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Mathématiques · Terminale · 15 min de lecture

Équations différentielles y′ = ay + b

Solutions de y' = ay, de y' = ay + b, solution vérifiant une condition initiale, interprétation (décroissance radioactive, charge d'un condensateur).

Chapitre du programme : Analyse

Bloc 1 sur 7 · Comprendre

Comprendre : une équation dont l’inconnue est une fonction

Toutes les équations que tu as résolues jusqu'ici avaient pour inconnue un nombre. Une équation différentielle a pour inconnue une fonction, et elle relie cette fonction à sa dérivée. Résoudre, c'est trouver toutes les fonctions qui vérifient la relation.

Le cas fondateur : y=ayy' = ay. Chercher une fonction égale à sa propre dérivée, à un facteur aa près, c'est exactement la propriété qui définit l'exponentielle. On démontre en terminale que les solutions sur R\mathbb{R} de

y=ayy' = a y

sont toutes les fonctions xCeaxx \mapsto C\,e^{a x}, où CC est une constante réelle. Il y en a une infinité — une par valeur de CC — et il n'y en a pas d'autres.

Deux erreurs de forme à écarter tout de suite. La constante multiplie l'exponentielle, elle ne s'y ajoute pas : xeax+Cx \mapsto e^{ax} + C n'est pas solution dès que C0C \ne 0, car sa dérivée vaut aeaxa\,e^{ax} alors que aa fois la fonction vaut aeax+aCa\,e^{ax} + aC. Et le coefficient aa se retrouve dans l'exposant, pas devant.

Le cas du programme : y=ay+by' = ay + b. On ajoute un terme constant. La méthode tient en trois temps, toujours les mêmes :

  1. l'équation homogène y=ayy' = ay a pour solutions xCeaxx \mapsto C\,e^{ax} ;
  2. une solution particulière constante : on cherche une fonction constante y=ky = k. Sa dérivée est nulle, donc kk doit vérifier 0=ak+b0 = a k + b, c'est-à-dire k=bak = -\dfrac{b}{a} ;
  3. la somme : les solutions de y=ay+by' = ay + b sont les fonctions
xCeaxba,CR.x \mapsto C\,e^{a x} - \frac{b}{a}, \qquad C \in \mathbb{R}.

Le terme ba-\dfrac{b}{a} n'est pas un détail décoratif : c'est lui qui distingue l'équation avec second membre de l'équation homogène, et l'oublier est l'erreur la plus fréquente du chapitre.

Une seule solution : la condition initiale. Une infinité de solutions, cela ne décrit aucun phénomène précis. Une condition initiale — le plus souvent y(0)=y0y(0) = y_0 — en sélectionne exactement une. On remplace xx par 00 dans l'expression, on se souvient que e0=1e^{0} = 1, et l'on résout l'équation du premier degré obtenue :

y0=C+(ba)C=y0+ba.y_0 = C + \left(-\frac{b}{a}\right) \quad \Longrightarrow \quad C = y_0 + \frac{b}{a}.

Attention : la condition porte sur f(0)f(0), la valeur de la fonction, et non sur f(0)f'(0). Utiliser la dérivée à sa place donne une autre constante, et une autre fonction.

À quoi cela sert. Presque tous les phénomènes où une grandeur varie proportionnellement à ce qu'il en reste — ou à l'écart à une valeur d'équilibre — se modélisent ainsi : décroissance radioactive, charge et décharge d'un condensateur, refroidissement d'un corps, cinétique chimique d'ordre 1, croissance d'une population limitée par un prélèvement constant.

