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Chimie · Première · 16 min de lecture

Spectroscopie UV-visible : doser par la lumière

Absorbance, spectre d'absorption, longueur d'onde au maximum, couleur perçue et couleur absorbée, A = ε ℓ C, dosage par étalonnage.

Chapitre du programme : Constitution et transformations de la matière

Bloc 1 sur 7 · Comprendre

Comprendre : la couleur vue, la couleur absorbée

Une solution de permanganate de potassium est violette ; une solution de sulfate de cuivre est bleue. En seconde, tu comparais l'intensité de ces teintes à l'œil, sur une échelle de solutions de concentrations connues. La première remplace l'œil par un instrument, le spectrophotomètre, et la comparaison par une loi.

Ce que fait une solution colorée. La lumière blanche contient toutes les radiations visibles, de 380380 nm (violet) à 780780 nm (rouge). Une espèce colorée en solution absorbe certaines radiations et laisse passer les autres ; c'est la lumière transmise que ton œil reçoit. La couleur d'une solution est donc la complémentaire de la couleur absorbée : le permanganate absorbe le vert (autour de 530530 nm) et paraît violet ; une solution qui absorbe le bleu paraît jaune. Une solution ne « contient » pas sa couleur — elle retire de la lumière blanche la couleur opposée.

L'absorbance. Le spectrophotomètre envoie dans la solution une lumière d'une seule longueur d'onde λ\lambda et compare l'intensité qui sort à celle qui entre. Il en tire l'absorbance AA, une grandeur sans unité : A=0A = 0 si toute la lumière traverse, AA d'autant plus grande que la solution absorbe. Le rapport intensité sortante sur intensité entrante s'appelle la transmittance ; l'absorbance en est une autre expression, qui a l'avantage de croître avec la quantité d'espèce absorbante — c'est elle qu'on exploite.

Le spectre d'absorption. Mesurer AA pour chaque λ\lambda du visible et tracer AA en fonction de λ\lambda donne le spectre d'absorption de l'espèce. Il présente en général un maximum, à une longueur d'onde notée λmax\lambda_{\max} : c'est là que la solution absorbe le plus, et c'est là qu'on se placera pour doser, parce que la mesure y est la plus sensible. Le spectre est une carte d'identité — deux espèces différentes n'ont pas le même — et la lecture de λmax\lambda_{\max} donne la couleur absorbée, donc la couleur perçue.

Loi de Beer-Lambert. À une longueur d'onde donnée, l'absorbance d'une solution est proportionnelle à la concentration CC de l'espèce absorbante et à la longueur \ell de solution traversée : A=εCA = \varepsilon \, \ell \, C, où ε\varepsilon est le coefficient d'absorption molaire de l'espèce à cette longueur d'onde.

Le coefficient ε\varepsilon dépend de l'espèce, de la longueur d'onde et du solvant ; il se lit dans une table ou se déduit d'un étalonnage, jamais de mémoire. La loi n'est valable que pour des solutions diluées : au-delà d'une absorbance de l'ordre de 11 à 1,51{,}5, la proportionnalité cesse, et une mesure hors de ce domaine ne peut pas être exploitée par la formule.

Bloc 2 sur 7 · Approfondir

Approfondir : de la loi au dosage par étalonnage

Lire la loi. A=εCA = \varepsilon \, \ell \, C relie quatre grandeurs. La cuve fixe \ell (le plus souvent 11 cm), la table ou l'étalonnage fixe ε\varepsilon ; il reste une proportionnalité entre AA et CC. Doubler la concentration double l'absorbance ; doubler l'épaisseur de cuve aussi. Les unités doivent être cohérentes : avec \ell en cm et CC en mol/L, ε\varepsilon s'exprime en Lmol1cm1\mathrm{L \cdot mol^{-1} \cdot cm^{-1}}, et AA est bien sans unité — le produit des trois unités se simplifie. La loi se retourne dans tous les sens : C=A/(ε)C = A / (\varepsilon \ell) pour doser, =A/(εC)\ell = A / (\varepsilon C) pour choisir une cuve.

