Mathématiques · Première · 19 min de lecture
Cercle trigonométrique et radians : le cosinus d'un réel
Enroulement de la droite des réels, radian, cosinus et sinus d'un réel, valeurs remarquables, angles associés.
Chapitre du programme : Géométrie
Bloc 1 sur 7 · Comprendre
Comprendre : enrouler la droite sur le cercle
En troisième, tu as appris que le cosinus d'un angle aigu est un rapport de deux longueurs dans un triangle rectangle. C'était vrai, mais étroit : un angle de n'est dans aucun triangle rectangle, un angle de ou de non plus. Cette leçon donne au cosinus et au sinus une définition qui marche pour tout nombre réel, et la construction qui le permet est un enroulement.
Le cercle trigonométrique. Dans un repère orthonormé , c'est le cercle de centre et de rayon , parcouru dans le sens direct — le sens inverse des aiguilles d'une montre. Le point en est l'origine. Ce choix du rayon n'est pas anodin : il fait coïncider les longueurs d'arcs et les mesures d'angles, comme on va le voir.
L'enroulement. Trace la droite tangente au cercle en , graduée comme un axe des réels, avec en et les réels positifs vers le haut. Enroule-la sur le cercle : les réels positifs s'enroulent dans le sens direct, les négatifs dans le sens indirect. Chaque réel tombe alors sur un point du cercle, et la longueur de l'arc parcouru de à est exactement — la droite ne s'étire pas en s'enroulant. On dit que est le point associé au réel .
Le périmètre du cercle vaut . Donc le réel retombe sur après un tour complet ; tombe sur le point diamétralement opposé , à mi-tour ; tombe sur , au quart de tour. Et deux réels qui diffèrent d'un nombre entier de tours — de , , … — sont associés au même point : la droite est infinie, le cercle ne l'est pas, chaque point reçoit une infinité de réels.
Le radian. Cette construction fournit une unité d'angle naturelle. Un angle de sommet mesure un radian lorsqu'il intercepte, sur le cercle de rayon , un arc de longueur . Autrement dit : sur le cercle trigonométrique, la mesure de l'angle en radians est la longueur de l'arc. Un tour complet mesure rad, un angle plat rad, un angle droit rad. Comme et rad désignent le même angle plat, les deux unités sont proportionnelles :
Ainsi rad, et rad . Une mesure en radians s'écrit presque toujours comme une fraction de : la calculatrice donnerait pour , mais c'est la fraction qui est exacte, et c'est elle qu'on manipule.
Cosinus et sinus d'un réel. Soit le point associé au réel . On définit
Voilà la définition qui marche pour tout réel : existe toujours, il a toujours deux coordonnées. Comme est sur un cercle de rayon centré en , ses coordonnées vérifient , c'est-à-dire
Conséquence immédiate : et sont toujours compris entre et .
Le lien avec la troisième. Pour dans , le point est dans le premier quart du cercle. Appelons son projeté orthogonal sur l'axe des abscisses : le triangle est rectangle en , d'hypoténuse , et l'angle en mesure radians. Le cosinus du collège donne — l'abscisse de . Les deux définitions coïncident là où elles existent toutes les deux : la nouvelle prolonge l'ancienne, elle ne la contredit pas.
Bloc 2 sur 7 · Approfondir
Approfondir : valeurs exactes et angles associés
Les valeurs remarquables — pourquoi elles sont exactes. Pour trois réels du premier quart, la géométrie donne le cosinus et le sinus sans calculatrice.
Pour (), le triangle est rectangle isocèle : , donc . Avec , il vient , soit (positif dans le premier quart). Donc .
Pour (), le triangle a deux côtés de longueur ( et ) et un angle de entre eux : il est équilatéral. Sa hauteur issue de tombe au milieu de , donc : , puis .
Pour (), c'est le même triangle équilatéral regardé depuis l'autre angle aigu : et . Les valeurs de et s'échangent — parce que , angles complémentaires.
Un moyen de contrôle : sur la ligne des cosinus, les valeurs décroissent de à quand va de à (le point s'éloigne de l'axe des abscisses vers la gauche) ; sur la ligne des sinus, elles croissent de à . Et puisque .
Les angles associés — des symétries, pas des formules. Le cercle est symétrique ; ces symétries transportent le point associé à sur d'autres points dont on lit les coordonnées.
- Le point associé à est le symétrique de par rapport à l'axe des abscisses : même abscisse, ordonnée opposée. Donc et .
- Le point associé à est le symétrique de par rapport à l'axe des ordonnées : abscisse opposée, même ordonnée. Donc et .
- Le point associé à est le symétrique de par rapport à l'origine : les deux coordonnées changent de signe. Donc et .
- Le point associé à est le symétrique de par rapport à la première bissectrice : les coordonnées s'échangent. Donc et .
