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Mathématiques · Terminale · 6 min de lecture

Les nombres complexes : calculer avec i

Forme algébrique, conjugué, module, argument, forme exponentielle, formules d'Euler et de Moivre, résolution dans ℂ du second degré.

Chapitre du programme : Nombres complexes

Bloc 1 sur 7 · Comprendre

Comprendre : étendre les nombres réels

Cette leçon appartient à l’option mathématiques expertes de terminale. Dans les nombres réels, l’équation x2+1=0x^2+1=0 n’a pas de solution : le carré d’un réel est positif ou nul. Pour résoudre de telles équations, on travaille dans un ensemble plus grand, celui des nombres complexes, noté C\mathbb{C}.

On y dispose d’un nombre ii tel que i2=1i^2=-1. Un nombre complexe s’écrit de manière unique z=a+ibz=a+ib, avec aa et bb réels. C’est sa forme algébrique. Le réel aa est sa partie réelle ; le réel bb est sa partie imaginaire. Dans z=32iz=3-2i, la partie réelle est trois et la partie imaginaire est moins deux, sans le facteur ii.

Les réels restent présents : a=a+0ia=a+0i. Deux complexes sont égaux exactement lorsque leurs parties réelles sont égales et leurs parties imaginaires aussi. Ainsi, a+ib=c+ida+ib=c+id équivaut à a=ca=c et b=db=d.

Les additions et multiplications conservent la distributivité habituelle. On regroupe séparément les termes réels et les termes en ii. Lorsqu’un produit fait apparaître i2i^2, on remplace ce carré par moins un. Par exemple, (1+i)2=1+2i+i2=2i(1+i)^2=1+2i+i^2=2i.

L’équation z2+1=0z^2+1=0 possède maintenant deux solutions, ii et i-i, car leurs carrés valent tous les deux moins un. Il n’y a pas contradiction avec les réels : on a élargi l’ensemble dans lequel on cherche.

On ne compare pas deux complexes avec les inégalités usuelles des réels. En particulier, ii n’est ni un réel positif ni un réel négatif.

Bloc 2 sur 7 · Approfondir

Approfondir : conjugué et module rendent le calcul lisible

Au complexe z=a+ibz=a+ib, on associe le point de coordonnées (a;b)(a;b) dans un repère orthonormé. On dit que zz est l’affixe du point : c’est le nombre qui code ses deux coordonnées. L’axe horizontal porte la partie réelle et l’axe vertical la partie imaginaire.

Le conjugué de zz est z=aib\overline z=a-ib. Géométriquement, son point est le symétrique de celui de zz par rapport à l’axe réel. Le module z=a2+b2|z|=\sqrt{a^2+b^2} est la distance du point à l’origine. C’est un réel positif ou nul ; il vaut zéro seulement si z=0z=0.

Le produit par le conjugué vaut zz=(a+ib)(aib)=a2+b2=z2z\overline z=(a+ib)(a-ib)=a^2+b^2=|z|^2. Pour z0z\ne0, ce nombre est strictement positif. On peut donc écrire 1/z=z/z21/z=\overline z/|z|^2. Cette identité permet de transformer un quotient de complexes en une forme algébrique : on multiplie numérateur et dénominateur par le conjugué du dénominateur.

Le module traduit aussi les distances : pour deux points d’affixes zz et ww, leur distance est zw|z-w|. Le théorème de Pythagore explique cette formule à partir des deux différences de coordonnées.

Enfin, pour az2+bz+c=0az^2+bz+c=0, avec aa, bb, cc réels et a0a\ne0, on calcule le discriminant Δ=b24ac\Delta=b^2-4ac. S’il est négatif, les deux solutions complexes sont (b+iΔ)/(2a)(-b+i\sqrt{-\Delta})/(2a) et (biΔ)/(2a)(-b-i\sqrt{-\Delta})/(2a). Elles sont conjuguées. Si Δ0\Delta\geq0, les solutions réelles déjà connues restent valables dans C\mathbb{C}.

Bloc 3 sur 7 · Exemple

Exemple guidé : mettre un quotient sous forme algébrique

Énoncé construit. Écrire q=(3+2i)/(1i)q=(3+2i)/(1-i) sous forme algébrique, puis déterminer son conjugué et son module.

1. Vérifier le dénominateur. Le complexe 1i1-i est non nul. Son conjugué est 1+i1+i.

2. Multiplier en haut et en bas. On obtient q=((3+2i)(1+i))/((1i)(1+i))q=((3+2i)(1+i))/((1-i)(1+i)).

3. Développer et remplacer le carré de i. Au numérateur, 3+3i+2i+2i2=1+5i3+3i+2i+2i^2=1+5i. Au dénominateur, 1i2=21-i^2=2.

4. Séparer les parties. Ainsi q=12+52iq=\frac12+\frac52i. Sa partie imaginaire est 5/25/2 et son conjugué est q=1252i\overline q=\frac12-\frac52i.

5. Calculer le module. On trouve q=(1/2)2+(5/2)2=26/2|q|=\sqrt{(1/2)^2+(5/2)^2}=\sqrt{26}/2.

Contrôle du quotient. En multipliant la réponse par 1i1-i, on doit retrouver le numérateur : (12+52i)(1i)=3+2i(\frac12+\frac52i)(1-i)=3+2i. Le contrôle est exact.

Autre application construite. Pour z22z+5=0z^2-2z+5=0, le discriminant vaut 420=164-20=-16. Les solutions sont 1+2i1+2i et 12i1-2i. En substituant la première, (1+2i)22(1+2i)+5=3+4i24i+5=0(1+2i)^2-2(1+2i)+5=-3+4i-2-4i+5=0. La conjugaison donne le même contrôle pour la seconde.