Le domaine de validité. Beer-Lambert est une loi de solutions diluées, à une longueur d'onde fixée, pour une espèce absorbante unique. Trois conséquences pratiques. Un énoncé donne un seuil (souvent A1,5A \leqslant 1{,}5) : une absorbance de 2,42{,}4 ne se convertit pas en concentration, il faut diluer la solution et recommencer. On mesure à λmax\lambda_{\max}, où ε\varepsilon est le plus grand — la mesure y est la plus précise, et c'est à cette longueur d'onde que la table donne ε\varepsilon. Et si deux espèces absorbent à la même longueur d'onde, la loi ne sépare pas leurs contributions.

Le dosage par étalonnage. Le plus souvent, ε\varepsilon n'est pas connu, ou l'on préfère ne pas s'y fier. On prépare alors une gamme d'étalonnage : plusieurs solutions de l'espèce, de concentrations connues C1,C2,C_1, C_2, \ldots, dont on mesure les absorbances A1,A2,A_1, A_2, \ldots à λmax\lambda_{\max}, dans la même cuve. Les points (Ci,Ai)(C_i, A_i) s'alignent sur une droite passant par l'origine — c'est la loi de Beer-Lambert qui le garantit, et c'est aussi un test de sa validité : un point qui décroche signale la sortie du domaine linéaire. On mesure ensuite l'absorbance AA de la solution inconnue, et l'on lit sa concentration sur la droite — ou, ce qui revient au même, on calcule le coefficient de proportionnalité k=Ai/Cik = A_i / C_i (qui vaut ε\varepsilon \ell) et l'on écrit C=A/kC = A / k.

Pourquoi l'étalonnage vaut mieux que la formule. Il mesure ε\varepsilon \ell dans les conditions exactes du TP — même appareil, même cuve, même solvant, même température — et neutralise les écarts que la valeur tabulée ne connaît pas. En contrepartie, la concentration inconnue doit tomber dans la gamme : extrapoler au-delà du dernier point, c'est supposer que la droite continue, ce que rien ne prouve.

Ce que dose l'absorbance. La mesure porte sur l'espèce absorbante à la longueur d'onde choisie. Doser une solution de permanganate de potassium par spectrophotométrie, c'est mesurer la concentration en ions MnO4\mathrm{MnO_4^-} ; les ions potassium, incolores, n'y contribuent pas. Une espèce incolore ne se dose pas ainsi — sauf à la faire réagir pour former une espèce colorée, ce qui sort du cadre de la première.

Bloc 3 sur 7 · Exemple

Exemple guidé : doser des ions permanganate

Énoncé. Le spectre d'absorption d'une solution de permanganate de potassium présente un maximum à λmax=530\lambda_{\max} = 530 nm, où le coefficient d'absorption molaire des ions permanganate vaut ε=2300 Lmol1cm1\varepsilon = 2\,300\ \mathrm{L \cdot mol^{-1} \cdot cm^{-1}}. Une solution de concentration inconnue, placée dans une cuve de =1,0\ell = 1{,}0 cm, a une absorbance A=0,46A = 0{,}46 à 530530 nm. La loi de Beer-Lambert est vérifiée pour A1,5A \leqslant 1{,}5.

Questions. Quelle est la couleur de la solution ? Calculer sa concentration. Que ferait-on si l'absorbance mesurée avait été 2,42{,}4 ?

---

1. La couleur. La solution absorbe au maximum à 530530 nm, dans le vert. La couleur perçue est la complémentaire du vert : la solution paraît violette (magenta). Ce n'est pas la solution qui « est verte » : c'est le vert qui lui manque.

2. Vérifier le domaine de validité. A=0,461,5A = 0{,}46 \leqslant 1{,}5 : la mesure est dans le domaine linéaire, la loi s'applique.

3. Retourner la loi. A=εCA = \varepsilon \, \ell \, C donne C=AεC = \dfrac{A}{\varepsilon \, \ell}. Les unités : AA sans unité, ε\varepsilon en Lmol1cm1\mathrm{L \cdot mol^{-1} \cdot cm^{-1}}, \ell en cm — le résultat sort en mol/L, sans conversion.

4. Calculer.

C=0,462300×1,0=0,462300=2,0×104 mol/L.C = \frac{0{,}46}{2\,300 \times 1{,}0} = \frac{0{,}46}{2\,300} = 2{,}0 \times 10^{-4}\ \text{mol/L}.

Le quotient est un décimal exact : 0,46/2300=0,000200{,}46 / 2\,300 = 0{,}000\,20.