Grâce à elles, la table du premier quart suffit pour tout le cercle : . Le quadrant fixe le signe, la symétrie fixe la valeur absolue.
La périodicité. Ajouter à un réel, c'est faire un tour complet de plus : le point associé ne change pas. Pour tout entier ,
Pour lire les coordonnées du point associé à un grand réel, on lui retire des tours entiers jusqu'à tomber dans (ou dans , selon la commodité).
Ce qui dépasse cette leçon. Le programme de première prolonge ces définitions en deux fonctions et , définies sur , dont les courbes ondulent entre et avec une période : la parité de cosinus et l'imparité de sinus sont exactement les relations pour ci-dessus, lues sur la courbe. Leurs dérivées et les équations trigonométriques générales sont du programme de terminale : ici, on lit le cercle, on ne résout pas encore.
Bloc 3 sur 7 · Exemple
Exemple guidé : convertir, placer, lire
Énoncé.
- Convertir en radians. 2) Placer le point associé et donner les valeurs exactes de et . 3) Donner la valeur exacte de , puis une valeur approchée au millième. 4) Convertir rad en degrés.
1) La conversion. Un angle plat vaut ou rad ; on multiplie par :
après simplification de la fraction par . Donc rad. Contrôle : est un peu moins qu'un angle plat, et — cohérent.
2) Placer et lire. est compris entre et (car ) : le point est dans le deuxième quadrant, en haut à gauche. Son abscisse sera négative, son ordonnée positive. On écrit et on utilise la symétrie par rapport à l'axe des ordonnées :
Les signes trouvés correspondent bien au quadrant annoncé. Vérification par l'identité fondamentale : .
3) Retirer les tours. dépasse : on retire des tours entiers.
Deux tours complets ramènent au point associé à : par périodicité, . C'est la valeur exacte. Valeur approchée : , donc au millième. L'arrondi vient en dernier ; tout le raisonnement s'est fait sur la fraction.
4) Vers les degrés. On remplace par :
Le signe négatif indique un parcours dans le sens indirect : depuis , on tourne de dans le sens des aiguilles d'une montre. On retombe sur le point associé à , c'est-à-dire à : ce n'est pas un hasard, . Le point de la question 2 et celui-ci sont le même.
Le moment décisif : à la question 2, tout se joue sur l'écriture . Écrire est vrai mais ne mène nulle part ; écrire mène à la même réponse par une autre symétrie, à condition de ne pas se tromper de signe. Le quadrant, repéré d'abord, sert de garde-fou.
Bloc 4 sur 7 · Visualiser
Visualiser : le cercle, l'enroulement, les symétries
Figure (SVG programmatique à produire) : trois panneaux qui suivent l'ordre de la leçon — l'enroulement, la lecture des coordonnées, les angles associés.
- Panneau 1 — l'enroulement. Le cercle trigonométrique dans un repère orthonormé, avec , et nommés, et une flèche courbe près de indiquant le sens direct. À droite du cercle, la droite tangente en , verticale, graduée de à avec les graduations , , , mises en évidence. Des arcs de rappel en pointillés relient la graduation au point , la graduation au point , la graduation au point lui-même — avec, pour ce dernier, la mention « un tour complet : retour en ». Un arc épais va de au point associé à rad, coté « longueur = rad ».
- Panneau 2 — cosinus et sinus. Le même cercle, avec le point associé à dans le deuxième quadrant. Les deux projections en pointillés : sur l'axe des abscisses au point coté , sur l'axe des ordonnées au point coté . L'arc de à dans le sens direct, coté . Les quatre quadrants sont numérotés en chiffres romains dans les coins, avec le couple de signes attendu (par exemple « II : , »). En bas, le premier quart agrandi avec les points de , , et leurs coordonnées exactes, le triangle tracé pour avec la cote .
- Panneau 3 — les angles associés. Le cercle avec le point associé à et ses trois symétriques : associé à (symétrie d'axe horizontal, flèche double verticale entre et ), associé à (symétrie d'axe vertical, flèche double horizontale), associé à (symétrie centrale, segment en pointillés passant par ). Chaque point porte son couple de coordonnées avec les signes en évidence : , , , .
Ce qu'il faut lire. Le panneau 1 est la définition : le réel devient un point, et la longueur d'arc est la mesure en radians — le rayon rend cette identité possible. Le panneau 2 montre que cosinus et sinus ne sont rien d'autre que deux coordonnées, d'où les signes par quadrant et la borne ; l'agrandissement du premier quart contient toute la table des valeurs, et le triangle relie la définition nouvelle à celle du collège. Le panneau 3 rend les formules des angles associés inutiles à mémoriser : chaque symétrie change le signe d'une coordonnée, ou des deux, ou d'aucune — il suffit de voir laquelle.
