont des extremums locaux seulement : f(3)=2727+4=4f(3) = 27 - 27 + 4 = 4 égale déjà le maximum local, et f(4)=20f(4) = 20 le dépasse — sur R\mathbb{R}, ff n'a ni maximum ni minimum.

Partie 2 — optimiser l'aire d'un enclos.

Énoncé. Un éleveur dispose de 4040 mètres de grillage pour clôturer un enclos rectangulaire adossé à un mur rectiligne : le côté le long du mur n'est pas clôturé, les trois autres le sont. Quelle est l'aire maximale de l'enclos ? Que devient la réponse si le mur ne mesure que 1212 mètres ?

Étape 1 — modéliser. Notons xx la longueur, en mètres, de chacun des deux côtés perpendiculaires au mur. Le grillage couvre ces deux côtés et le côté parallèle au mur, de longueur LL : 2x+L=402x + L = 40, d'où L=402xL = 40 - 2x. L'aire vaut

A(x)=x(402x)=2x2+40x.\mathcal{A}(x) = x\,(40 - 2x) = -2x^2 + 40x.

Étape 2 — l'intervalle. Les longueurs sont positives : x>0x > 0 et 402x>040 - 2x > 0, soit x<20x < 20. On étudie A\mathcal{A} sur [0 ; 20][0\ ;\ 20] (les bornes donnent un enclos aplati, d'aire nulle).

Étape 3 — dériver. A(x)=4x+40\mathcal{A}'(x) = -4x + 40, qui s'annule pour x=10x = 10.

Étape 4 — signe et tableau. 4x+40>0-4x + 40 > 0 pour x<10x < 10 et <0< 0 pour x>10x > 10 : A\mathcal{A} est croissante sur [0 ; 10][0\ ;\ 10], décroissante sur [10 ; 20][10\ ;\ 20]. Valeurs : A(0)=0\mathcal{A}(0) = 0, A(10)=10×20=200\mathcal{A}(10) = 10 \times 20 = 200, A(20)=0\mathcal{A}(20) = 0.

Étape 5 — conclure. L'aire maximale est 200 m2200\ \text{m}^2, obtenue pour x=10x = 10 m — l'enclos mesure alors 1010 m sur 2020 m. Remarque : la dérivée s'annule bien en b2a=404=10-\dfrac{b}{2a} = -\dfrac{40}{-4} = 10, l'abscisse du sommet de la parabole.

Avec un mur de 1212 mètres. Le côté parallèle au mur ne peut pas le dépasser : 402x1240 - 2x \leqslant 12, soit x14x \geqslant 14. L'intervalle autorisé devient [14 ; 20][14\ ;\ 20]. Or 10[14 ; 20]10 \notin [14\ ;\ 20] : sur cet intervalle, A\mathcal{A} est décroissante (on est à droite de 1010). Le maximum est donc atteint à la borne x=14x = 14, et vaut A(14)=14×12=168 m2\mathcal{A}(14) = 14 \times 12 = 168\ \text{m}^2. Répondre « 200 m2200\ \text{m}^2 » serait proposer un enclos de 2020 m de long contre un mur de 1212 m.

Le moment décisif : dans la seconde question, l'équation A(x)=0\mathcal{A}'(x) = 0 donne toujours 1010, et 1010 n'est pas la réponse. Ce n'est pas la dérivée qui conclut, c'est le tableau de variations sur l'intervalle autorisé — bornes comprises.

Bloc 4 sur 7 · Visualiser

Visualiser : courbe, signe de la dérivée, tableau

Figure (SVG programmatique à produire) : deux panneaux superposés, qui mettent en regard la courbe, le signe de la dérivée et le tableau de variations de la partie 1 de l'exemple guidé, puis la contrainte d'intervalle de la partie 2.

