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Mathématiques · Troisième · 17 min de lecture

Le théorème de Thalès : quand deux triangles se ressemblent

Configurations de Thalès (triangle et papillon), égalité des rapports, réciproque, agrandissement-réduction.

Chapitre du programme : Espace et géométrie

Bloc 1 sur 7 · Comprendre

Comprendre : une parallèle fabrique une réduction

Prends un triangle ABCABC. Place un point MM sur la droite (AB)(AB) et un point NN sur la droite (AC)(AC), de telle sorte que la droite (MN)(MN) soit parallèle à la droite (BC)(BC).

Que se passe-t-il alors ? Le petit triangle AMNAMN a exactement la même forme que le grand triangle ABCABC : mêmes angles, seule la taille change. C'est une réduction du grand — ou, dans l'autre sens, le grand est un agrandissement du petit.

Théorème de Thalès. Deux droites se coupent en AA. Sur la première, on place BB et MM ; sur la seconde, CC et NN. Si les droites (MN)(MN) et (BC)(BC) sont parallèles, alors les trois rapports suivants sont égaux.

AMAB=ANAC=MNBC\frac{AM}{AB} = \frac{AN}{AC} = \frac{MN}{BC}

Ces trois quotients sont égaux à un même nombre, que l'on appelle le coefficient de réduction (ou d'agrandissement) et que l'on note souvent kk. Toutes les longueurs du petit triangle s'obtiennent en multipliant celles du grand par kk.

Le mécanisme. Ce n'est pas une coïncidence de dessin. Les deux droites qui se coupent en AA s'appellent les sécantes : ce sont elles qui portent MM et BB d'un côté, NN et CC de l'autre. Le parallélisme force alors les angles à se conserver. Dans la configuration où MM est entre AA et BB, l'angle en AA est commun aux deux triangles, et les angles en MM et en BB sont correspondants pour les droites parallèles (MN)(MN) et (BC)(BC) coupées par la sécante (AB)(AB) : deux angles correspondants entre parallèles sont égaux, tu l'as vu en 5e. Même chose en NN et en CC. (Dans l'autre configuration, celle du papillon, les angles en AA ne sont pas confondus mais opposés par le sommet, donc égaux eux aussi ; et les angles en MM et en BB sont alternes-internes — de part et d'autre de la sécante, entre les deux parallèles — donc égaux également. La conclusion ne change pas.) Trois angles identiques : les deux triangles ont la même forme, et une seule taille les sépare. Ce facteur d'échelle unique, c'est kk, et il est le même pour les trois côtés. Voilà pourquoi on écrit trois rapports et pourquoi ils sont tous égaux.

Deux triangles qui ont les mêmes angles portent d'ailleurs un nom : on dit qu'ils sont semblables, et leurs côtés sont alors proportionnels deux à deux. Le théorème de Thalès en est le cas particulier où les deux triangles ont un sommet commun et des côtés parallèles.

Deux dessins pour un seul théorème. Selon la place de MM et de NN par rapport à AA, la figure prend deux allures très différentes :

  • la configuration « triangle » (ou « en entonnoir ») : MM est entre AA et BB, NN est entre AA et CC. Le petit triangle est emboîté dans le grand ;
  • la configuration « papillon » : AA est entre MM et BB, et aussi entre NN et CC. Les deux triangles sont alors de part et d'autre de AA, pointe contre pointe, comme deux ailes.

Le théorème et ses trois rapports sont identiques dans les deux cas. Seul le dessin change.

Bloc 2 sur 7 · Approfondir

Approfondir : écrire les rapports, la réciproque, les aires

Écrire les trois rapports sans se tromper. La méthode sûre : lis les deux triangles dans le même ordre de sommets, petit au-dessus, grand au-dessous.

AMABANACMNBC\frac{A \to M}{A \to B} \qquad \frac{A \to N}{A \to C} \qquad \frac{M \to N}{B \to C}

MM correspond à BB, NN correspond à CC, AA correspond à AA. Une fois cette correspondance posée, chaque rapport s'écrit tout seul. Les deux premiers rapports vivent sur les sécantes ; le troisième, MN/BCMN/BC, est le seul qui fasse intervenir les segments parallèles — c'est celui qu'on oublie le plus souvent, alors que c'est souvent celui dont on a besoin.