Bloc 2 sur 7 · Approfondir

Approfondir : équilibre, temps caractéristique, modèles

Le comportement à l'infini. Écrivons la solution sous la forme f(x)=Ceax+f(x) = C\,e^{ax} + \ell avec =ba\ell = -\dfrac{b}{a}. Deux régimes, selon le signe de aa :

  • si a<0a < 0, alors eax0e^{ax} \to 0 quand x+x \to +\infty, et f(x)f(x) \to \ell. La solution tend vers l'équilibre ba-\dfrac{b}{a}, quelle que soit la condition initiale. C'est le cas de tous les modèles de relaxation : un condensateur qui se charge, un corps qui prend la température de la pièce ;
  • si a>0a > 0, alors eax+e^{ax} \to +\infty et la solution s'éloigne indéfiniment de \ell (vers ++\infty ou -\infty selon le signe de CC). C'est le régime de croissance explosive.

L'équilibre \ell est aussi la solution constante de l'équation : partir exactement à y0=y_0 = \ell donne C=0C = 0 et une fonction constante. C'est le seul cas où l'exponentielle disparaît.

Sens de variation et signe de l'écart. Puisque f(x)=Ceaxf(x) - \ell = C\,e^{ax} et que l'exponentielle est strictement positive, l'écart à l'équilibre garde le signe de CC pour tout xx : une solution ne traverse jamais son équilibre. Et f(x)=aCeaxf'(x) = aC\,e^{ax} garde lui aussi un signe constant : toute solution de y=ay+by' = ay + b est monotone sur R\mathbb{R}.

Le temps caractéristique. En sciences, on écrit souvent l'équation sous la forme

y=1τ(y),y' = -\frac{1}{\tau}\,(y - \ell),

τ>0\tau > 0 est le temps caractéristique (ou constante de temps). La solution s'écrit alors y(t)=+(y0)et/τy(t) = \ell + (y_0 - \ell)\,e^{-t/\tau}, et τ\tau se lit directement : au bout d'une durée τ\tau, l'écart à l'équilibre a été divisé par e2,718e \approx 2{,}718, soit environ 37 %37\ \% de l'écart initial restant ; au bout de 5τ5\tau, il en reste moins de 1 %1\ \%. C'est ce qui rend τ\tau utile : il donne l'ordre de grandeur de la durée du régime transitoire, sans aucun calcul.

La demi-vie. Pour une équation homogène y=λyy' = -\lambda y avec λ>0\lambda > 0 — la décroissance radioactive, par exemple —, la demi-vie est la durée TT au bout de laquelle il reste la moitié de la quantité initiale. Elle vérifie eλT=12e^{-\lambda T} = \dfrac{1}{2}, d'où

T=ln2λ0,693λ.T = \frac{\ln 2}{\lambda} \approx \frac{0{,}693}{\lambda}.

Remarquable : elle ne dépend pas de la quantité initiale. C'est une propriété de l'exponentielle, pas du corps étudié.

Trois modèles à reconnaître. Ils ont tous la même forme mathématique, et c'est le point de la leçon.

Tableau : Situation, Équation, Équilibre, Solution
SituationÉquationÉquilibreSolution
Décroissance radioactiveN=λNN' = -\lambda N00N(t)=N0eλtN(t) = N_0\,e^{-\lambda t}
Charge d'un condensateuru=1RCu+ERCu' = -\dfrac{1}{RC}\,u + \dfrac{E}{RC}EEu(t)=E(1et/(RC))u(t) = E\left(1 - e^{-t/(RC)}\right) si u(0)=0u(0) = 0
Refroidissement d'un corpsθ=k(θθext)\theta' = -k\,(\theta - \theta_{\text{ext}})θext\theta_{\text{ext}}θ(t)=θext+(θ0θext)ekt\theta(t) = \theta_{\text{ext}} + (\theta_0 - \theta_{\text{ext}})\,e^{-kt}

Dans les trois cas, on reconnaît y=ay+by' = ay + b avec a<0a < 0, et l'équilibre ba-\dfrac{b}{a} est la valeur physique vers laquelle le système relaxe. Savoir passer de la phrase (« la vitesse de refroidissement est proportionnelle à l'écart de température ») à l'équation est la moitié du travail.