Bloc 4 sur 7 · Visualiser

Visualiser : un nombre, un point, une distance

Le dessin vectoriel prévu place dans un repère orthonormé les points M(3;2)M(3;2) et N(3;2)N(3;-2), d’affixes 3+2i3+2i et 32i3-2i. Les projections sur les axes sont en pointillés. Les points sont symétriques par rapport à l’axe horizontal, nommé « axe réel ». L’axe vertical est nommé « axe imaginaire ».

Le segment de l’origine à MM forme l’hypoténuse d’un triangle rectangle dont les deux autres côtés mesurent trois et deux unités du repère. Sa longueur est 13\sqrt{13}. Le segment vers NN a la même longueur. Ce sont les modules des deux complexes.

Le dessin, encore à réaliser, doit porter les coordonnées et les affixes en toutes lettres de légende afin que les couleurs ne soient pas nécessaires à sa lecture. Il montre pourquoi changer le signe de la partie imaginaire conserve le module. Aucune unité physique n’est associée à ce repère abstrait.

Le plan complexe : affixe, partie réelle, partie imaginaire, module et conjugué — Repère orthonormé du plan complexe. L'axe horizontal est l'axe des réels, l'axe vertical l'axe des imaginaires. Le point M a pour coordonnées (3

Bloc 5 sur 7 · Formules

Méthode : calculer, regrouper, contrôler

  • z=a+ib,a,bR,i2=1z=a+ib,\quad a,b\in\mathbb R,\quad i^2=-1
  • z=aib,z=a2+b2,zz=z2\overline z=a-ib,\quad |z|=\sqrt{a^2+b^2},\quad z\overline z=|z|^2
  • 1z=zz2(z0)\frac1z=\frac{\overline z}{|z|^2}\quad(z\ne0)

Pour une somme, additionne les parties réelles et les parties imaginaires séparément. Pour un produit, développe avec la distributivité, remplace i2i^2 par moins un, puis regroupe. Pour un quotient, vérifie que le dénominateur est non nul et multiplie en haut et en bas par son conjugué.

Pour trouver le module de a+iba+ib, calcule a2+b2\sqrt{a^2+b^2} ; ne calcule pas a+ba+b. Pour résoudre une équation du second degré à coefficients réels, calcule le discriminant et choisis la formule correspondant à son signe.

Dans les formules ci-dessus, aa et bb sont réels. Le module est un nombre réel, le conjugué est un nombre complexe. La formule d’inverse exige z0z\ne0.

Termine par un contrôle adapté : remultiplie un quotient par son dénominateur ; remplace l’inconnue par une solution dans l’équation ; vérifie qu’un module est réel et positif ou nul. Ces contrôles détectent notamment les erreurs de signe sur i2i^2.

Bloc 6 sur 7 · Pièges

Pièges : ne pas traiter i comme un réel ordinaire

  1. Écrire i2=1i^2=1. La relation définissant le calcul est i2=1i^2=-1 ; ainsi i4=1i^4=1.
  2. Inclure i dans la partie imaginaire. Pour 32i3-2i, elle vaut moins deux, pas 2i-2i.
  3. Confondre opposé et conjugué. L’opposé de 3+2i3+2i est 32i-3-2i ; son conjugué est 32i3-2i.
  4. Calculer le module en additionnant les coordonnées. Il vient du théorème de Pythagore et vaut a2+b2\sqrt{a^2+b^2}.
  5. Multiplier seulement le dénominateur par son conjugué. Cela change le quotient. Il faut multiplier aussi le numérateur.
  6. Conclure qu’un discriminant négatif donne toujours zéro solution. Cela vaut dans R\mathbb{R} ; dans C\mathbb{C}, on obtient deux solutions non réelles.
  7. Confondre zéro et un dénominateur de partie réelle nulle. Le complexe ii est non nul et possède un inverse : 1/i=i1/i=-i.

Bloc 7 sur 7 · Vérifier

Vérifier : calculer un produit de complexes

Question construite. Calculer p=(2+i)(32i)p=(2+i)(3-2i) sous forme algébrique, puis donner sa partie imaginaire.

Indice. Développe les quatre produits, puis remplace i2i^2 avant de regrouper.

Corrigé. La distributivité donne p=64i+3i2i2p=6-4i+3i-2i^2. Comme i2=1i^2=-1, on obtient p=8ip=8-i. La partie réelle est huit et la partie imaginaire est moins un.

Contrôle. La formule générale (a+ib)(c+id)=(acbd)+i(ad+bc)(a+ib)(c+id)=(ac-bd)+i(ad+bc) donne ici une partie réelle 2×31×(2)=82\times3-1\times(-2)=8 et une partie imaginaire 2×(2)+1×3=12\times(-2)+1\times3=-1.

Auto-contrôle. Ai-je remplacé le carré de i par moins un, puis exprimé la partie imaginaire comme un réel ? Une réponse i-i à la seconde question confondrait la partie imaginaire avec le terme imaginaire.

Sources

  • Bulletin officiel spécial n° 8 du 25 juillet 2019 : programme de l’enseignement optionnel de mathématiques expertes de terminale générale, « Nombres complexes ». Annexe officielle : https://eduscol.education.gouv.fr/sites/default/files/document/spe264annexe1158825pdf-84165.pdf
  • J. Abramson et al., Algebra and Trigonometry 2e, OpenStax, 2021, section 2.4 « Complex Numbers ». https://openstax.org/books/algebra-and-trigonometry-2e/pages/2-4-complex-numbers

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