  • Panneau du haut — la fonction f(x)=x33x2+4f(x) = x^3 - 3x^2 + 4. Un repère orthonormé, xx de 1,5-1{,}5 à 3,53{,}5, yy de 1-1 à 55, quadrillage léger. La courbe en trait plein épais. Deux tangentes horizontales en tirets, l'une au point (0 ; 4)(0\ ;\ 4), l'autre au point (2 ; 0)(2\ ;\ 0), chacune avec son point de contact marqué d'un petit disque et coté. Sous l'axe des abscisses, une bande de signe alignée sur la courbe : hachurée dans un sens et marquée « f>0f' > 0 » de part et d'autre de [0 ; 2][0\ ;\ 2], hachurée dans l'autre sens et marquée « f<0f' < 0 » entre 00 et 22 ; les deux frontières de la bande tombent exactement sous les points de contact des tangentes. À droite, le tableau de variations dessiné à la règle : ligne xx (-\infty, 00, 22, ++\infty), ligne « signe de ff' » (++, 00, -, 00, ++), ligne « variations de ff » avec trois flèches et les valeurs 44 et 00 aux sommets. Un trait de rappel relie le « 00 » de la ligne du signe au point (0 ; 4)(0\ ;\ 4) de la courbe. En médaillon, une petite vignette de y=x3y = x^3 avec sa tangente horizontale en l'origine et la mention « f(0)=0f'(0) = 0 sans extremum : ff' ne change pas de signe ».
  • Panneau du bas — l'aire de l'enclos A(x)=x(402x)\mathcal{A}(x) = x(40 - 2x). Axe des xx de 00 à 2020 (mètres), axe des ordonnées de 00 à 220220 (mètres carrés). La parabole en trait plein, son sommet (10 ; 200)(10\ ;\ 200) marqué et coté « aire maximale sans contrainte ». La zone [14 ; 20][14\ ;\ 20] est surlignée d'un fond clair, bordée à gauche d'un trait vertical épais coté « mur de 1212 m : x14x \geqslant 14 ». Sur cette zone, la parabole ne fait que descendre ; le point (14 ; 168)(14\ ;\ 168) est marqué d'un disque plein et coté « maximum sur l'intervalle autorisé ». Le sommet (10 ; 200)(10\ ;\ 200), hors de la zone, est barré d'une croix légère avec la mention « hors intervalle ». Sous l'axe, le schéma de l'enclos : le mur en trait épais, les trois côtés de grillage en trait fin, cotés xx, xx et 402x40 - 2x.

Ce qu'il faut lire. Sur le panneau du haut, les trois objets — courbe, bande de signe, tableau — sont alignés : la courbe monte exactement là où la bande dit f>0f' > 0, et le tableau n'est que la transcription de cette bande. Les tangentes horizontales tombent aux frontières, ni avant ni après : c'est le changement de signe, visible, qui fait l'extremum — et la vignette de x3x^3 montre une tangente horizontale sans changement de signe, donc sans sommet. Sur le panneau du bas, le sommet de la parabole existe toujours, mais il est hors de la zone autorisée : le maximum utile est au bord, en x=14x = 14. La croix sur le sommet est le rappel de la troisième erreur du chapitre.

La figure en détail : en haut, la courbe d'une fonction de degré trois qui monte, atteint un sommet en abscisse zéro à la hauteur quatre, redescend jusqu'à un creux en abscisse deux à la hauteur zéro, puis remonte ; deux segments horizontaux en pointillés touchent la courbe au sommet et au creux. Sous la courbe, une bande indique où la dérivée est positive (à gauche de zéro et à droite de deux) et où elle est négative (entre zéro et deux). À droite, un tableau à trois lignes reprend ces informations avec des flèches montante, descendante, montante. En bas, une parabole tournée vers le bas représente l'aire d'un enclos selon la longueur d'un côté ; son sommet est en abscisse dix, hauteur deux cents, mais une zone claire commence en abscisse quatorze et s'étend vers la droite : dans cette zone, la parabole descend, et son point le plus haut est au bord gauche, en abscisse quatorze, hauteur cent soixante-huit.

Variations et optimisation : courbe de f(x) = x³ − 3x² + 4 avec bande de signe de f′ et tableau de variations ; aire de l’enclos avec la contrainte x ≥ 14 — Deux panneaux superposés. Panneau du haut : repère orthonormé, x de −1,5 à 3,5, y…