La solution contient C=2,0×104C = 2{,}0 \times 10^{-4} mol/L d'ions permanganate, avec deux chiffres significatifs comme l'absorbance.

5. Contrôler dans l'autre sens. εC=2300×1,0×2,0×104=0,46\varepsilon \, \ell \, C = 2\,300 \times 1{,}0 \times 2{,}0 \times 10^{-4} = 0{,}46 ✔. On peut aussi vérifier l'ordre de grandeur : les solutions dosées en spectrophotométrie sont très diluées, de 10510^{-5} à 10210^{-2} mol/L — une réponse de 0,20{,}2 mol/L aurait signalé une erreur de puissance de dix.

6. Si AA avait valu 2,42{,}4. La mesure est hors du domaine de linéarité : la formule donnerait 2,4/23001,0×1032{,}4 / 2\,300 \approx 1{,}0 \times 10^{-3} mol/L, mais rien ne garantit que AA soit encore proportionnelle à CC à cette absorbance. La bonne réponse est expérimentale : diluer la solution d'un facteur connu (par exemple 1010), mesurer l'absorbance de la solution diluée, en déduire sa concentration, puis multiplier par le facteur de dilution.

7. Variante par étalonnage. Si ε\varepsilon n'était pas donné, une gamme de quatre solutions à 0,500{,}50, 1,01{,}0, 1,51{,}5 et 2,0×1042{,}0 \times 10^{-4} mol/L aurait fourni A=0,115A = 0{,}115, 0,2300{,}230, 0,3450{,}345 et 0,4600{,}460 : un coefficient k=A/C=2300 L/molk = A / C = 2\,300\ \mathrm{L/mol} constant, et la même concentration C=0,46/2300C = 0{,}46 / 2\,300 pour l'inconnue — sans jamais avoir eu besoin de la table.

Bloc 4 sur 7 · Visualiser

La figure en détail

Figure (fig.chemistry.beer-lambert, SVG programmatique à produire) : trois panneaux, du principe de la mesure à la droite d'étalonnage.

  • Panneau de gauche — la cuve. Une source à gauche, étiquetée « lumière monochromatique, λ=λmax\lambda = \lambda_{\max} », un faisceau qui traverse une cuve rectangulaire de largeur cotée \ell, un détecteur à droite. Le faisceau entrant est dessiné épais, le faisceau sortant plus fin, avec la mention « ce qui manque a été absorbé ». Sous la cuve, le mot « absorbance AA — sans unité » et la loi A=εCA = \varepsilon \, \ell \, C.
  • Panneau du milieu — le spectre. Un graphique AA en fonction de λ\lambda (de 380380 à 780780 nm), avec la courbe d'absorption des ions permanganate : un maximum arrondi vers 530530 nm, marqué par une ligne verticale en tirets et l'étiquette « λmax=530\lambda_{\max} = 530 nm ». Sous l'axe des longueurs d'onde, une bande représentant le spectre visible, distinguée par des textures autant que par des teintes ; au-dessus du maximum, une flèche vers un petit disque « absorbé : vert », et à côté un second disque « perçu : violet (complémentaire) ». Les deux disques sont reliés par une double flèche portant « couleurs complémentaires ».
  • Panneau de droite — l'étalonnage. Un graphique AA en fonction de CC : quatre points de la gamme, alignés sur une droite passant par l'origine, prolongée en tirets au-delà du dernier point avec la mention « ne pas extrapoler ». Une ligne horizontale part de l'ordonnée A=0,46A = 0{,}46 (la mesure), rejoint la droite, puis descend en pointillés vers l'abscisse C=2,0×104C = 2{,}0 \times 10^{-4} mol/L. Une zone hachurée au-dessus de A=1,5A = 1{,}5 porte « hors domaine de linéarité : diluer ».
  • Cartouche du bas. « Pente de la droite =ε= \varepsilon \, \ell ; l'inconnue se lit sur la droite, dans la gamme ».

Ce qu'il faut lire. De gauche à droite, la figure raconte la mesure : on choisit λmax\lambda_{\max} sur le spectre (panneau du milieu), on mesure AA dans une cuve d'épaisseur connue (panneau de gauche), on convertit AA en concentration par la droite d'étalonnage (panneau de droite). Les deux disques du milieu sont le rappel anti-piège : la couleur lue sur le spectre est la couleur absorbée, et la solution montre l'autre.

