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Physique · Prépa 1re année · 20 min de lecture

L'oscillateur harmonique : période, énergie, phase

Système masse-ressort, équation ẍ + ω₀² x = 0, pulsation propre, solution sinusoïdale, énergie ; pendule simple aux petits angles.

Chapitre du programme : Mécanique

Bloc 1 sur 7 · Comprendre

Comprendre : un rappel proportionnel à l'écart

Un chariot sur un banc à coussin d'air, attaché à un ressort. On l'écarte de sa position de repos, on le lâche. Il revient, dépasse, repart, revient encore — et il recommence indéfiniment avec la même durée d'aller-retour, que l'on ait écarté le chariot de un centimètre ou de dix. Cette indifférence à l'amplitude est le fait expérimental que toute la leçon explique.

La cause : une force de rappel linéaire. Un ressort de raideur kk, allongé ou comprimé de xx à partir de sa longueur naturelle, exerce sur la masse la force

Fx=kx(loi de Hooke),F_x = -k\,x \qquad (\text{loi de Hooke}),

dirigée vers la position d'équilibre — d'où le signe moins — et d'intensité proportionnelle à l'écart. Plus on s'éloigne, plus le rappel est fort ; exactement dans le même rapport.

La mise en équation. Le chariot de masse mm glisse horizontalement, sans frottement. Le poids et la réaction du support sont verticaux et se compensent ; la seule force horizontale est celle du ressort. La deuxième loi de Newton, projetée sur l'axe du mouvement, donne mx¨=kxm\,\ddot{x} = -k\,x, soit

x¨+kmx=0.\ddot{x} + \frac{k}{m}\,x = 0.

Équation de l'oscillateur harmonique. x¨+ω02x=0\ddot{x} + \omega_0^{2}\,x = 0, avec la pulsation propre

ω0=km(rads1).\omega_0 = \sqrt{\frac{k}{m}} \quad (\mathrm{rad\cdot s^{-1}}).

C'est une équation différentielle linéaire du second ordre à coefficients constants, sans second membre — celle que tu sais résoudre. Son équation caractéristique est r2+ω02=0r^{2} + \omega_0^{2} = 0, de discriminant strictement négatif, de racines ±iω0\pm i\omega_0 : partie réelle nulle, partie imaginaire ω0\omega_0. D'où la solution générale, sans enveloppe et sans amortissement :

x(t)=Acos(ω0t)+Bsin(ω0t)=Xmcos(ω0t+φ).x(t) = A\cos(\omega_0 t) + B\sin(\omega_0 t) = X_m\cos(\omega_0 t + \varphi).

Ce que chaque symbole désigne, et où il vient.

Tableau : Grandeur, Nom, D'où elle vient, Unité
GrandeurNomD'où elle vientUnité
ω0\omega_0pulsation propredu système : kk et mmrads1\mathrm{rad\cdot s^{-1}}
T0=2πω0T_0 = \dfrac{2\pi}{\omega_0}période propredu systèmes\mathrm{s}
f0=1T0=ω02πf_0 = \dfrac{1}{T_0} = \dfrac{\omega_0}{2\pi}fréquence propredu systèmeHz\mathrm{Hz}
XmX_mamplitudedes conditions initialesm\mathrm{m}
φ\varphiphase à l'originedes conditions initialesrad\mathrm{rad}

Cette séparation est le cœur de la leçon : le système fixe la période, l'expérimentateur fixe l'amplitude et la phase. C'est pourquoi la période ne dépend pas de l'amplitude — propriété appelée isochronisme — et c'est ce qui a permis, historiquement, de faire des horloges.

La période, en toutes lettres.

T0=2πmk.T_0 = 2\pi\sqrt{\frac{m}{k}}.

Lis-la : une masse plus grande ralentit l'oscillation (T0T_0 augmente), un ressort plus raide l'accélère (T0T_0 diminue). Et c'est bien m/km/k sous la racine, pas k/mk/m — un contrôle d'homogénéité le confirme en dix secondes, puisque kk s'exprime en Nm1=kgs2\mathrm{N\cdot m^{-1}} = \mathrm{kg\cdot s^{-2}}, donc m/km/k en s2\mathrm{s^{2}}.

