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Mathématiques · Licence 1 · 18 min de lecture

Algorithme d'Euclide, Bézout et l'équation ax + by = c

Division euclidienne dans les entiers relatifs ; PGCD et algorithme d'Euclide ; remontée de l'algorithme donnant un couple de coefficients de Bézout ; théorème de Bézout et son cas particulier des entiers premiers entre eux ; description de TOUS les couples solutions à partir d'un couple particulier, et unique représentant normalisé ; théorème de Gauss ; équation diophantienne du premier degré à deux inconnues : condition d'existence (le PGCD divise le second membre) et ensemble complet des solutions.

Chapitre du programme : Arithmétique et structures algébriques

Bloc 1 sur 7 · Comprendre

Comprendre : le PGCD sans factoriser

Au collège, tu trouvais le PGCD de deux entiers en les décomposant en facteurs premiers et en gardant les facteurs communs. Ça marche pour 252252 et 180180 ; ça ne marche plus quand les nombres ont vingt chiffres, parce que factoriser est difficile — c'est même sur cette difficulté que repose une partie de la cryptographie. L'algorithme d'Euclide, lui, ne factorise rien : il divise.

La division euclidienne. Pour aZa \in \mathbb{Z} et bNb \in \mathbb{N}^*, il existe un unique couple (q;r)(q\,;\,r) d'entiers tel que

a=bq+ret0r<b.a = bq + r \quad \text{et} \quad 0 \le r < b.

Le point clé, qui fait tout l'algorithme : les diviseurs communs de aa et bb sont exactement les diviseurs communs de bb et rr. En effet, si dd divise aa et bb, il divise abq=ra - bq = r ; et si dd divise bb et rr, il divise bq+r=abq + r = a. Donc pgcd(a;b)=pgcd(b;r)\mathrm{pgcd}(a\,;\,b) = \mathrm{pgcd}(b\,;\,r).

Algorithme d'Euclide. On remplace le couple (a;b)(a\,;\,b) par (b;r)(b\,;\,r), puis on recommence, jusqu'à obtenir un reste nul. Le PGCD est le dernier reste non nul.

Sur 252252 et 180180 :

252=1×180+72,180=2×72+36,72=2×36+0.252 = 1 \times 180 + 72, \qquad 180 = 2 \times 72 + 36, \qquad 72 = 2 \times 36 + 0.

Le dernier reste non nul est 3636 : pgcd(252;180)=36\mathrm{pgcd}(252\,;\,180) = 36. Trois divisions, aucune factorisation, et le même résultat que les arbres de facteurs. L'algorithme se termine toujours, parce que les restes forment une suite d'entiers naturels strictement décroissante (0r<b0 \le r < b) — elle ne peut pas descendre indéfiniment.

Remonter l'algorithme. Chaque ligne exprime un reste à partir des deux nombres précédents ; en remontant, on exprime le PGCD à partir de aa et de bb :

36=1802×72=1802×(252180)=3×1802×252.36 = 180 - 2 \times 72 = 180 - 2 \times (252 - 180) = 3 \times 180 - 2 \times 252.

Ainsi 252×(2)+180×3=36252 \times (-2) + 180 \times 3 = 36. On a trouvé un couple de Bézout : deux entiers uu et vv tels que au+bv=pgcd(a;b)au + bv = \mathrm{pgcd}(a\,;\,b). Contrôle obligatoire : 504+540=36-504 + 540 = 36. \checkmark

Théorème de Bézout. Pour tous entiers aa et bb non tous nuls, de PGCD dd, il existe des entiers uu et vv tels que au+bv=dau + bv = d. En particulier, aa et bb sont premiers entre eux si et seulement s'il existe uu et vv tels que au+bv=1au + bv = 1.

Attention au sens : au+bv=1au + bv = 1 caractérise les entiers premiers entre eux ; dans le cas général, le second membre est dd, pas 11. Écrire « 252u+180v=1252u + 180v = 1 » n'a pas de solution — le membre de gauche est toujours multiple de 3636.