Un rapport est un nombre sans unité. AM/ABAM/AB compare deux longueurs ; si elles sont exprimées dans la même unité, le résultat n'a pas d'unité. Une longueur en centimètres divisée par une longueur en millimètres ne donne rien d'exploitable : convertis d'abord.

Le produit en croix. Une fois l'égalité de deux rapports écrite, on isole l'inconnue :

MNBC=AMABMN×AB=AM×BCMN=AM×BCAB.\frac{MN}{BC} = \frac{AM}{AB} \quad\Longrightarrow\quad MN \times AB = AM \times BC \quad\Longrightarrow\quad MN = \frac{AM \times BC}{AB}.

Choisis l'égalité qui contient les trois longueurs connues et l'inconnue, et pas une autre : sinon tu obtiens une équation à deux inconnues.

La réciproque : celle qui démontre le parallélisme. Le théorème direct part du parallélisme. Il ne peut donc jamais servir à le prouver — ce serait un raisonnement circulaire. C'est la réciproque qui fait ce travail.

Réciproque du théorème de Thalès. Si les points AA, MM, BB d'une part et AA, NN, CC d'autre part sont alignés dans le même ordre, et si les deux rapports ci-dessous sont égaux, alors les droites (MN)(MN) et (BC)(BC) sont parallèles.

AMAB=ANAC\frac{AM}{AB} = \frac{AN}{AC}

La condition « dans le même ordre » est indispensable : elle interdit qu'un point soit du bon côté de AA et l'autre du mauvais, cas dans lequel les rapports pourraient être égaux sans aucun parallélisme.

La contraposée : celle qui démontre le non-parallélisme. Si les deux rapports ne sont pas égaux, alors les droites ne sont pas parallèles. C'est immédiat : si elles l'étaient, le théorème direct imposerait l'égalité. Cette version est celle que l'on utilise le plus souvent en exercice, pour répondre « non » proprement.

Agrandissement et réduction : l'effet sur les aires. Si les longueurs sont multipliées par kk, les aires sont multipliées par k2k^{2} et les volumes par k3k^{3}. Avec k=0,6k = 0{,}6, le petit triangle a des côtés valant 60 %60\ \% de ceux du grand, mais une aire valant seulement 0,62=0,360{,}6^{2} = 0{,}36, soit 36 %36\ \%. C'est contre-intuitif et c'est très souvent demandé.

Une remarque d'histoire, honnêtement. L'énoncé que tu viens de lire figure déjà dans les Éléments d'Euclide, au livre VI. L'attribution à Thalès de Milet repose sur des récits tardifs, et le nom « théorème de Thalès » est une habitude surtout française : ailleurs, ce résultat porte d'autres noms. Cela ne change rien à sa validité.

Bloc 3 sur 7 · Exemple

Exemple guidé : calculer une longueur inaccessible

Énoncé. Dans un triangle ABCABC, MM est un point du côté [AB][AB] et NN un point du côté [AC][AC], tels que la droite (MN)(MN) est parallèle à la droite (BC)(BC). On donne AM=3,6AM = 3{,}6 cm, AB=6,0AB = 6{,}0 cm et BC=8,5BC = 8{,}5 cm. Calculer MNMN.

1. Vérifier les hypothèses avant tout. Le théorème de Thalès exige deux choses, et les deux sont dans l'énoncé : MM appartient à (AB)(AB) et NN appartient à (AC)(AC), les deux droites se coupant en AA ; et (MN)(MN) est parallèle à (BC)(BC). Sans cette seconde phrase, rien de ce qui suit ne serait permis.

2. Écrire les trois rapports, en lisant AMNAMN au-dessus et ABCABC au-dessous :

AMAB=ANAC=MNBC.\frac{AM}{AB} = \frac{AN}{AC} = \frac{MN}{BC}.

3. Choisir la bonne égalité. L'inconnue est MNMN, et les longueurs connues sont AMAM, ABAB et BCBC. Le rapport AN/ACAN/AC ne contient que des inconnues : on l'écarte. Il reste

MNBC=AMAB.\frac{MN}{BC} = \frac{AM}{AB}.