Bloc 5 sur 7 · Formules

Les résultats à retenir

  • f0 sur I    f croissante sur If0 sur I    f deˊcroissante sur If' \geqslant 0 \text{ sur } I \implies f \text{ croissante sur } I \qquad f' \leqslant 0 \text{ sur } I \implies f \text{ décroissante sur } I
  • f=0 sur I    f constante sur If' = 0 \text{ sur } I \implies f \text{ constante sur } I
  • f a un extremum local en a (inteˊrieur)    f(a)=0f \text{ a un extremum local en } a \text{ (intérieur)} \implies f'(a) = 0
  • f(a)=0 et f change de signe en a    extremum local en af'(a) = 0 \ \text{et}\ f' \text{ change de signe en } a \iff \text{extremum local en } a
  • g(x)=ax2+bx+c (a0):g(x)=2ax+b=0    x=b2ag(x) = ax^2 + bx + c \ (a \neq 0) : \quad g'(x) = 2ax + b = 0 \iff x = -\frac{b}{2a}
  • Sur [u ; v]:le maximum est en un point ouˋ f change de signe, ou aˋ une borne\text{Sur } [u\ ;\ v] : \text{le maximum est en un point où } f' \text{ change de signe, ou à une borne}
Tableau : Ce que tu cherches, Ce que tu fais, Point de vigilance
Ce que tu cherchesCe que tu faisPoint de vigilance
Sens de variation de ffsigne de ff', intervalle par intervallele signe de ff', pas celui de ff
Extremums locauxracines de ff' puis changement de signef(a)=0f'(a) = 0 seul ne suffit pas (x3x^3)
Tableau de variationsligne xx, ligne signe de ff', ligne flèches de ffvaleurs de ff aux sommets et aux bornes
Optimum d'une grandeurfonction de xx, intervalle, dérivée, tableautester les bornes de l'intervalle
Réponse à donnerxx optimal ou valeur optimale g(x)g(x)relire la question

Domaine de validité. Le théorème « signe de ff' ⇒ variations » exige une fonction dérivable sur un intervalle : sur une réunion d'intervalles (la fonction inverse sur R\mathbb{R}^*), il ne dit rien de global. Il est admis en première ; sa réciproque (si ff est croissante, alors f0f' \geqslant 0) est vraie aussi. La condition « extremum local ⇒ f(a)=0f'(a) = 0 » suppose aa intérieur à l'intervalle : à une borne, un maximum peut exister avec une dérivée non nulle — c'est exactement le cas de l'enclos contraint.

Écritures. Un tableau de variations se lit avec des intervalles fermés aux valeurs où ff' s'annule : « ff est croissante sur ] ; 0]]-\infty\ ;\ 0] et décroissante sur [0 ; 2][0\ ;\ 2] » — le point 00 appartient aux deux, ce n'est pas une contradiction. « Maximum local en 00 » désigne l'abscisse ; « maximum local égal à 44 » désigne la valeur. Les deux nombres répondent à deux questions différentes.

Contrôles gratuits. Une racine de ff' se vérifie en substituant dans ff'. Le signe d'un trinôme se contrôle en une valeur bien choisie (souvent 00). Dans un problème concret, l'optimum doit être dans l'intervalle autorisé et la valeur optimale doit avoir l'unité de la grandeur (m2\text{m}^2 pour une aire, euros pour une recette).

Bloc 6 sur 7 · Pièges

Pièges fréquents

  1. Confondre le signe de ff et le signe de ff'. Le sens de variation de ff dépend du signe de sa dérivée. Une fonction peut être négative et croissante (f(x)=x5f(x) = x - 5 sur [0 ; 1][0\ ;\ 1] : valeurs négatives, pente +1+1), ou positive et décroissante. Sur un tableau, c'est la ligne du milieu qui commande les flèches, et cette ligne est celle de ff'.
  2. Conclure à un extremum dès que f(a)=0f'(a) = 0. xx3x \mapsto x^3 en 00 : dérivée nulle, aucun extremum, la fonction est croissante de part et d'autre. Il faut f(a)=0f'(a) = 0 et un changement de signe de ff' en aa. La tangente horizontale est un candidat, pas un verdict.
  3. Oublier les bornes de l'intervalle. Dans l'enclos contraint, la dérivée s'annule en 1010 et la réponse est 1414. Sur un intervalle fermé, le maximum est en un point intérieur où ff' change de signe ou à une borne — et si l'annulation de ff' tombe hors de l'intervalle, c'est forcément à une borne. Le tableau de variations, avec ses valeurs aux extrémités, l'impose sans effort.
  4. Étendre une conclusion d'un intervalle à une réunion. « f<0f' < 0 partout, donc ff décroissante partout » est faux pour x1xx \mapsto \dfrac{1}{x}, définie sur deux intervalles disjoints. Le théorème se prononce intervalle par intervalle.
  5. Dresser un tableau sans valeurs. Des flèches sans les nombres f(0)f(0), f(2)f(2), f(u)f(u), f(v)f(v) ne permettent pas de comparer un sommet à une borne, ni de dire lequel des maximums locaux est le plus haut. Le tableau conclut parce qu'il contient les valeurs.
  6. Répondre l'abscisse quand on demande la valeur, ou l'inverse. « Pour quelle largeur l'aire est-elle maximale ? » attend x=10x = 10 m ; « quelle est l'aire maximale ? » attend 200 m2200\ \text{m}^2. Deux nombres, deux unités, deux questions.
  7. Dériver la contrainte au lieu de la grandeur. L'équation 2x+L=402x + L = 40 sert à éliminer LL ; c'est l'aire x(402x)x(40 - 2x) que l'on dérive. Une dérivée prise sur la mauvaise expression donne un optimum sans signification.
  8. Oublier l'intervalle de définition concret. Un côté de longueur négative, un prix nul, une hauteur qui dépasse la plaque : le problème impose des bornes que la formule de gg ignore. Écrire l'intervalle à l'étape 2 évite de conclure sur une solution impossible.