Le couple n'est pas unique — et c'est une famille, pas un désordre. Si (u0;v0)(u_0\,;\,v_0) convient, alors pour tout entier kk,

(u0+kbd ; v0kad)\left(u_0 + k\,\frac{b}{d}\ ;\ v_0 - k\,\frac{a}{d}\right)

convient aussi, puisque akbdbkad=0a \cdot k\frac{b}{d} - b \cdot k\frac{a}{d} = 0. Et ce sont tous les couples (on le démontre au bloc suivant avec le théorème de Gauss). Pour 252252 et 180180 : bd=5\dfrac{b}{d} = 5, ad=7\dfrac{a}{d} = 7, donc les couples sont (2+5k;37k)(-2 + 5k\,;\,3 - 7k). Parmi eux, un seul a son premier coefficient dans [0;5[[0\,;\,5[ : pour k=1k = 1, le couple (3;4)(3\,;\,-4), et l'on vérifie 756720=36756 - 720 = 36. \checkmark C'est ce représentant normalisé que les exercices demandent, précisément parce qu'il est unique.

Bloc 2 sur 7 · Approfondir

Approfondir : Gauss, et toutes les solutions de ax + by = c

Le théorème de Gauss est la conséquence la plus utile de Bézout :

Si aa divise bcbc et si aa est premier avec bb, alors aa divise cc.

Démonstration. Par Bézout, il existe uu, vv avec au+bv=1au + bv = 1. En multipliant par cc : acu+bcv=cacu + bcv = c. Or aa divise acuacu (évident) et aa divise bcvbcv (par hypothèse, aa divise bcbc). Donc aa divise leur somme, cc. Fin de la démonstration. Sans l'hypothèse « aa premier avec bb », c'est faux : 66 divise 4×3=124 \times 3 = 12, mais 66 ne divise ni 44 ni 33.

L'équation diophantienne ax+by=cax + by = c, à résoudre dans Z2\mathbb{Z}^2. Soit d=pgcd(a;b)d = \mathrm{pgcd}(a\,;\,b).

Existence. Le membre de gauche est toujours multiple de dd. Donc : il y a des solutions si et seulement si dd divise cc. C'est la seule condition ; aucune quantité d'essais infructueux ne la remplace. Si dd divise cc, on écrit c=dcc = d\,c', on prend un couple de Bézout au0+bv0=dau_0 + bv_0 = d, et (x0;y0)=(cu0;cv0)(x_0\,;\,y_0) = (c'u_0\,;\,c'v_0) est une solution particulière.

Toutes les solutions. Soit (x;y)(x\,;\,y) une autre solution. En soustrayant, a(xx0)+b(yy0)=0a(x - x_0) + b(y - y_0) = 0, soit, après division par dd :

a(xx0)=b(yy0),a=ad, b=bd premiers entre eux.a'(x - x_0) = -\,b'(y - y_0), \qquad a' = \frac{a}{d},\ b' = \frac{b}{d} \text{ premiers entre eux.}

Ainsi bb' divise a(xx0)a'(x - x_0) et bb' est premier avec aa' : par Gauss, bb' divise xx0x - x_0, d'où x=x0+kbx = x_0 + k\,b'. En reportant, y=y0kay = y_0 - k\,a'. Réciproquement, tout couple de cette forme convient.

S={(x0+kbd ; y0kad), kZ}.\mathcal{S} = \left\{\, \left(x_0 + k\,\frac{b}{d}\ ;\ y_0 - k\,\frac{a}{d}\right),\ k \in \mathbb{Z} \,\right\}.

C'est exactement la famille des couples de Bézout du bloc précédent, avec c=dc = d. La démonstration est courte et elle est au programme : on te demandera de la refaire.

Exemple complet. Résoudre 91x+35y=2191x + 35y = 21.