La figure en détail : à gauche, un cercle de rayon un avec une droite verticale collée à sa droite ; la droite est graduée et des arcs en pointillés montrent que ses graduations s'enroulent sur le cercle, la graduation deux pi revenant au point de départ. Au centre, le même cercle avec un point placé en haut à gauche, dont on projette l'abscisse (négative, environ moins zéro virgule quatre-vingt-sept) et l'ordonnée (un demi) sur les axes ; les quatre quarts du cercle portent chacun le signe de l'abscisse et de l'ordonnée. À droite, un point du premier quart et ses trois images par la symétrie d'axe horizontal, la symétrie d'axe vertical et la symétrie de centre, chacune avec ses coordonnées dont seuls les signes diffèrent.
Bloc 5 sur 7 · Formules
Les relations à retenir
| Ce que tu cherches | Ce que tu fais | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Degrés → radians | multiplier par , simplifier la fraction | c'est , pas |
| Radians → degrés | remplacer par | le signe se conserve |
| Cosinus ou sinus d'un réel | placer le point, lire abscisse ou ordonnée | abscisse = cosinus, ordonnée = sinus |
| Valeur exacte hors du premier quart | quadrant pour le signe, symétrie pour la valeur | écrire sous la forme , ou |
| Grand réel (ou négatif) | retirer des tours entiers de | ne retirer que des multiples de , jamais de |
Domaine de validité. Les définitions par le cercle valent pour tout réel : c'est leur raison d'être. Le lien avec le triangle rectangle ( = côté adjacent sur hypoténuse) ne vaut que pour dans — au-delà, il n'y a plus de triangle, seulement des coordonnées. Les valeurs de la table sont exactes : est une valeur, en est une approximation. La relation est vraie pour tout réel, c'est le théorème de Pythagore dans le triangle — ou simplement .
Écritures. Une mesure en radians s'écrit comme fraction de (, ), sans le symbole « rad » quand le contexte est clair ; une mesure en degrés porte toujours son symbole . Écrire sans unité, c'est désigner le cosinus du réel (environ ), pas celui de .
Contrôles gratuits. Le quadrant fixe les deux signes avant tout calcul. La somme des carrés doit faire . Une fraction de convertie en degrés doit tomber sur un multiple de quand le dénominateur divise — sinon, relis la fraction.
Bloc 6 sur 7 · Pièges
Pièges fréquents
- Échanger l'abscisse et l'ordonnée. Le cosinus est l'abscisse du point associé, le sinus son ordonnée — l'ordre alphabétique aide : cosinus, abscisse ; sinus, ordonnée. Symptôme classique : au lieu de . Contrôle : près de (petits angles), le cosinus est proche de et le sinus proche de .
- Convertir en multipliant par au lieu de . Des degrés vers les radians, le nombre doit diminuer (il y a radians dans un tour, contre degrés) : . Si le résultat grandit, le facteur est à l'envers. Dans l'autre sens, remplacer par suffit.
- Oublier la périodicité. Chercher les réels de tels que , c'est chercher les points du cercle d'abscisse : il y en a deux, et , symétriques par rapport à l'axe des abscisses. Sur tout entier, chacun engendre une infinité de réels par ajout de . Une seule réponse, c'est un point oublié.
- Retirer au lieu de . Retirer change de point (le symétrique par rapport à ) ; seuls les multiples de ramènent au même point. et n'ont pas le même cosinus : ils ont des cosinus opposés.
- La calculatrice en degrés. Réglée en degrés, elle affiche (le cosinus de ), au lieu de . En première, on travaille en radians ; on règle la calculatrice en radians, et on s'en sert surtout pour vérifier une valeur exacte trouvée à la main.
- Se tromper de symétrie pour et . conserve le sinus (symétrie d'axe vertical : l'ordonnée ne bouge pas) ; change les deux (symétrie centrale). Le réflexe sûr : placer les deux points, regarder ce qui change.
- Confondre exact et approché. , pas — cette dernière valeur est arrondie, et un énoncé qui demande une valeur exacte n'accepte pas d'arrondi. Le radical fait partie de la réponse.
- Croire que le radian n'est pas un angle « parce que c'est un nombre ». Le radian mesure un angle par une longueur d'arc sur un cercle de rayon : c'est bien une unité d'angle, la plus naturelle même, celle qui rendra les dérivées de sinus et cosinus simples en terminale.