Contrôler sa réponse. Deux vérifications, toutes deux rapides et toutes deux obligatoires : dériver la fonction trouvée et la reporter dans l'équation ; puis calculer sa valeur en 00 et la comparer à la condition initiale. Une expression peut vérifier l'équation sans vérifier la condition — c'est le cas de toute autre valeur de CC — et réciproquement.

Bloc 3 sur 7 · Exemple

Exemple guidé : résoudre, puis lire le résultat

Énoncé. On considère l'équation différentielle

(E):y=2y+6,(E) : \quad y' = -2y + 6,

d'inconnue une fonction yy dérivable sur R\mathbb{R}.

  1. Déterminer toutes les solutions de (E)(E).
  2. Déterminer la solution ff de (E)(E) qui vérifie f(0)=1f(0) = 1.
  3. Calculer f(1)f(1), arrondi au millième.
  4. Déterminer limx+f(x)\lim\limits_{x \to +\infty} f(x) et interpréter.
  5. Étudier le sens de variation de ff.

---

1. Les solutions. On applique la méthode en trois temps.

Équation homogène. y=2yy' = -2y a pour solutions les fonctions xCe2xx \mapsto C\,e^{-2x}, CC réel.

Solution particulière constante. On cherche y=ky = k constante. Sa dérivée est nulle, donc kk doit vérifier

0=2k+6,soitk=62=3.0 = -2k + 6, \quad \text{soit} \quad k = \frac{6}{2} = 3.

On contrôle : 2×3+6=6+6=0-2 \times 3 + 6 = -6 + 6 = 0. La fonction constante égale à 33 est bien solution.

Somme. Les solutions de (E)(E) sont les fonctions

xCe2x+3,CR.x \mapsto C\,e^{-2x} + 3, \qquad C \in \mathbb{R}.

2. La condition initiale. On remplace xx par 00 dans l'expression de ff, pas dans celle de ff'. Comme e0=1e^{0} = 1 :

f(0)=C×1+3=C+3.f(0) = C \times 1 + 3 = C + 3.

La condition f(0)=1f(0) = 1 donne C+3=1C + 3 = 1, donc C=13=2C = 1 - 3 = -2, et

f(x)=2e2x+3.f(x) = -2\,e^{-2x} + 3.

Double contrôle. f(0)=2+3=1f(0) = -2 + 3 = 1 ✔ ; et f(x)=4e2xf'(x) = 4\,e^{-2x}, tandis que 2f(x)+6=4e2x6+6=4e2x-2f(x) + 6 = 4\,e^{-2x} - 6 + 6 = 4\,e^{-2x} ✔.

3. Une valeur. e20,135335e^{-2} \approx 0{,}135335, donc

f(1)=2×e2+32,729.f(1) = -2 \times e^{-2} + 3 \approx 2{,}729.

4. La limite. Comme 2<0-2 < 0, e2x0e^{-2x} \to 0 quand x+x \to +\infty, donc

limx+f(x)=3.\lim_{x \to +\infty} f(x) = 3.

Interprétation : 33 est l'équilibre du modèle, la valeur vers laquelle la solution tend quelle que soit la condition initiale. C'est exactement le terme ba=62=3-\dfrac{b}{a} = -\dfrac{6}{-2} = 3 : l'oublier aurait fait répondre 00.

5. Sens de variation. f(x)=4e2xf'(x) = 4\,e^{-2x}, et l'exponentielle est strictement positive, donc f>0f' > 0 sur R\mathbb{R} : ff est strictement croissante. Elle part de f(0)=1f(0) = 1 et monte vers 33 sans jamais l'atteindre — croissante et majorée, elle converge : croître n'oblige pas à tendre vers ++\infty.

Contrôle général. Trois réflexes : écrire les deux morceaux de la solution générale ; utiliser la condition initiale sur ff, jamais sur ff' ; et vérifier la réponse en la dérivant.