4. Calculer d'abord le coefficient de réduction.

k=AMAB=3,66,0=0,6.k = \frac{AM}{AB} = \frac{3{,}6}{6{,}0} = 0{,}6.

Ce nombre est sans unité : les deux longueurs étaient en centimètres, elles se sont simplifiées. Le triangle AMNAMN est donc une réduction de ABCABC au coefficient 0,60{,}6.

5. En déduire MNMN, par produit en croix :

MN=AM×BCAB=3,6×8,56,0=30,66,0=5,1.MN = \frac{AM \times BC}{AB} = \frac{3{,}6 \times 8{,}5}{6{,}0} = \frac{30{,}6}{6{,}0} = 5{,}1.

Donc MN=5,1MN = 5{,}1 cm — sans oublier l'unité, qui est celle des longueurs de l'énoncé.

6. Contrôler la vraisemblance. AMNAMN est une réduction de ABCABC, donc MNMN doit être plus petit que BCBC : 5,1<8,55{,}1 < 8{,}5, c'est cohérent. Autre contrôle : 5,1=0,6×8,55{,}1 = 0{,}6 \times 8{,}5, on retrouve bien le coefficient.

7. Une question de plus : et l'aire ? Si l'aire du triangle ABCABC vaut 2222 cm², celle de AMNAMN vaut

22×k2=22×0,62=22×0,36=7,92 cm2.22 \times k^{2} = 22 \times 0{,}6^{2} = 22 \times 0{,}36 = 7{,}92\ \text{cm}^{2}.

Le petit triangle a des côtés valant 60 %60\ \% de ceux du grand, mais une aire ne valant que 36 %36\ \% de la sienne.

8. Et en configuration papillon ? Rien ne change dans les rapports. Autre situation, pour s'en convaincre : les points MM, AA, BB sont alignés dans cet ordre, les points NN, AA, CC aussi, et (MN)(MN) est parallèle à (BC)(BC). On donne AM=3,0AM = 3{,}0 cm, AB=7,5AB = 7{,}5 cm et AC=10,0AC = 10{,}0 cm. Alors

ANAC=AMAB    AN=AM×ACAB=3,0×10,07,5=4,0 cm.\frac{AN}{AC} = \frac{AM}{AB} \;\Longrightarrow\; AN = \frac{AM \times AC}{AB} = \frac{3{,}0 \times 10{,}0}{7{,}5} = 4{,}0\ \text{cm}.

9. Et pour prouver un parallélisme ? On change de théorème. Dans ce même papillon, si l'on mesure AM=3,0AM = 3{,}0 cm, AB=7,5AB = 7{,}5 cm, AN=4,4AN = 4{,}4 cm et AC=10,0AC = 10{,}0 cm, on calcule les deux rapports séparément :

AMAB=3,07,5=0,4ANAC=4,410,0=0,44.\frac{AM}{AB} = \frac{3{,}0}{7{,}5} = 0{,}4 \qquad \frac{AN}{AC} = \frac{4{,}4}{10{,}0} = 0{,}44.

Ils ne sont pas égaux. Or, si (MN)(MN) était parallèle à (BC)(BC), le théorème de Thalès imposerait leur égalité. Donc (MN)(MN) n'est pas parallèle à (BC)(BC).

Bloc 4 sur 7 · Visualiser

Visualiser : les deux configurations côte à côte

Figure (fig.math.thales-configurations, SVG programmatique à produire) : les deux dessins du théorème, alignés horizontalement et légendés de la même façon, pour que la comparaison saute aux yeux.