Bloc 2 sur 7 · Approfondir

Approfondir : énergie, conditions initiales, pendule

L'énergie, ou l'oscillateur vu autrement. Pour un ressort de raideur kk, l'énergie potentielle élastique vaut Ep=12kx2E_p = \frac{1}{2}k x^{2}, et l'énergie cinétique Ec=12mv2E_c = \frac{1}{2}m v^{2}. Sans frottement, leur somme se conserve. En prenant la position extrême, où la vitesse est nulle :

E=Ec+Ep=12kXm2=constante.E = E_c + E_p = \frac{1}{2}k X_m^{2} = \text{constante}.

Cette écriture est riche. Elle dit que l'énergie totale ne dépend que de l'amplitude — au carré, donc doubler l'amplitude quadruple l'énergie. Elle donne aussi la vitesse maximale, atteinte au passage par l'équilibre où toute l'énergie est cinétique :

12mvmax2=12kXm2    vmax=Xmkm=Xmω0.\frac{1}{2}m v_{\max}^{2} = \frac{1}{2}k X_m^{2} \implies v_{\max} = X_m\sqrt{\frac{k}{m}} = X_m\,\omega_0.

Ce résultat se retrouve directement en dérivant x(t)=Xmcos(ω0t+φ)x(t) = X_m\cos(\omega_0 t + \varphi) : v(t)=Xmω0sin(ω0t+φ)v(t) = -X_m\,\omega_0\sin(\omega_0 t + \varphi), dont l'amplitude est bien Xmω0X_m\omega_0. Deux chemins, un seul résultat — et c'est un bon contrôle.

L'échange, et sa fréquence double. Au cours d'une période, l'énergie passe deux fois entièrement de la forme cinétique à la forme potentielle : aux deux extrémités, Ec=0E_c = 0 et Ep=EE_p = E ; aux deux passages par le centre, l'inverse. Chaque forme d'énergie oscille donc à la fréquence 2f02f_0, pas f0f_0. La position où les deux se partagent également se trouve en écrivant Ep=E/2E_p = E/2 :

12kx2=1212kXm2    x=±Xm2±0,71Xm.\frac{1}{2}kx^{2} = \frac{1}{2}\cdot\frac{1}{2}kX_m^{2} \implies x = \pm\frac{X_m}{\sqrt{2}} \approx \pm 0{,}71\,X_m.

Une valeur remarquable, indépendante du système : c'est toujours à 71 %71\ \% de l'amplitude que l'énergie se partage en deux moitiés égales.

Fixer XmX_m et φ\varphi. Les conditions initiales x(0)=x0x(0) = x_0 et v(0)=v0v(0) = v_0 donnent, à partir de x(t)=Xmcos(ω0t+φ)x(t) = X_m\cos(\omega_0 t + \varphi) :

x0=Xmcosφ,v0=Xmω0sinφ,x_0 = X_m\cos\varphi, \qquad v_0 = -X_m\,\omega_0\sin\varphi,

d'où

Xm=x02+(v0ω0)2,tanφ=v0ω0x0.X_m = \sqrt{x_0^{2} + \left(\frac{v_0}{\omega_0}\right)^{2}}, \qquad \tan\varphi = -\frac{v_0}{\omega_0 x_0}.

Quatre cas se retiennent sans calcul et servent de contrôle : lâché sans vitesse depuis x0>0x_0 > 0, φ=0\varphi = 0 ; lâché sans vitesse depuis x0<0x_0 < 0, φ=π\varphi = \pi ; lancé depuis l'équilibre vers les xx positifs, φ=π/2\varphi = -\pi/2 ; lancé depuis l'équilibre vers les xx négatifs, φ=+π/2\varphi = +\pi/2. Attention : tanφ\tan\varphi ne détermine φ\varphi qu'à π\pi près — c'est le signe de x0x_0 qui tranche, en vérifiant que cosφ\cos\varphi a le bon signe.

Le ressort vertical : rien ne change, sauf l'origine. Suspendue, la masse s'immobilise à un allongement statique xeˊq=mg/kx_{\text{éq}} = mg/k. En repérant la position à partir de cette nouvelle origine, le poids disparaît de l'équation : il est exactement compensé par la tension supplémentaire du ressort. On retrouve X¨+ω02X=0\ddot{X} + \omega_0^{2}X = 0 avec le même ω0=k/m\omega_0 = \sqrt{k/m}. La période d'un oscillateur vertical est celle de l'oscillateur horizontal ; seule la position d'équilibre a bougé. C'est un résultat contre-intuitif, et un classique d'oral.