Bloc 4 sur 7 · Visualiser

Visualiser : le faisceau de solutions et l’équilibre

Figure (fig.math.ode-solution-family, SVG programmatique à produire) : deux panneaux.

  • Panneau gauche — le faisceau. Repère (x;y)(x\,;\,y), xx de 0,5-0{,}5 à 33, yy de 3-3 à 88. Sept courbes de la famille xCe2x+3x \mapsto C\,e^{-2x} + 3 sont tracées en trait fin pour C=5,2,1,0,1,2,5C = -5, -2, -1, 0, 1, 2, 5 ; celle de C=0C = 0, la droite horizontale y=3y = 3, est en trait épais et pointillé, légendée « solution constante : l'équilibre ba=3-\dfrac{b}{a} = 3 ». Toutes les autres courbes s'y écrasent vers la droite, sans jamais la traverser. La courbe C=2C = -2 est en trait plein épais, avec un point marqué en (0;1)(0\,;\,1) légendé « la condition f(0)=1f(0) = 1 choisit CETTE courbe », et un second point en (1;2,729)(1\,;\,2{,}729). Un cartouche : « une infinité de solutions, une seule condition initiale ».
  • Panneau droit — les deux régimes. Deux mini-repères côte à côte, même échelle. À gauche, trois solutions de y=2y+6y' = -2y + 6 (donc a<0a < 0) qui convergent toutes vers la droite y=3y = 3, avec l'étiquette « a<0a < 0 : relaxation vers l'équilibre ». À droite, trois solutions de y=2y6y' = 2y - 6 (donc a>0a > 0, même équilibre 33) qui s'écartent de la droite y=3y = 3 vers le haut ou vers le bas selon le signe de CC, avec l'étiquette « a>0a > 0 : divergence ». Sous les deux, un bandeau : « même équilibre, comportements opposés — c'est le SIGNE de aa qui décide ».

Ce qu'il faut lire. Le panneau gauche montre ce que « résoudre une équation différentielle » veut dire : on obtient une famille de courbes, et la condition initiale est ce qui en désigne une. Il montre aussi, visuellement, que l'écart à l'équilibre ne change jamais de signe — aucune courbe ne traverse la droite horizontale. Le panneau droit isole le rôle du signe de aa : l'équilibre existe dans les deux cas, mais il n'est atteint que dans l'un.

La figure en détail : la figure comprend deux parties. À gauche, un repère montre sept courbes d'une même famille de solutions, qui toutes s'aplatissent vers une droite horizontale de hauteur trois lorsqu'on va vers la droite ; cette droite, tracée en pointillé épais, est elle-même une solution, la solution constante correspondant à l'équilibre. Une des courbes, tracée en trait plein épais, passe par le point d'abscisse zéro et d'ordonnée un, ce qui illustre le rôle de la condition initiale, et un second point marqué sur elle a pour abscisse un et pour ordonnée environ deux virgule sept trois. À droite, deux petits repères comparent deux équations de même équilibre : dans le premier, où le coefficient est négatif, les courbes rejoignent la droite d'équilibre ; dans le second, où il est positif, elles s'en éloignent vers le haut ou vers le bas.

Équation différentielle y′ = ay + b : une famille de solutions, une condition initiale qui en choisit une, et le signe de a qui décide du régime — Deux panneaux. (1) À gauche, repère x de −0,5 à 3, y de −3 à 8 : sept courbes de la famille…