  • Euclide : 91=2×35+2191 = 2 \times 35 + 21 ; 35=1×21+1435 = 1 \times 21 + 14 ; 21=1×14+721 = 1 \times 14 + 7 ; 14=2×7+014 = 2 \times 7 + 0. Donc d=7d = 7.
  • 77 divise 2121 : il y a des solutions, et c=3c' = 3.
  • Remontée : 7=2114=21(3521)=2×2135=2×(912×35)35=2×915×357 = 21 - 14 = 21 - (35 - 21) = 2 \times 21 - 35 = 2 \times (91 - 2 \times 35) - 35 = 2 \times 91 - 5 \times 35. Contrôle : 182175=7182 - 175 = 7. \checkmark
  • Solution particulière : (x0;y0)=(3×2;3×(5))=(6;15)(x_0\,;\,y_0) = (3 \times 2\,;\,3 \times (-5)) = (6\,;\,-15). Contrôle : 546525=21546 - 525 = 21. \checkmark
  • Toutes les solutions, avec bd=5\dfrac{b}{d} = 5 et ad=13\dfrac{a}{d} = 13 :
S={(6+5k ; 1513k), kZ}.\mathcal{S} = \{(6 + 5k\ ;\ -15 - 13k),\ k \in \mathbb{Z}\}.

Pour k=1k = 1 : (11;28)(11\,;\,-28), et 1001980=211001 - 980 = 21. \checkmark

Une application : l'inverse modulo nn. Dire que aa est premier avec nn, c'est dire qu'il existe uu, vv avec au+nv=1au + nv = 1, c'est-à-dire au1 [n]au \equiv 1\ [n] : uu est un inverse de aa modulo nn. Il est unique parmi les restes 0,1,,n10, 1, \dots, n - 1. Par exemple, 77 et 3030 sont premiers entre eux : 30=4×7+230 = 4 \times 7 + 2, 7=3×2+17 = 3 \times 2 + 1, donc 1=73×2=73×(304×7)=13×73×301 = 7 - 3 \times 2 = 7 - 3 \times (30 - 4 \times 7) = 13 \times 7 - 3 \times 30. L'inverse de 77 modulo 3030 est 1313 : en effet 7×13=91=3×30+17 \times 13 = 91 = 3 \times 30 + 1. La structure des congruences est la fiche suivante ; ici, retiens que chercher un inverse, c'est faire une remontée d'Euclide.

Bloc 3 sur 7 · Exemple

Exemple guidé : du PGCD au représentant normalisé

Énoncé. On considère a=95a = 95 et b=42b = 42.

  1. Calculer pgcd(95;42)\mathrm{pgcd}(95\,;\,42) par l'algorithme d'Euclide.
  2. En déduire un couple (u;v)(u\,;\,v) d'entiers tel que 95u+42v=195u + 42v = 1.
  3. Décrire tous les couples (u;v)(u\,;\,v) vérifiant cette identité, et déterminer l'unique couple dont le premier coefficient vérifie 0u<420 \le u < 42.
  4. En déduire l'inverse de 9595 modulo 4242.

---

1. Euclide. On divise, on décale, on recommence :

95=2×42+11,42=3×11+9,11=1×9+2,9=4×2+1,2=2×1+0.95 = 2 \times 42 + 11, \quad 42 = 3 \times 11 + 9, \quad 11 = 1 \times 9 + 2, \quad 9 = 4 \times 2 + 1, \quad 2 = 2 \times 1 + 0.

Le dernier reste non nul est 11 : pgcd(95;42)=1\mathrm{pgcd}(95\,;\,42) = 1. Les deux entiers sont premiers entre eux. (Le PGCD n'est pas 00 : le reste nul signale la fin, il n'est pas le résultat.)

2. Remontée. On part de la dernière ligne à reste non nul et l'on remplace chaque reste par son expression, en gardant les parenthèses :

1=94×2=94×(119)=5×94×111 = 9 - 4 \times 2 = 9 - 4 \times (11 - 9) = 5 \times 9 - 4 \times 11
=5×(423×11)4×11=5×4219×11= 5 \times (42 - 3 \times 11) - 4 \times 11 = 5 \times 42 - 19 \times 11
=5×4219×(952×42)=43×4219×95.= 5 \times 42 - 19 \times (95 - 2 \times 42) = 43 \times 42 - 19 \times 95.

Donc 95×(19)+42×43=195 \times (-19) + 42 \times 43 = 1. Contrôle : 43×42=180643 \times 42 = 1806 et 19×95=180519 \times 95 = 1805 ; 18061805=11806 - 1805 = 1. \checkmark Un couple de Bézout est (u;v)=(19;43)(u\,;\,v) = (-19\,;\,43).