---

Le pendule simple : un second oscillateur, sous condition. Une masse ponctuelle au bout d'un fil inextensible de longueur \ell, sans masse. En projetant la deuxième loi de Newton sur la direction orthoradiale, on obtient

θ¨+gsinθ=0.\ddot{\theta} + \frac{g}{\ell}\sin\theta = 0.

Cette équation n'est pas celle d'un oscillateur harmonique : sinθ\sin\theta n'est pas proportionnel à θ\theta. Mais le développement limité vu en mathématiques donne sinθ=θθ36+o(θ4)\sin\theta = \theta - \frac{\theta^{3}}{6} + o(\theta^{4}), donc pour de petits angles en radians :

θ¨+gθ0,ω0=g,T0=2πg.\ddot{\theta} + \frac{g}{\ell}\,\theta \approx 0, \qquad \omega_0 = \sqrt{\frac{g}{\ell}}, \qquad T_0 = 2\pi\sqrt{\frac{\ell}{g}}.

Deux remarques décisives. D'abord, la masse a disparu : la période d'un pendule ne dépend pas de la masse suspendue, seulement de sa longueur et du champ de pesanteur. Ensuite, l'approximation exige des radians — sinθθ\sin\theta \approx \theta est faux en degrés, et c'est une erreur qui se voit d'un facteur 5757.

Jusqu'où l'approximation tient-elle ? La période réelle croît avec l'amplitude. La formule de Borda, qu'on admet ici, en donne le premier terme correctif :

TT0(1+θ0216),θ0 en radians.T \approx T_0\left(1 + \frac{\theta_0^{2}}{16}\right), \qquad \theta_0 \text{ en radians}.

À θ0=10°=0,175\theta_0 = 10° = 0{,}175 rad, l'écart relatif vaut θ02/16=0,0019\theta_0^{2}/16 = 0{,}0019, soit +0,19 %+0{,}19\ \% : négligeable devant l'incertitude d'un chronométrage manuel. À 30°30°, il monte à 1,7 %1{,}7\ \% — mesurable. L'isochronisme n'est donc pas une loi de la nature : c'est une approximation dont on sait chiffrer le domaine de validité, et savoir le chiffrer vaut mieux que de la réciter.

Bloc 3 sur 7 · Exemple

Exemple guidé : un ressort, puis un pendule

Énoncé. Un chariot de masse m=0,250m = 0{,}250 kg glisse sans frottement sur un banc à coussin d'air horizontal, relié à un ressort de raideur k=25k = 25 N/m. On l'écarte de Xm=4,0X_m = 4{,}0 cm de sa position d'équilibre et on le lâche sans vitesse initiale, à l'instant t=0t = 0.

  1. Calculer la pulsation propre, la période propre et la fréquence propre.
  2. Calculer l'énergie mécanique et la vitesse maximale du chariot.
  3. En quelle position l'énergie cinétique est-elle égale à l'énergie potentielle ?
  4. Écrire x(t)x(t).
  5. On remplace le dispositif par un pendule simple de longueur =0,60\ell = 0{,}60 m, écarté de θ0=10°\theta_0 = 10°. Calculer sa période, puis l'écart à la formule des petits angles donné par la formule de Borda TT0(1+θ02/16)T \approx T_0(1 + \theta_0^{2}/16). On donne g=9,81g = 9{,}81 ms2\mathrm{m\cdot s^{-2}}.

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1. Les trois grandeurs du système.

ω0=km=250,250=100=10,0 rads1.\omega_0 = \sqrt{\frac{k}{m}} = \sqrt{\frac{25}{0{,}250}} = \sqrt{100} = 10{,}0\ \mathrm{rad\cdot s^{-1}}.
T0=2πω0=2π10,0=0,628 s,f0=1T0=1,59 Hz.T_0 = \frac{2\pi}{\omega_0} = \frac{2\pi}{10{,}0} = 0{,}628\ \mathrm{s}, \qquad f_0 = \frac{1}{T_0} = 1{,}59\ \mathrm{Hz}.

Contrôle d'homogénéité. kk en Nm1=kgs2\mathrm{N\cdot m^{-1}} = \mathrm{kg\cdot s^{-2}}, donc k/mk/m en s2\mathrm{s^{-2}} et sa racine en s1\mathrm{s^{-1}}. \checkmark Aucune de ces trois valeurs ne dépend de l'amplitude : elles sont fixées par le chariot et le ressort, un point c'est tout.

2. Énergie et vitesse maximale. L'amplitude en unités du système international vaut Xm=4,0×102X_m = 4{,}0 \times 10^{-2} m.