Bloc 5 sur 7 · Formules

Ce qu’il faut retenir

  • y=ay    y:xCeax,CRy' = a y \iff y : x \mapsto C\,e^{a x}, \quad C \in \mathbb{R}
  • y=ay+b    y:xCeaxba,CR, a0y' = a y + b \iff y : x \mapsto C\,e^{a x} - \frac{b}{a}, \quad C \in \mathbb{R},\ a \ne 0
  • y(0)=y0    C=y0+bay(0) = y_0 \implies C = y_0 + \frac{b}{a}
  • a<0    limx+y(x)=ba(eˊquilibre)a < 0 \implies \lim_{x \to +\infty} y(x) = -\frac{b}{a} \quad (\text{équilibre})
  • y=λy, λ>0    T1/2=ln2λy' = -\lambda y,\ \lambda > 0 \implies T_{1/2} = \frac{\ln 2}{\lambda}
Tableau : Objet, Énoncé, Point de vigilance
ObjetÉnoncéPoint de vigilance
Équation homogènesolutions xCeaxx \mapsto C\,e^{ax}la constante MULTIPLIE l'exponentielle
Solution particulièrela constante ba-\dfrac{b}{a}se contrôle en la reportant dans l'équation
Solution généralesomme des deuxoublier ba-\dfrac{b}{a} est l'erreur n° 1
Condition initialey(0)=y0y(0) = y_0 donne C=y0+baC = y_0 + \dfrac{b}{a}porte sur f(0)f(0), jamais sur f(0)f'(0)
Équilibreba-\dfrac{b}{a}, atteint si a<0a < 0indépendant de la condition initiale
Monotonief(x)=aCeaxf'(x) = aC\,e^{ax}, de signe constantune solution ne traverse pas son équilibre
Temps caractéristiquey=1τ(y)y' = -\dfrac{1}{\tau}(y - \ell)l'écart est divisé par ee toutes les durées τ\tau
Demi-vieT=ln2λT = \dfrac{\ln 2}{\lambda}ne dépend pas de la quantité initiale

Les unités. En mathématiques pures, xx, yy, aa et bb sont des nombres. En sciences, l'homogénéité est un contrôle gratuit : dans y=ay+by' = ay + b, le coefficient aa est l'inverse d'un temps (en s1\mathrm{s^{-1}} si xx est en secondes), bb est une grandeur de yy par unité de temps, et ba-\dfrac{b}{a} a la même unité que yy. Si l'équilibre n'a pas l'unité de yy, il y a une faute de calcul.

Ce qui n'est pas ici. Les équations à coefficients variables, la variation de la constante, le second ordre et les systèmes différentiels relèvent de l'enseignement supérieur. En terminale, on résout y=ay+by' = ay + b et rien d'autre.

Bloc 6 sur 7 · Pièges

Pièges fréquents

  1. Oublier la solution particulière ba-\dfrac{b}{a}. Répondre CeaxC\,e^{ax} à y=ay+by' = ay + b revient à résoudre l'équation homogène. Contrôle immédiat : la fonction proposée vérifie-t-elle l'équation quand on la dérive ? Sans le terme constant, il reste un +b+\,b non compensé.
  2. Écrire les solutions de y=ayy' = ay sous la forme eax+Ce^{ax} + C. La constante multiplie, elle ne s'ajoute pas. En dérivant eax+Ce^{ax} + C on obtient aeaxa\,e^{ax}, qui ne vaut a(eax+C)a\left(e^{ax} + C\right) que si C=0C = 0.
  3. Utiliser f(0)f'(0) au lieu de f(0)f(0). La condition initiale est une valeur de la FONCTION. La confusion donne une constante différente, donc une autre solution, sans qu'aucun calcul ne paraisse faux.
  4. Se tromper de signe sur ba-\dfrac{b}{a}. Le terme constant est l'opposé de ba\dfrac{b}{a}. La parade est de ne pas retenir la formule mais la METHODE : chercher la constante kk telle que ak+b=0ak + b = 0, et vérifier.
  5. Mettre le coefficient aa devant l'exponentielle au lieu de l'exposant. CeaxC\,e^{ax}, pas aeCxa\,e^{Cx} ni aexae^{x}. En cas de doute, dérive et compare.
  6. Croire que l'équilibre dépend de la condition initiale. Quand a<0a < 0, toutes les solutions tendent vers ba-\dfrac{b}{a} ; la condition initiale ne change que la manière d'y arriver, pas la destination.
  7. Croire qu'une solution finit par atteindre son équilibre. L'écart vaut CeaxC\,e^{ax} : il tend vers 00 sans jamais s'annuler. La courbe s'approche indéfiniment, elle ne touche pas.
  8. Additionner deux conditions initiales. Une seule condition détermine une seule solution ; en donner deux à une équation du premier ordre est en général contradictoire, et signale une erreur de lecture de l'énoncé.