Bloc 7 sur 7 · Vérifier
Vérifier : lire une valeur exacte sur le cercle
Le modèle. L'exercice associé à cette leçon est un questionnaire à choix multiples dont chaque question est tirée dans l'une de cinq familles : la valeur exacte du cosinus ou du sinus d'un réel remarquable (de tout signe) ; la valeur exacte de ou d'un angle associé (, , ) pour du premier quart ; la valeur exacte pour un réel dépassant un tour ; la conversion d'une mesure en degrés en radians ; le quadrant où tombe le point associé à un réel. Les mauvaises réponses ne sont pas choisies au hasard : cosinus et sinus échangés, signe du mauvais quadrant, valeur d'un angle voisin, facteur de conversion à l'envers. Un second modèle, numérique, demande une conversion de radians en degrés, ou la mesure en degrés du point associé à un réel hors du premier tour.
Énoncé type. Soit . Quelle est la valeur exacte de ? Les propositions sont , , et .
Corrigé complet.
1. Identifier la symétrie. Les points associés à et à sont symétriques par rapport à l'origine : les deux coordonnées changent de signe. Donc et .
2. Lire la valeur remarquable. (triangle équilatéral : la hauteur tombe au milieu de la base).
3. Conclure. .
4. Contrôler par le quadrant. , compris entre et : troisième quadrant, où le cosinus est négatif. Le signe est cohérent. On peut aussi lire directement : le point associé à est en bas à gauche, d'abscisse et d'ordonnée .
5. Écarter les autres propositions. oublie le changement de signe (c'est , pas ) ; est le sinus, pas le cosinus ; cumule les deux erreurs.
Auto-contrôle : avant de choisir, repère le quadrant du réel et écris les deux signes attendus ; puis vérifie que la valeur absolue est bien celle de l'angle du premier quart correspondant. Deux gestes, et les trois mauvaises réponses tombent d'elles-mêmes.
Sources
- BO spécial n°1 du 22 janvier 2019 — programme de spécialité mathématiques de première générale, « Fonctions trigonométriques » (cercle trigonométrique, radian, enroulement de la droite, cosinus et sinus d'un nombre réel, valeurs remarquables)
- J. Stewart, Analyse — concepts et contextes, De Boeck, annexe « Trigonométrie »
Continuer
Autres leçons — Mathématiques
- Dériver un polynôme : du nombre dérivé à la fonction dérivée
- Divisibilité et nombres premiers : les briques des entiers
- Développer et factoriser : deux écritures d'un même nombre
- La notion de fonction : image, antécédent, et le sens de la flèche
- Fonctions linéaires et affines : une droite, deux nombres
- Le théorème de Thalès : quand deux triangles se ressemblent
- Trigonométrie du triangle rectangle : un angle, trois rapports
- Probabilités : mesurer une chance, sans se raconter d'histoires
- Calculer avec des fractions : additionner, multiplier, diviser
- Les puissances : écrire court ce qui serait très long
- La notation scientifique : une seule écriture pour chaque nombre
- La racine carrée : le nombre dont on connaît le carré
- Résoudre une équation du premier degré
- Le théorème de Pythagore, sa réciproque, et la différence entre les deux
- Opérations sur les entiers : dans quel ordre calculer ?
- Nombres décimaux : chaque chiffre à sa place
- Sens de la fraction : partager, diviser, prendre une part
- Les nombres relatifs : lire, comparer, calculer
- La proportionnalité : reconnaître et calculer
- Les pourcentages : appliquer, augmenter, diminuer
- Les expressions littérales : calculer avec une lettre
- Triangles et angles : somme, cas particuliers, existence
- Fonctions de référence : carré, inverse, racine carrée, cube
- Géométrie repérée : milieu, distance, configurations
- Vecteurs du plan : translation, coordonnées, colinéarité
- Systèmes de deux équations à deux inconnues
- Fonctions polynômes du second degré : la parabole et son sommet
- Équations du second degré : forme canonique et discriminant
- Nombre dérivé et tangente : la pente en un point
- Dériver un produit, un quotient : la fin du terme à terme
- Variations et optimisation : la dérivée comme outil
- La fonction exponentielle : égale à sa dérivée
- Suites arithmétiques et géométriques : ajouter ou multiplier
- Produit scalaire : trois expressions, une seule opération
- Probabilités conditionnelles : le « sachant que »
- Variables aléatoires : loi, espérance, écart-type
- Les primitives : retrouver une fonction, à une constante près
- La loi binomiale : compter les succès
- Dériver une fonction composée
- Les nombres complexes : calculer avec i
- Convergence d'une suite : la définition quantifiée
- L’intégrale : une aire, une différence, un nombre
- Équations différentielles y′ = ay + b
- Systèmes linéaires et méthode du pivot de Gauss
- Limites et continuité : lire, lever, conclure
- Limites de suites : décrire, comparer, démontrer
- Le logarithme népérien : retrouver un exposant
- Équations différentielles linéaires du second ordre
- Développements limités : remplacer par un polynôme
- Approcher une solution : dichotomie et méthode de Newton
- Algorithme d'Euclide, Bézout et l'équation ax + by = c
- Primitives : formes, parties et changement de variable