E=12kXm2=12×25×(4,0×102)2=12×25×1,6×103=2,0×102 J=20 mJ.E = \frac{1}{2}k X_m^{2} = \frac{1}{2}\times 25 \times (4{,}0\times10^{-2})^{2} = \frac{1}{2}\times 25 \times 1{,}6\times10^{-3} = 2{,}0\times10^{-2}\ \mathrm{J} = 20\ \mathrm{mJ}.
vmax=Xmω0=4,0×102×10,0=0,40 ms1.v_{\max} = X_m\,\omega_0 = 4{,}0\times10^{-2} \times 10{,}0 = 0{,}40\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}.

Contrôle par l'autre chemin. 12mvmax2=12×0,250×0,402=12×0,250×0,16=2,0×102\frac{1}{2}mv_{\max}^{2} = \frac{1}{2}\times0{,}250\times0{,}40^{2} = \frac{1}{2}\times0{,}250\times0{,}16 = 2{,}0\times10^{-2} J. On retrouve exactement EE. \checkmark Les deux expressions de l'énergie coïncident : c'est la conservation, vérifiée numériquement.

3. Le partage de l'énergie. On veut Ec=EpE_c = E_p, donc Ep=E/2E_p = E/2 :

12kx2=12×2,0×102    x2=2,0×10225=8,0×104    x=±2,8×102 m.\frac{1}{2}kx^{2} = \frac{1}{2}\times 2{,}0\times10^{-2} \implies x^{2} = \frac{2{,}0\times10^{-2}}{25} = 8{,}0\times10^{-4} \implies x = \pm 2{,}8\times10^{-2}\ \mathrm{m}.

Soit ±2,8\pm 2{,}8 cm, ce qui est bien Xm/2=4,0/1,414=2,83X_m/\sqrt{2} = 4{,}0/1{,}414 = 2{,}83 cm. \checkmark Le chariot passe donc quatre fois par période par une position où les deux énergies sont égales.

4. L'équation horaire. Le chariot est lâché sans vitesse depuis x0=+Xmx_0 = +X_m : l'amplitude est directement XmX_m, et la phase à l'origine est nulle, puisque cos(0)=1\cos(0) = 1 donne bien x(0)=Xmx(0) = X_m et v(0)=Xmω0sin(0)=0v(0) = -X_m\omega_0\sin(0) = 0.

x(t)=4,0×102cos ⁣(10,0t) (m),v(t)=0,40sin ⁣(10,0t) (ms1).x(t) = 4{,}0\times10^{-2}\,\cos\!\left(10{,}0\,t\right) \ \mathrm{(m)}, \qquad v(t) = -0{,}40\,\sin\!\left(10{,}0\,t\right) \ \mathrm{(m\cdot s^{-1})}.

5. Le pendule.

T0=2πg=2π0,609,81=2π6,116×102=2π×0,2473=1,554 s.T_0 = 2\pi\sqrt{\frac{\ell}{g}} = 2\pi\sqrt{\frac{0{,}60}{9{,}81}} = 2\pi\sqrt{6{,}116\times10^{-2}} = 2\pi \times 0{,}2473 = 1{,}554\ \mathrm{s}.

Sur dix oscillations, un chronomètre lirait environ 15,515{,}5 s — c'est ainsi qu'on mesure une période au laboratoire, pour diluer le temps de réaction sur dix mesures.

Correction de Borda. On convertit d'abord l'angle : θ0=10°=10×π180=0,1745\theta_0 = 10° = 10 \times \dfrac{\pi}{180} = 0{,}1745 rad. Alors

θ0216=(0,1745)216=3,046×10216=1,90×103,\frac{\theta_0^{2}}{16} = \frac{(0{,}1745)^{2}}{16} = \frac{3{,}046\times10^{-2}}{16} = 1{,}90\times10^{-3},

soit un écart relatif de +0,19 %\mathbf{+0{,}19\ \%}, et une période réelle T1,554×1,0019=1,557T \approx 1{,}554 \times 1{,}0019 = 1{,}557 s. L'écart, trois millisecondes, est très inférieur à l'incertitude d'un chronométrage manuel : à 10°10°, l'approximation des petits angles est excellente. À 30°30° en revanche, θ0=0,524\theta_0 = 0{,}524 rad et l'écart monterait à 1,7 %1{,}7\ \%, soit 2727 ms — parfaitement mesurable sur dix périodes.