Bloc 7 sur 7 · Vérifier

Vérifier : résoudre un problème d'optimisation

Le modèle. L'exercice associé à cette leçon tire un problème concret parmi trois : un enclos rectangulaire adossé à un mur, la recette d'une salle de spectacle selon le prix de la place, ou une gouttière pliée dans une plaque de largeur donnée. Dans chaque cas, la grandeur à optimiser est un trinôme, et la question tirée demande soit la valeur de xx qui réalise l'optimum, soit la valeur optimale de la grandeur. Un tirage sur quatre ajoute une contrainte (un mur trop court, un prix plafonné, une machine qui ne plie pas au-delà d'une certaine hauteur) qui place la solution de g(x)=0g'(x) = 0 hors de l'intervalle autorisé : la réponse est alors à une borne. Un second modèle, voisin, pose des questions vrai-faux sur le sens de variation d'un polynôme de degré 2 ou 3 sur un intervalle, et sur l'existence d'un extremum local en un point donné — la famille x3x^3 y figure.

Énoncé type. Un théâtre municipal estime qu'à un prix de xx euros la place, il se vend 40010x400 - 10x places. On note R(x)R(x) la recette, en euros, pour un prix xx compris entre 11 et 1515 euros. Une convention avec la mairie impose ce plafond de 1515 euros, alors que la salle pourrait techniquement vendre des places jusqu'à 3939 euros. Déterminer le prix de la place, en euros, qui rend la recette maximale.

Corrigé complet.

1. Écrire la grandeur en fonction de xx. La recette est le prix multiplié par le nombre de places vendues :

R(x)=x(40010x)=10x2+400x,R(x) = x\,(400 - 10x) = -10x^2 + 400x,

fonction polynôme du second degré, à étudier sur l'intervalle autorisé [1 ; 15][1\ ;\ 15].

2. Dériver et chercher l'annulation. R(x)=20x+400R'(x) = -20x + 400, qui s'annule pour x=40020=20x = \dfrac{400}{20} = 20. Le coefficient de xx dans RR' est négatif : RR' est positive avant 2020, négative après. Donc RR est croissante sur ] ; 20]]-\infty\ ;\ 20] et décroissante ensuite.

3. Confronter à l'intervalle. 20[1 ; 15]20 \notin [1\ ;\ 15]. Sur [1 ; 15][1\ ;\ 15], on est entièrement à gauche de 2020 : RR y est croissante. Son maximum sur cet intervalle est donc atteint à la borne droite, x=15x = 15.

4. Conclure, et donner la valeur pour contrôle. Le prix qui rend la recette maximale est 1515 euros. La recette vaut alors R(15)=15×(400150)=15×250=3750R(15) = 15 \times (400 - 150) = 15 \times 250 = 3\,750 euros. Sans le plafond, le prix optimal aurait été 2020 euros pour une recette R(20)=20×200=4000R(20) = 20 \times 200 = 4\,000 euros ; la convention coûte 250250 euros par représentation.

Auto-contrôle : vérifie que ta réponse est dans l'intervalle de l'énoncé (un prix de 2020 euros n'est pas autorisé ici), que tu as répondu à la question posée (le prix, pas la recette), et que la valeur de RR à l'autre borne est plus petite — R(1)=390R(1) = 390, bien inférieur à 37503\,750. Si la solution de g(x)=0g'(x) = 0 tombe hors de l'intervalle, la réponse est à une borne : laquelle, c'est le sens de variation qui le dit.

Sources

  • BO spécial n°1 du 22 janvier 2019 — programme de spécialité mathématiques de première générale, « Dérivation », section « Variations et courbes représentatives des fonctions »
  • J. Stewart, Analyse — concepts et contextes, De Boeck, chap. 4 « Applications de la dérivation »

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