  • Panneau de gauche — configuration « triangle », titrée ainsi. Le point AA est en haut. Deux demi-droites partent de AA vers le bas, l'une vers la gauche jusqu'à BB, l'autre vers la droite jusqu'à CC. Le segment [BC][BC] ferme le grand triangle. Sur [AB][AB], le point MM est placé aux six dixièmes du trajet depuis AA ; sur [AC][AC], le point NN à la même proportion. Le segment [MN][MN] est tracé en trait épais, [BC][BC] également ; deux chevrons identiques sont posés au milieu de chacun pour marquer le parallélisme — le codage habituel, indépendant de la couleur. Les longueurs de l'exemple sont cotées : AM=3,6AM = 3{,}6 cm et MB=2,4MB = 2{,}4 cm le long de [AB][AB], avec une accolade extérieure indiquant AB=6,0AB = 6{,}0 cm ; BC=8,5BC = 8{,}5 cm sous le segment ; MN=?MN = ? sur le segment intérieur.
  • Panneau de droite — configuration « papillon », titrée ainsi. Le point AA est au centre. Deux droites se croisent en AA : sur la première, MM en haut à gauche et BB en bas à droite ; sur la seconde, NN en haut à droite et CC en bas à gauche. On obtient deux triangles opposés par le sommet AA : AMNAMN en haut, ABCABC en bas. Les segments [MN][MN] et [BC][BC] portent les mêmes chevrons de parallélisme. Les longueurs AM=3,0AM = 3{,}0 cm, AB=7,5AB = 7{,}5 cm, AC=10,0AC = 10{,}0 cm sont cotées, et AN=?AN = ?.
  • Sous les deux panneaux, une bande commune encadrée porte, en grand, l'unique égalité valable des deux côtés :
AMAB=ANAC=MNBC,\frac{AM}{AB} = \frac{AN}{AC} = \frac{MN}{BC},

avec la mention « la même égalité dans les deux configurations ».

  • Un encart d'avertissement en bas à droite montre un contre-exemple : la même figure « triangle », mais sans les chevrons, et avec la mention barrée « sans parallélisme, pas de Thalès ». Le segment intérieur y est tracé en pointillés fins pour bien le distinguer.

Ce qu'il faut lire. Les deux dessins n'ont rien à voir visuellement, et pourtant l'égalité écrite en bas est la même. Ce qui compte n'est pas la place des points, c'est la correspondance MBM \leftrightarrow B, NCN \leftrightarrow C. Repère aussi, à gauche, que AMAM et MBMB sont deux morceaux différents de ABAB : dans le rapport, c'est la longueur totale ABAB qui doit figurer, pas le morceau MBMB. À droite, au contraire, AMAM n'est pas un morceau de ABAB : les deux segments sont de part et d'autre de AA.

La figure en détail : deux figures côte à côte. À gauche, un triangle ABC de sommet A en haut ; un point M sur le côté AB et un point N sur le côté AC déterminent un segment MN parallèle à BC, marqué par des chevrons identiques sur les deux segments ; les longueurs indiquées sont AM égale 3,6 centimètres, MB égale 2,4 centimètres, AB égale 6,0 centimètres, BC égale 8,5 centimètres, et MN est l'inconnue. À droite, deux droites se croisent au point A ; sur l'une, M et B sont de part et d'autre de A ; sur l'autre, N et C sont de part et d'autre de A ; les segments MN et BC, également marqués par des chevrons, forment deux triangles opposés par le sommet ; les longueurs indiquées sont AM égale 3,0 centimètres, AB égale 7,5 centimètres, AC égale 10,0 centimètres, et AN est l'inconnue. Sous les deux figures, une bande unique porte l'égalité AM sur AB égale AN sur AC égale MN sur BC.

Le théorème de Thalès : configuration « triangle » et configuration « papillon » — Deux figures côte à côte. À gauche, configuration triangle : un triangle ABC de sommet A en haut

Bloc 5 sur 7 · Formules

Les relations à retenir

  • (MN)(BC)    AMAB=ANAC=MNBC=k(MN) \parallel (BC) \;\Longrightarrow\; \frac{AM}{AB} = \frac{AN}{AC} = \frac{MN}{BC} = k
  • MN=AM×BCABAN=AM×ACABAB=AM×ACANMN = \frac{AM \times BC}{AB} \qquad AN = \frac{AM \times AC}{AB} \qquad AB = \frac{AM \times AC}{AN}
  • Reˊciproque : A,M,B et A,N,C aligneˊs dans le meˆme ordre et AMAB=ANAC    (MN)(BC)\text{Réciproque : } A,M,B \text{ et } A,N,C \text{ alignés dans le même ordre et } \frac{AM}{AB} = \frac{AN}{AC} \;\Longrightarrow\; (MN) \parallel (BC)
  • Contraposeˊe : AMABANAC    (MN)(BC)\text{Contraposée : } \frac{AM}{AB} \neq \frac{AN}{AC} \;\Longrightarrow\; (MN) \nparallel (BC)
  • longueurs×k    aires×k2    volumes×k3\text{longueurs} \times k \;\Longrightarrow\; \text{aires} \times k^{2} \;\Longrightarrow\; \text{volumes} \times k^{3}
Tableau : Ce que tu veux faire, Quel outil, Ce qu'il faut avoir
Ce que tu veux faireQuel outilCe qu'il faut avoir
Calculer une longueurthéorème de Thalèsle parallélisme donné dans l'énoncé
Démontrer que deux droites sont parallèlesréciproquel'égalité des deux rapports et l'alignement dans le même ordre
Démontrer que deux droites ne sont pas parallèlescontraposéedeux rapports différents
Passer d'une aire à l'autrecoefficient k2k^{2}le coefficient kk des longueurs