Contrôle général. Quatre réflexes. (a) Convertir en unités du système international AVANT tout calcul — centimètres en mètres, degrés en radians. (b) Vérifier l'homogénéité de chaque racine carrée : m/km/k et /g\ell/g sont des temps au carré, k/mk/m et g/g/\ell des inverses de temps au carré. (c) Recalculer l'énergie par les deux chemins, cinétique au centre et potentielle au bord : elles doivent coïncider. (d) Se demander si la réponse dépend de l'amplitude : la période, non ; l'énergie et la vitesse maximale, oui.

Bloc 4 sur 7 · Visualiser

Visualiser : l'échange entre les deux énergies

Figure (fig.physics.harmonic-oscillator, SVG programmatique à produire) : trois bandes empilées, partageant le même axe des temps.

  • Bande du haut — le dispositif et ses positions remarquables. Un banc horizontal, un mur à gauche, un ressort dessiné en zigzag, un chariot. Trois vignettes côte à côte, à la même échelle : à gauche le chariot en x=+Xmx = +X_m, ressort étiré au maximum, flèche de force pointant vers le centre et légende « vitesse nulle, énergie toute potentielle » ; au centre le chariot en x=0x = 0, ressort à sa longueur naturelle, flèche de vitesse la plus longue et légende « force nulle, énergie toute cinétique » ; à droite le chariot en x=Xmx = -X_m, symétrique de la première. Une cote sous l'axe marque Xm/20,71XmX_m/\sqrt{2} \approx 0{,}71\,X_m avec la mention « ici, les deux énergies sont égales ».
  • Bande du milieu — les courbes horaires. Repère avec le temps en abscisse, gradué en fractions de T0T_0 (00, T0/4T_0/4, T0/2T_0/2, 3T0/43T_0/4, T0T_0), et deux courbes superposées dans des styles de trait distincts et étiquetées en toutes lettres : la position x(t)=Xmcos(ω0t)x(t) = X_m\cos(\omega_0 t) et la vitesse v(t)=Xmω0sin(ω0t)v(t) = -X_m\omega_0\sin(\omega_0 t), chacune avec sa propre échelle verticale annotée à gauche et à droite. Un quart de période est hachuré et légendé « la vitesse est en avance d'un quart de période sur la position ». La période T0T_0 est cotée entre deux maximums successifs.
  • Bande du bas — les énergies. Même axe des temps. Trois tracés : Ec(t)E_c(t), Ep(t)E_p(t), et leur somme, cette dernière en trait plein horizontal étiqueté « énergie mécanique constante ». Les deux premières sont des sinusoïdes de période T0/2T_0/2, en opposition, avec la mention explicite « chaque énergie oscille deux fois plus vite que la position ». Quatre points marqués sur l'axe des temps indiquent les instants où Ec=EpE_c = E_p, reliés par un trait fin à la cote 0,71Xm0{,}71\,X_m de la bande du haut.

Ce qu'il faut lire. Les trois bandes racontent le même mouvement dans trois langages : la géométrie du dispositif, les fonctions du temps, et le bilan d'énergie. Le décalage d'un quart de période entre position et vitesse explique pourquoi la vitesse est maximale là où la position est nulle ; le doublement de fréquence des énergies explique pourquoi il y a quatre instants par période où elles s'égalisent ; et la ligne horizontale de la somme est la conservation de l'énergie, rendue visible. Rien ici ne dépend de l'amplitude sauf les échelles verticales : agrandir XmX_m étire les courbes vers le haut sans jamais changer T0T_0.

La figure en détail : la figure superpose trois bandes qui partagent le même axe des temps. En haut, un chariot relié à un ressort horizontal est dessiné dans trois positions : écarté au maximum d'un côté, où sa vitesse est nulle et son énergie entièrement potentielle ; au centre, où la force de rappel est nulle et l'énergie entièrement cinétique ; puis écarté au maximum de l'autre côté. Une cote indique la position, à environ soixante et onze pour cent de l'amplitude, où les deux énergies sont égales. Au milieu, deux courbes du temps sont tracées dans des styles de trait différents et étiquetées en toutes lettres : la position, qui part de son maximum et oscille en cosinus, et la vitesse, qui part de zéro et oscille en sinus changé de signe ; la vitesse est en avance d'un quart de période sur la position, et la période est cotée entre deux maximums successifs. En bas, l'énergie cinétique et l'énergie potentielle sont tracées sur le même axe des temps : ce sont deux sinusoïdes en opposition, de période moitié de celle du mouvement, et leur somme est une droite horizontale qui matérialise la conservation de l'énergie mécanique.