Bloc 7 sur 7 · Vérifier

Vérifier : équilibre, constante ou valeur

Le modèle d'entraînement. L'exercice associé à cette leçon pose une équation y=ay+by' = ay + b à coefficients entiers et une condition initiale, puis demande selon le tirage la limite de la solution en ++\infty (l'équilibre, exact), la constante CC imposée par la condition initiale (exacte), ou une valeur f(x1)f(x_1) de la solution (arrondie au millième). Un modèle voisin, à choix multiples, présente la copie d'un élève qui résout l'équation en quatre étapes — équation homogène, solution particulière, somme, condition initiale — dont une seule est fausse, les suivantes étant menées fidèlement à partir de ce qu'elle donne, toute l'arithmétique restant exacte. Il s'agit d'y trouver l'étape fautive.

Énoncé type. On considère l'équation différentielle

(E):y=4y+10,(E) : \quad y' = -4y + 10,

d'inconnue une fonction yy dérivable sur R\mathbb{R}. Les solutions de (E)(E) s'écrivent f(x)=Ce4x+2,5f(x) = C\,e^{-4x} + 2{,}5, où CC est une constante réelle. Déterminer la valeur de CC pour laquelle f(0)=7f(0) = 7.

Corrigé complet.

1. Le terme constant. La solution particulière constante est

ba=104=2,5.-\frac{b}{a} = -\frac{10}{-4} = 2{,}5.

Contrôle : 4×2,5+10=10+10=0-4 \times 2{,}5 + 10 = -10 + 10 = 0 ✔.

2. La condition initiale, sur ff et non sur ff'. Comme e4×0=e0=1e^{-4 \times 0} = e^{0} = 1,

f(0)=C×1+2,5=C+2,5.f(0) = C \times 1 + 2{,}5 = C + 2{,}5.

3. Résoudre. La condition f(0)=7f(0) = 7 s'écrit C+2,5=7C + 2{,}5 = 7, donc

C=72,5=4,5.C = 7 - 2{,}5 = 4{,}5.

Réponse : C=4,5C = 4{,}5, et f(x)=4,5e4x+2,5f(x) = 4{,}5\,e^{-4x} + 2{,}5.

Auto-contrôle. Trois nombres circulent dans ce calcul et il ne faut pas les confondre : 77 est la valeur initiale, 2,52{,}5 la solution particulière constante, 4,54{,}5 le coefficient de l'exponentielle. Ai-je bien vérifié en dérivant ? f(x)=18e4xf'(x) = -18\,e^{-4x}, et 4f(x)+10=18e4x10+10=18e4x-4f(x) + 10 = -18\,e^{-4x} - 10 + 10 = -18\,e^{-4x} ✔. Et f(0)=4,5+2,5=7f(0) = 4{,}5 + 2{,}5 = 7 ✔.

L’exercice interactif de cette leçon attend la fin de sa relecture scientifique. L’énoncé type ci-dessus est complet : il se travaille tel quel.

Sources

  • BO spécial n°8 du 25 juillet 2019 — programme de spécialité mathématiques de terminale générale, partie « Analyse » : équations différentielles y′ = ay et y′ = ay + b, solution vérifiant une condition initiale
  • BO spécial n°8 du 25 juillet 2019 — programme de spécialité physique-chimie de terminale générale : circuit RC, décroissance radioactive, cinétique du premier ordre (situations modélisées par cette équation)

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