Unités. Toutes les longueurs d'un même rapport doivent être exprimées dans la même unité ; le rapport, lui, est un nombre sans unité. La longueur calculée, en revanche, porte l'unité des données : si l'énoncé donne des centimètres, la réponse est en centimètres. Convertis avant de calculer, jamais après.

Chiffres significatifs. Quand les données sont écrites avec trois chiffres significatifs (4,504{,}50 cm), la réponse se donne avec trois chiffres significatifs (5,705{,}70 cm). N'arrondis qu'à la fin : arrondir le coefficient kk en cours de route peut décaler le dernier chiffre du résultat.

Domaine de validité. Le théorème ne dit rien si les droites ne sont pas parallèles, et rien non plus si les points ne sont pas alignés comme décrit. Deux triangles de même forme ne suffisent pas : il faut le sommet commun AA et les deux sécantes.

Bloc 6 sur 7 · Pièges

Pièges fréquents

  1. Mélanger les rapports. Écrire AMAB=ACAN\dfrac{AM}{AB} = \dfrac{AC}{AN} est faux : d'un côté « petit sur grand », de l'autre « grand sur petit ». Une telle égalité ne pourrait tenir que si k=1k = 1, c'est-à-dire si les deux triangles étaient identiques. Avec les nombres de l'exemple : 3,6÷6,0=0,63{,}6 \div 6{,}0 = 0{,}6, mais 6,0÷3,6=1,676{,}0 \div 3{,}6 = 1{,}67 environ. La parade : écrire toujours le petit triangle au numérateur et le grand au dénominateur, pour les trois rapports.
  2. Appliquer Thalès sans avoir vérifié le parallélisme. Le parallélisme est une hypothèse, pas une conclusion. Si l'énoncé ne le donne pas, tu n'as pas le droit d'écrire les rapports : il faut d'abord le démontrer avec la réciproque. Et si la figure « a l'air » d'avoir des droites parallèles, cela ne prouve rien du tout — un dessin n'est jamais une démonstration.
  3. Prendre une longueur partielle pour la longueur totale. En configuration triangle, MBMB n'est pas ABAB : AB=AM+MBAB = AM + MB. Avec AM=3,6AM = 3{,}6 cm et MB=2,4MB = 2{,}4 cm, on a AB=6,0AB = 6{,}0 cm ; écrire AMMB=3,62,4=1,5\dfrac{AM}{MB} = \dfrac{3{,}6}{2{,}4} = 1{,}5 au lieu de 0,60{,}6 fausse tout le calcul. Le dénominateur de chaque rapport est la longueur totale portée par la sécante, depuis AA.
  4. Croire qu'en papillon, AMAM est un morceau de ABAB. C'est le contraire : AA est entre MM et BB, donc MB=MA+ABMB = MA + AB. Le segment [AM][AM] est de l'autre côté. Fais toujours un croquis rapide avant d'écrire quoi que ce soit.
  5. Oublier le troisième rapport. Beaucoup d'élèves n'écrivent que AMAB=ANAC\dfrac{AM}{AB} = \dfrac{AN}{AC} et se retrouvent bloqués quand on demande MNMN. Le rapport MNBC\dfrac{MN}{BC} fait partie du théorème : écris les trois, tu choisiras ensuite.
  6. Utiliser le théorème direct pour prouver un parallélisme. C'est un raisonnement circulaire : on suppose ce qu'on veut démontrer. Pour conclure sur le parallélisme, il faut la réciproque (rapports égaux) ou la contraposée (rapports différents), et il faut le dire explicitement dans la rédaction.
  7. Arrondir trop tôt. Calculer k0,47k \approx 0{,}47 puis multiplier peut décaler le dernier chiffre significatif. Garde la fraction AM×BCAB\dfrac{AM \times BC}{AB} entière dans la calculatrice et n'arrondis que le résultat final.
  8. Oublier le carré pour les aires. Un coefficient k=0,6k = 0{,}6 sur les longueurs ne donne pas 0,60{,}6 sur les aires, mais 0,360{,}36. Multiplier une aire par kk au lieu de k2k^{2} est l'erreur la plus coûteuse de la fin d'exercice.