Oscillateur harmonique : le chariot sur ressort, ses courbes horaires de position et de vitesse, et l'échange entre énergie cinétique et énergie potentielle — Trois bandes empilées. Bande du haut : trois vignettes à la même échelle (mur ha…

Bloc 5 sur 7 · Formules

Ce qu'il faut retenir

  • mx¨=kx    x¨+ω02x=0,ω0=kmm\ddot{x} = -kx \iff \ddot{x} + \omega_0^{2}x = 0, \qquad \omega_0 = \sqrt{\frac{k}{m}}
  • T0=2πω0=2πmk,f0=1T0=ω02πT_0 = \frac{2\pi}{\omega_0} = 2\pi\sqrt{\frac{m}{k}}, \qquad f_0 = \frac{1}{T_0} = \frac{\omega_0}{2\pi}
  • x(t)=Xmcos(ω0t+φ),v(t)=Xmω0sin(ω0t+φ)x(t) = X_m\cos(\omega_0 t + \varphi), \qquad v(t) = -X_m\,\omega_0\sin(\omega_0 t + \varphi)
  • E=12mv2+12kx2=12kXm2=constante,vmax=Xmω0E = \frac{1}{2}mv^{2} + \frac{1}{2}kx^{2} = \frac{1}{2}kX_m^{2} = \text{constante}, \qquad v_{\max} = X_m\,\omega_0
  • Ec=Ep    x=±Xm2E_c = E_p \iff x = \pm\frac{X_m}{\sqrt{2}}
  • pendule simple : θ¨+gsinθ=0  θ1  T0=2πg\text{pendule simple : } \ddot{\theta} + \frac{g}{\ell}\sin\theta = 0 \ \xrightarrow{\ \theta \ll 1\ } \ T_0 = 2\pi\sqrt{\frac{\ell}{g}}
Tableau : Grandeur, Expression, Unité, Dépend de l'amplitude ?
GrandeurExpressionUnitéDépend de l'amplitude ?
Pulsation propreω0=k/m\omega_0 = \sqrt{k/m}rads1\mathrm{rad\cdot s^{-1}}non
Période propreT0=2πm/kT_0 = 2\pi\sqrt{m/k}s\mathrm{s}non
Fréquence propref0=ω0/(2π)f_0 = \omega_0/(2\pi)Hz\mathrm{Hz}non
AmplitudeXm=x02+(v0/ω0)2X_m = \sqrt{x_0^{2} + (v_0/\omega_0)^{2}}m\mathrm{m}c'est elle
Phase à l'originetanφ=v0/(ω0x0)\tan\varphi = -v_0/(\omega_0 x_0), signe fixé par x0x_0rad\mathrm{rad}non
Énergie mécaniqueE=12kXm2E = \frac{1}{2}kX_m^{2}J\mathrm{J}oui, au carré
Vitesse maximalevmax=Xmω0v_{\max} = X_m\omega_0ms1\mathrm{m\cdot s^{-1}}oui
Pendule, périodeT0=2π/gT_0 = 2\pi\sqrt{\ell/g}s\mathrm{s}non, tant que θ0\theta_0 est petit

Les unités, et le contrôle qu'elles offrent. kk s'exprime en Nm1\mathrm{N\cdot m^{-1}}, c'est-à-dire kgs2\mathrm{kg\cdot s^{-2}} : le rapport m/km/k est donc en s2\mathrm{s^{2}}, et sa racine en secondes. Même contrôle pour le pendule, /g\ell/g en m/(ms2)=s2\mathrm{m}/(\mathrm{m\cdot s^{-2}}) = \mathrm{s^{2}}. Une période qui sort en s1\mathrm{s^{-1}} signale une racine à l'envers, avant même de regarder les chiffres. Les angles sont toujours en radians dès qu'ils entrent dans un sinus développé ou dans la formule de Borda.

Ce qui est donné, ce qui est su. Sont exigibles et jamais rappelés : ω0=k/m\omega_0 = \sqrt{k/m}, T0=2π/ω0T_0 = 2\pi/\omega_0, E=12kXm2E = \frac{1}{2}kX_m^{2}, sinθθ\sin\theta \approx \theta aux petits angles. Sont toujours donnés dans un énoncé : la valeur de gg, et la formule de Borda si on en a besoin.