3. Tous les couples, puis le bon. Ici d=1d = 1, donc bd=42\dfrac{b}{d} = 42 et ad=95\dfrac{a}{d} = 95 :

{(19+42k ; 4395k), kZ}.\{(-19 + 42k\ ;\ 43 - 95k),\ k \in \mathbb{Z}\}.

On veut 019+42k<420 \le -19 + 42k < 42, soit 1942k<6119 \le 42k < 61, soit k=1k = 1 (le seul entier de [1942;6142[\left[\tfrac{19}{42}\,;\,\tfrac{61}{42}\right[). Le couple normalisé est

(u;v)=(23;52).(u\,;\,v) = (23\,;\,-52).

Contrôle direct : 95×23=218595 \times 23 = 2185, 42×52=218442 \times 52 = 2184, et 21852184=12185 - 2184 = 1. \checkmark

4. L'inverse. L'identité 95×23+42×(52)=195 \times 23 + 42 \times (-52) = 1 se lit modulo 4242 : 95×231 [42]95 \times 23 \equiv 1\ [42]. L'inverse de 9595 modulo 4242 est 2323 — et c'est le même nombre que le représentant normalisé de la question 3, ce qui n'est pas un hasard : « premier coefficient dans [0;42[[0\,;\,42[ » et « inverse parmi les restes modulo 4242 » sont deux noms de la même unicité. Remarque que 9511 [42]95 \equiv 11\ [42] : l'inverse de 1111 modulo 4242 est donc aussi 2323, et 11×23=253=6×42+111 \times 23 = 253 = 6 \times 42 + 1. \checkmark

Lecture. Quatre divisions ont suffi pour deux nombres à deux chiffres. Le couple (19;43)(-19\,;\,43) sorti de la remontée n'est pas « le » couple de Bézout : c'est un représentant d'une famille infinie, et l'énoncé qui veut une réponse unique doit imposer un encadrement.

Bloc 4 sur 7 · Visualiser

Visualiser : deux chemins vers le même PGCD

Figure (fig.math.prime-factor-tree, figure programmatique de la leçon de troisième sur les nombres premiers, relue ici avec les yeux de la licence) : deux échelles de division, côte à côte.

  • À gauche, 252252 est divisé successivement par 22, 22, 33, 33, 77 : les nombres 252252, 126126, 6363, 2121, 77, 11 descendent le long d'une barre verticale, chaque diviseur dans une petite boîte à droite. Bilan : 252=22×32×7252 = 2^2 \times 3^2 \times 7.
  • À droite, 180180 est divisé par 22, 22, 33, 33, 55 : 180180, 9090, 4545, 1515, 55, 11. Bilan : 180=22×32×5180 = 2^2 \times 3^2 \times 5.
  • Les facteurs communs 22, 22, 33, 33 portent un fond hachuré ; les facteurs propres 77 et 55 un cadre à trait épais — le codage double la couleur, et une légende l'écrit. Une ligne encadrée conclut : « facteurs communs : 22×32=362^2 \times 3^2 = 36 ». En bas, la fraction 252180\dfrac{252}{180} est simplifiée en 36×736×5=75\dfrac{36 \times 7}{36 \times 5} = \dfrac{7}{5}.

Ce qu'il faut y lire pour cette leçon. La figure obtient pgcd(252;180)=36\mathrm{pgcd}(252\,;\,180) = 36 par les factorisations : dix divisions par des nombres premiers qu'il a fallu deviner. L'algorithme d'Euclide obtient le même 3636 par trois divisions euclidiennes sans deviner quoi que ce soit :

252=1×180+72,180=2×72+36,72=2×36.252 = 1 \times 180 + 72, \qquad 180 = 2 \times 72 + 36, \qquad 72 = 2 \times 36.

Imagine les mêmes échelles pour deux entiers de trente chiffres : les colonnes de gauche et de droite seraient impossibles à écrire (il faudrait connaître les facteurs premiers), tandis que la suite des restes d'Euclide resterait courte — elle est au plus proportionnelle au nombre de chiffres. C'est pourquoi on apprend Euclide après avoir appris les arbres de facteurs.