Bloc 7 sur 7 · Vérifier

Vérifier : calculer une longueur avec Thalès

À quoi t'attendre. L'exercice décrit la configuration en toutes lettres — triangle ou papillon, tirés au hasard — et demande l'une des quatre longueurs MNMN, ANAN, AMAM ou ABAB. Le résultat est attendu avec trois chiffres significatifs, et les données sont écrites avec la même précision. Un exercice voisin pose la question inverse en vrai/faux : les rapports étant donnés, les droites sont-elles parallèles ? C'est la réciproque, ou sa contraposée, qui répond.

Énoncé type. Dans un triangle ABCABC, MM est un point du côté [AB][AB] et NN un point du côté [AC][AC], tels que la droite (MN)(MN) est parallèle à la droite (BC)(BC). On donne AM=4,50AM = 4{,}50 cm, AB=7,50AB = 7{,}50 cm et BC=9,50BC = 9{,}50 cm. Calculer MNMN en centimètres, avec trois chiffres significatifs.

Corrigé complet.

1. Citer les hypothèses, puis le théorème. M[AB]M \in [AB], N[AC]N \in [AC], et (MN)(MN) est parallèle à (BC)(BC) : d'après le théorème de Thalès,

AMAB=ANAC=MNBC.\frac{AM}{AB} = \frac{AN}{AC} = \frac{MN}{BC}.

Cette phrase de rédaction n'est pas une formalité : c'est elle qui montre que tu as le droit d'écrire l'égalité.

2. Sélectionner l'égalité utile. L'inconnue est MNMN ; les trois longueurs connues sont AMAM, ABAB et BCBC. Elles figurent toutes dans

MNBC=AMAB.\frac{MN}{BC} = \frac{AM}{AB}.

Chaque rapport compare une longueur du triangle AMNAMN à la longueur correspondante de ABCABC : on ne mélange pas les sens.

3. Isoler MNMN par produit en croix :

MN=AM×BCAB.MN = \frac{AM \times BC}{AB}.

4. Calculer, sans arrondi intermédiaire :

MN=4,50×9,507,50=42,757,50=5,70.MN = \frac{4{,}50 \times 9{,}50}{7{,}50} = \frac{42{,}75}{7{,}50} = 5{,}70.

Donc MN=5,70MN = 5{,}70 cm.

5. Contrôler. Le coefficient de réduction vaut k=4,50÷7,50=0,600k = 4{,}50 \div 7{,}50 = 0{,}600 ; on retrouve bien 0,600×9,50=5,700{,}600 \times 9{,}50 = 5{,}70. Et comme AMNAMN est une réduction de ABCABC, la longueur trouvée doit être plus petite que BCBC : 5,70<9,505{,}70 < 9{,}50, c'est cohérent.

Auto-contrôle : si ta réponse est plus grande que la longueur correspondante du grand triangle alors que le petit est emboîté dedans, tu as inversé un rapport. Et si tu as calculé un coefficient supérieur à 11 dans une configuration où MM est entre AA et BB, reprends : AMAM ne peut pas dépasser ABAB.

Sources

  • BO n°31 du 30 juillet 2020 — programme du cycle 4 (5e, 4e, 3e), « Espace et géométrie »
  • Éduscol — Attendus de fin d'année de 3e et repères annuels de progression, mathématiques, cycle 4 (2019)
  • Euclide, Les Éléments, livre VI, proposition 2 (traduction B. Vitrac, PUF) — une parallèle à un côté d'un triangle coupe les deux autres côtés proportionnellement

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