Ce qui n'est pas dans cette leçon. L'amortissement et les trois régimes qu'il produit, traités dans la leçon suivante du cycle sur l'oscillateur amorti ; les oscillations forcées et la résonance ; le portrait de phase, les oscillateurs couplés ; et l'étude exacte du pendule aux grands angles, dont seule la première correction est citée pour chiffrer le domaine de validité.

Bloc 6 sur 7 · Pièges

Pièges fréquents

  1. Confondre pulsation et fréquence. ω0\omega_0 est en rads1\mathrm{rad\cdot s^{-1}}, f0f_0 en Hz\mathrm{Hz}, et ω0=2πf0\omega_0 = 2\pi f_0 : elles diffèrent d'un facteur 6,286{,}28. Dans l'exemple guidé, ω0=10,0 rads1\omega_0 = 10{,}0\ \mathrm{rad\cdot s^{-1}} tandis que f0=1,59f_0 = 1{,}59 Hz. Répondre « 1010 Hz » est une erreur de facteur 2π2\pi, et l'unité écrite l'aurait évitée.
  2. Écrire T0=2πk/mT_0 = 2\pi\sqrt{k/m}. C'est la racine inversée. Le contrôle est immédiat : k/mk/m est en s2\mathrm{s^{-2}}, sa racine en s1\mathrm{s^{-1}} — on obtiendrait une période en inverse de seconde. Retiens que la période augmente avec la masse.
  3. Appliquer la solution sinusoïdale au pendule pour de grands angles. L'équation exacte contient sinθ\sin\theta, pas θ\theta : elle n'est harmonique qu'après approximation. À 30°30°, la période réelle dépasse déjà T0T_0 de 1,7 %1{,}7\ \%. Toujours vérifier l'ordre de grandeur de θ0\theta_0 avant d'écrire 2π/g2\pi\sqrt{\ell/g}.
  4. Utiliser des degrés dans sinθθ\sin\theta \approx \theta ou dans la formule de Borda. L'approximation vient d'un développement limité, qui n'est valable qu'en radians. Écrire θ02/16\theta_0^{2}/16 avec θ0=10\theta_0 = 10 donnerait une correction de 625 %625\ \% au lieu de 0,19 %0{,}19\ \%.
  5. Croire que la période dépend de l'amplitude. Elle n'en dépend pas — c'est l'isochronisme, et c'est le contenu physique de la leçon. Ce qui dépend de l'amplitude, ce sont l'énergie (au carré) et la vitesse maximale (linéairement).
  6. Croire que la période d'un pendule dépend de la masse. La masse se simplifie dans l'équation du mouvement : seules \ell et gg interviennent. Un pendule de plomb et un pendule de liège de même longueur battent la même seconde — dans le vide.
  7. Penser qu'un ressort vertical oscille plus lentement. Le poids ne fait que déplacer la position d'équilibre, de mg/kmg/k ; en repérant depuis cette nouvelle origine, l'équation et donc ω0\omega_0 sont inchangés. La période est la même qu'à l'horizontale.
  8. Oublier de convertir les centimètres. Une amplitude de 4,04{,}0 cm vaut 4,0×1024{,}0\times10^{-2} m : dans E=12kXm2E = \frac{1}{2}kX_m^{2}, l'oubli fait une erreur de 10410^{4} sur l'énergie. Convertis avant, pas après.
  9. Confondre la période du mouvement et celle des énergies. EcE_c et EpE_p oscillent à T0/2T_0/2, pas à T0T_0 : lire une période sur une courbe d'énergie et l'appeler T0T_0 divise le résultat par deux.
  10. Déterminer φ\varphi par la seule tangente. tanφ\tan\varphi laisse deux valeurs possibles, distantes de π\pi. Il faut vérifier le signe de cosφ\cos\varphi à l'aide de x0x_0 — sans quoi on décrit un mouvement en opposition de phase avec le mouvement réel.

Bloc 7 sur 7 · Vérifier

Vérifier : la vitesse maximale d'un oscillateur

Le modèle d'entraînement. L'exercice associé à cette leçon tire un système masse-ressort ou un pendule et l'une de ces questions : période ou fréquence propre ; vitesse maximale ou énergie mécanique ; position où les deux énergies s'égalisent ; période d'un pendule, éventuellement donnée comme au laboratoire par « NN oscillations en Δt\Delta t » ; ou correction de grand angle par la formule de Borda, toujours fournie dans l'énoncé. La pulsation propre y est toujours une étape, jamais la réponse — précisément pour qu'on ne puisse pas la confondre avec une fréquence. Un modèle voisin, à choix multiples, propose quatre valeurs de même unité (le piège n° 1), ou six expressions en kk et mm dont une seule est homogène à une période (le piège n° 2), ou encore la phase à l'origine pour des conditions initiales tirées.