Ce que la figure montre aussi, sans le dire. Les cofacteurs 77 et 55 — ce qui reste de chaque nombre une fois le PGCD retiré — sont précisément ad\dfrac{a}{d} et bd\dfrac{b}{d}, premiers entre eux. Ce sont eux qui paramètrent la famille des couples de Bézout : (2+5k;37k)(-2 + 5k\,;\,3 - 7k). Le 55 de la boîte à trait épais, à droite, est le pas du premier coefficient ; le 77 de gauche, celui du second. La fraction irréductible 75\dfrac{7}{5} du bas et le théorème de Gauss disent la même chose : une fois le PGCD ôté, plus rien de commun.

Deux échelles de division côte à côte : 252 et 180 — Deux colonnes de calcul côte à côte. La colonne de gauche part de 252 et donne successivement 126, 63, 21, 7 puis 1 en divisant par 2, 2, 3, 3, 7.

Bloc 5 sur 7 · Formules

Ce qu'il faut retenir

  • a=bq+r, 0r<b    pgcd(a;b)=pgcd(b;r)(le PGCD est le dernier reste non nul)a = bq + r,\ 0 \le r < b \implies \mathrm{pgcd}(a\,;\,b) = \mathrm{pgcd}(b\,;\,r) \quad \text{(le PGCD est le dernier reste non nul)}
  • Beˊzout : (u;v)Z2, au+bv=pgcd(a;b)pgcd(a;b)=1    (u;v), au+bv=1\text{Bézout : } \exists\,(u\,;\,v) \in \mathbb{Z}^2,\ au + bv = \mathrm{pgcd}(a\,;\,b) \qquad \mathrm{pgcd}(a\,;\,b) = 1 \iff \exists\,(u\,;\,v),\ au + bv = 1
  • tous les couples : (u0+kbd ; v0kad), kZ(un seul avec 0u<bd)\text{tous les couples : } \left(u_0 + k\,\frac{b}{d}\ ;\ v_0 - k\,\frac{a}{d}\right),\ k \in \mathbb{Z} \quad \text{(un seul avec } 0 \le u < \tfrac{b}{d}\text{)}
  • Gauss : a divise bc et pgcd(a;b)=1    a divise c\text{Gauss : } a \text{ divise } bc \ \text{et}\ \mathrm{pgcd}(a\,;\,b) = 1 \implies a \text{ divise } c
  • ax+by=c a des solutions    d divise c,S={(x0+kbd ; y0kad), kZ}ax + by = c \text{ a des solutions} \iff d \text{ divise } c, \qquad \mathcal{S} = \left\{\left(x_0 + k\,\tfrac{b}{d}\ ;\ y_0 - k\,\tfrac{a}{d}\right),\ k \in \mathbb{Z}\right\}
  • pgcd(a;n)=1    u, au1 [n](inverse de a modulo n, unique parmi 0,,n1)\mathrm{pgcd}(a\,;\,n) = 1 \implies \exists\, u,\ au \equiv 1\ [n] \quad \text{(inverse de } a \text{ modulo } n\text{, unique parmi } 0, \dots, n - 1\text{)}
Tableau : Objet, Ce que c'est, Ce qu'il faut vérifier
ObjetCe que c'estCe qu'il faut vérifier
Algorithme d'Euclidesuite de divisions euclidiennes, restes strictement décroissantsle PGCD est le dernier reste non nul, pas 00
Couple de Bézout(u;v)(u\,;\,v) avec au+bv=dau + bv = drecalculer au+bvau + bv à la fin : une remontée perd facilement un signe
Famille des couples(u0+kbd ; v0kad)\left(u_0 + k\,\tfrac{b}{d}\ ;\ v_0 - k\,\tfrac{a}{d}\right)le pas de uu est bd\tfrac{b}{d}, celui de vv est ad\tfrac{a}{d} — croisés
Représentant normalisél'unique couple avec 0u<bd0 \le u < \tfrac{b}{d}il existe et il est unique parce que bd1\tfrac{b}{d} \ge 1
Équation ax+by=cax + by = csolutions si et seulement si dd divise ccmultiplier le couple de Bézout par cd\tfrac{c}{d}, puis Gauss pour la famille
Inverse modulo nnuu tel que au1 [n]au \equiv 1\ [n]existe si et seulement si pgcd(a;n)=1\mathrm{pgcd}(a\,;\,n) = 1 ; c'est le uu de Bézout réduit modulo nn

La remontée, mécaniquement. On écrit la dernière division à reste non nul sous la forme rk=rk2qkrk1r_{k} = r_{k - 2} - q_k\,r_{k - 1}, puis on remplace rk1r_{k - 1} par son expression, en gardant rk2r_{k - 2} et rk3r_{k - 3} entre parenthèses, et l'on remonte jusqu'à aa et bb. Tant qu'on n'a pas recalculé au+bvau + bv avec les valeurs trouvées, le résultat n'est pas acquis.

Ce qui n'est pas dans cette leçon. L'anneau Z/nZ\mathbb{Z}/n\mathbb{Z} et ses propriétés, le petit théorème de Fermat, le théorème des restes chinois, l'arithmétique des polynômes, la complexité exacte de l'algorithme (théorème de Lamé), et toute application au chiffrement.

Bloc 6 sur 7 · Pièges

Pièges fréquents

  1. Répondre 00 comme PGCD. L'algorithme s'arrête quand le reste est nul, mais le PGCD est le dernier reste non nul, la ligne d'avant. Pour 252252 et 180180, c'est 3636, pas le 00 de 72=2×36+072 = 2 \times 36 + 0.
  2. Écrire au+bv=1au + bv = 1 quand le PGCD vaut d>1d > 1. La forme « =1= 1 » caractérise les entiers premiers entre eux. Pour 252252 et 180180, aucun couple ne donne 11 : le membre de gauche est un multiple de 3636. La bonne identité est 252u+180v=36252u + 180v = 36.
  3. Perdre un signe dans la remontée. L'erreur type : remplacer 1414 par 352135 - 21 sans parenthèses, et écrire 21352121 - 35 - 21 au lieu de 21(3521)=2×213521 - (35 - 21) = 2 \times 21 - 35. Le remède est mécanique — parenthèses, puis développement — et le contrôle final au+bv=dau + bv = d est obligatoire.
  4. Croire le couple de Bézout unique. Il y en a une infinité : (u0+kbd ; v0kad)\left(u_0 + k\,\tfrac{b}{d}\ ;\ v_0 - k\,\tfrac{a}{d}\right). Deux étudiants qui trouvent (19;43)(-19\,;\,43) et (23;52)(23\,;\,-52) ont tous les deux raison. Quand un énoncé veut UNE réponse, il impose un encadrement — et c'est celui-là qu'il faut lire.
  5. Croiser les pas. Le premier coefficient (celui de aa) avance de bd\dfrac{b}{d}, le second (celui de bb) recule de ad\dfrac{a}{d}. Inverser les deux donne des couples qui ne vérifient plus l'identité : abdbad=0a \cdot \tfrac{b}{d} - b \cdot \tfrac{a}{d} = 0, mais aadbbd0a \cdot \tfrac{a}{d} - b \cdot \tfrac{b}{d} \ne 0 en général.
  6. Déclarer ax+by=cax + by = c sans solution après quelques essais. La seule question qui décide : dd divise-t-il cc ? 91x+35y=2091x + 35y = 20 n'a aucune solution (77 ne divise pas 2020) ; 91x+35y=2191x + 35y = 21 en a une infinité. Les essais ne prouvent rien dans un sens ni dans l'autre.
  7. Confondre Gauss et Bézout, ou oublier l'hypothèse de Gauss. « aa divise bcbc » n'implique « aa divise cc » que si aa est premier avec bb. Sans cela, 66 divise 4×34 \times 3 mais 66 ne divise pas 33. Dans la résolution de ax+by=cax + by = c, c'est la division par dd qui fabrique l'hypothèse (ad\tfrac{a}{d} et bd\tfrac{b}{d} premiers entre eux) : ne pas la sauter.
  8. Chercher un inverse modulo nn sans vérifier pgcd(a;n)=1\mathrm{pgcd}(a\,;\,n) = 1. 66 n'a pas d'inverse modulo 3030 : 6u1 [30]6u \equiv 1\ [30] demanderait 6u+30v=16u + 30v = 1, impossible puisque 66 divise le membre de gauche. La remontée d'Euclide ne « trouvera » rien — elle s'arrêtera sur un PGCD égal à 66, ce qui est la réponse : pas d'inverse.