Énoncé type. Un mobile de masse m=0,500m = 0{,}500 kg glisse sans frottement sur un rail horizontal, relié à un ressort de raideur k=32,0k = 32{,}0 Nm1\mathrm{N\cdot m^{-1}}. On l'écarte de 3,03{,}0 cm de sa position d'équilibre et on le lâche sans vitesse initiale. Déterminer la vitesse maximale atteinte par le mobile, en ms1\mathrm{m\cdot s^{-1}}.

Corrigé complet.

1. Convertir. L'amplitude vaut Xm=3,0 cm=3,0×102X_m = 3{,}0\ \mathrm{cm} = 3{,}0\times10^{-2} m. La masse et la raideur sont déjà en unités du système international.

2. Calculer la pulsation propre.

ω0=km=32,00,500=64,0=8,00 rads1.\omega_0 = \sqrt{\frac{k}{m}} = \sqrt{\frac{32{,}0}{0{,}500}} = \sqrt{64{,}0} = 8{,}00\ \mathrm{rad\cdot s^{-1}}.

3. En déduire la vitesse maximale. Elle est atteinte au passage par la position d'équilibre, où toute l'énergie est cinétique :

vmax=Xmω0=3,0×102×8,00=0,24 ms1.v_{\max} = X_m\,\omega_0 = 3{,}0\times10^{-2} \times 8{,}00 = 0{,}24\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}.

Réponse : vmax=0,24 ms1v_{\max} = 0{,}24\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}.

4. Contrôle par l'énergie, chemin indépendant. L'énergie mécanique vaut

E=12kXm2=12×32,0×(3,0×102)2=12×32,0×9,0×104=1,44×102 J.E = \frac{1}{2}kX_m^{2} = \frac{1}{2}\times 32{,}0 \times (3{,}0\times10^{-2})^{2} = \frac{1}{2}\times32{,}0\times9{,}0\times10^{-4} = 1{,}44\times10^{-2}\ \mathrm{J}.

Au centre, cette énergie est entièrement cinétique :

vmax=2Em=2×1,44×1020,500=5,76×102=0,240 ms1. v_{\max} = \sqrt{\frac{2E}{m}} = \sqrt{\frac{2\times1{,}44\times10^{-2}}{0{,}500}} = \sqrt{5{,}76\times10^{-2}} = 0{,}240\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}. \ \checkmark

5. Contrôle de vraisemblance. La période vaut T0=2π/8,00=0,785T_0 = 2\pi/8{,}00 = 0{,}785 s : le mobile parcourt 4×3,0=124 \times 3{,}0 = 12 cm par période, soit une vitesse moyenne de 0,12/0,7850,15 ms10{,}12/0{,}785 \approx 0{,}15\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}. La vitesse maximale doit être supérieure à cette moyenne, et du même ordre : 0,24 ms10{,}24\ \mathrm{m\cdot s^{-1}} convient. Une réponse de 2,42{,}4 ou de 0,0240{,}024 aurait été écartée par ce seul raisonnement.

Auto-contrôle. Ai-je converti l'amplitude en mètres ? Ai-je écrit k/m\sqrt{k/m} et non m/k\sqrt{m/k} pour la pulsation ? Mon résultat porte-t-il l'unité ms1\mathrm{m\cdot s^{-1}} — et non rads1\mathrm{rad\cdot s^{-1}}, qui serait celle de ω0\omega_0 ? Et ai-je vérifié par le bilan d'énergie, qui n'emprunte pas le même chemin ?

L’exercice interactif de cette leçon attend la fin de sa relecture scientifique. L’énoncé type ci-dessus est complet : il se travaille tel quel.

Sources

  • BO spécial n°1 du 11 février 2021 — programme de physique-chimie de la classe de MPSI, partie « Oscillateur harmonique » (système masse-ressort, pulsation propre, solution sinusoïdale, énergie ; pendule simple et isochronisme des petites oscillations)
  • BO spécial n°1 du 11 février 2021 — programme de physique-chimie de la classe de PCSI, partie homologue sur l'oscillateur harmonique
  • D. Halliday, R. Resnick, J. Walker, Physique (3 vol.), Dunod — chapitre « Oscillations » (masse-ressort, énergie de l'oscillateur, pendule simple)

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