Bloc 7 sur 7 · Vérifier

Vérifier : le couple de Bézout normalisé

Le modèle d'entraînement. L'exercice associé à cette leçon ne demande jamais « le PGCD » — il se lit en trois divisions et n'est pas de niveau licence. Il demande, selon la variante, l'unique coefficient uu de Bézout tel que 0u<bd0 \le u < \dfrac{b}{d}, l'inverse d'un entier modulo nn après avoir justifié qu'il existe, ou la plus petite solution positive d'une congruence axc [n]ax \equiv c\ [n] dont le PGCD n'est pas toujours 11. Toutes les réponses sont des entiers, sans tolérance. Un modèle voisin, à choix multiples, propose quatre couples bâtis sur les mêmes nombres, à l'ordre et aux signes près, et demande lequel vérifie au+bv=dau + bv = d.

Énoncé type. Soit a=95a = 95 et b=42b = 42. On note dd leur PGCD. Déterminer l'unique entier uu tel que 0u<bd0 \le u < \dfrac{b}{d} et qu'il existe un entier vv vérifiant 95u+42v=d95u + 42v = d. Donner uu.

Corrigé complet.

1. Euclide, pour dd. 95=2×42+1195 = 2 \times 42 + 11 ; 42=3×11+942 = 3 \times 11 + 9 ; 11=1×9+211 = 1 \times 9 + 2 ; 9=4×2+19 = 4 \times 2 + 1 ; 2=2×1+02 = 2 \times 1 + 0. Dernier reste non nul : d=1d = 1. L'encadrement demandé est donc 0u<420 \le u < 42.

2. Remontée, pour un premier couple.

1=94×2=94×(119)=5×94×11=5×(423×11)4×11=5×4219×11,1 = 9 - 4 \times 2 = 9 - 4 \times (11 - 9) = 5 \times 9 - 4 \times 11 = 5 \times (42 - 3 \times 11) - 4 \times 11 = 5 \times 42 - 19 \times 11,
1=5×4219×(952×42)=43×4219×95.1 = 5 \times 42 - 19 \times (95 - 2 \times 42) = 43 \times 42 - 19 \times 95.

Contrôle : 18061805=11806 - 1805 = 1. \checkmark Un couple est (u0;v0)=(19;43)(u_0\,;\,v_0) = (-19\,;\,43).

3. Toute la famille, puis le représentant. Les couples sont (19+42k;4395k)(-19 + 42k\,;\,43 - 95k), kZk \in \mathbb{Z}. La condition 019+42k<420 \le -19 + 42k < 42 équivaut à 1942k<6119 \le 42k < 61, soit k=1k = 1. D'où u=23u = 23 et v=52v = -52.

4. Contrôle final, sur les valeurs. 95×23=218595 \times 23 = 2185 et 42×(52)=218442 \times (-52) = -2184 ; somme 1=d1 = d. \checkmark Et 023<420 \le 23 < 42. \checkmark

Réponse : u=23u = 23 (avec v=52v = -52).

Auto-contrôle. Ai-je pris le dernier reste non nul comme PGCD ? Ai-je gardé les parenthèses à chaque substitution de la remontée ? Ai-je recalculé au+bvau + bv avec mes valeurs finales, et non seulement avec le couple intermédiaire ? Mon uu est-il dans [0;bd[[0\,;\,\tfrac{b}{d}[, et ai-je translaté de bd\tfrac{b}{d} (ici 4242) et non de ad\tfrac{a}{d} ?

L’exercice interactif de cette leçon attend la fin de sa relecture scientifique. L’énoncé type ci-dessus est complet : il se travaille tel quel.

Sources

  • BO spécial n°1 du 11 février 2021 — programme de mathématiques de la classe de MPSI
  • J.-P. Ramis, A. Warusfel (dir.), Mathématiques tout-en-un pour la licence — Niveau L1, Dunod
  • D. Perrin, Cours d'algèbre, Ellipses

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