La figure en détail : à gauche, une source lumineuse, un faisceau épais qui entre dans une cuve rectangulaire dont la largeur est cotée, un faisceau plus fin qui en ressort vers un détecteur, avec la mention que ce qui manque a été absorbé. Au centre, un graphique de l'absorbance en fonction de la longueur d'onde, de trois cent quatre-vingts à sept cent quatre-vingts nanomètres : une bosse arrondie culmine vers cinq cent trente nanomètres, marquée d'une ligne verticale en tirets ; sous l'axe, une bande représente le spectre visible avec des textures ; au-dessus du maximum, deux petits disques reliés par une double flèche, l'un pour la couleur absorbée, le vert, l'autre pour la couleur perçue, le violet. À droite, un graphique de l'absorbance en fonction de la concentration : quatre points alignés sur une droite qui passe par l'origine, prolongée en tirets au-delà du dernier point avec la mention de ne pas extrapoler ; une ligne horizontale part de l'absorbance mesurée, zéro virgule quarante-six, touche la droite, puis descend en pointillés vers la concentration cherchée ; une zone hachurée au-dessus de un virgule cinq porte la consigne de diluer.

Loi de Beer-Lambert : la mesure dans la cuve, le spectre d'absorption des ions permanganate, la droite d'étalonnage — Trois panneaux. Panneau de gauche, la cuve : une source à gauche étiquetée lumière monochromatique, λ = λ_max ;…

Bloc 5 sur 7 · Formules

Ce qu'il faut retenir

  • A=εC(A sans uniteˊ, ε en Lmol1cm1,  en cm, C en mol/L)A = \varepsilon \, \ell \, C \qquad (A \text{ sans unité},\ \varepsilon \text{ en } \mathrm{L \cdot mol^{-1} \cdot cm^{-1}},\ \ell \text{ en cm},\ C \text{ en mol/L})
  • C=Aεvalable si A est dans le domaine de lineˊariteˊC = \frac{A}{\varepsilon \, \ell} \qquad \text{valable si } A \text{ est dans le domaine de linéarité}
  • gamme d’eˊtalonnage:Ai=kCiC=Ak(k=ε)\text{gamme d'étalonnage} : A_i = k \, C_i \quad \Rightarrow \quad C = \frac{A}{k} \qquad (k = \varepsilon \, \ell)
  • couleur perc¸ue=compleˊmentaire de la couleur absorbeˊaˋ λmax\text{couleur perçue} = \text{complémentaire de la couleur absorbée à } \lambda_{\max}
Tableau : Notion, Énoncé, Domaine de validité
NotionÉnoncéDomaine de validité
Absorbance AAgrandeur sans unité, croît avec la quantité d'espèce absorbantemesurée à une longueur d'onde donnée
Spectre d'absorptionAA en fonction de λ\lambda ; maximum en λmax\lambda_{\max}propre à chaque espèce
Couleur perçuecomplémentaire de la couleur absorbéeespèce absorbant dans le visible
Loi de Beer-LambertA=εCA = \varepsilon \, \ell \, Csolutions diluées, λ\lambda fixée, une seule espèce absorbante
Coefficient ε\varepsilondépend de l'espèce, de λ\lambda, du solvantdonné, jamais calculé de tête
Dosage par étalonnagedroite A=kCA = k\,C par l'origine, lecture de l'inconnuedans la gamme, jamais au-delà
Hors domaineAA trop grande : la loi ne s'applique plusdiluer, puis remesurer

Les unités. AA n'a pas d'unité ; la transmittance non plus. Avec ε\varepsilon en Lmol1cm1\mathrm{L \cdot mol^{-1} \cdot cm^{-1}} et \ell en cm, CC sort directement en mol/L. Une cuve de 1010 mm est une cuve de 11 cm.

Les couleurs complémentaires (cercle chromatique à six secteurs) : violet ↔ jaune-vert, bleu ↔ jaune, vert ↔ magenta, et réciproquement. Elles se lisent sur le cercle, pas de mémoire.

Vers la suite. La spectroscopie infrarouge, leçon suivante, utilise le même principe — une absorption sélective — mais pour identifier des groupes d'atomes plutôt que pour doser. En terminale, l'absorbance servira à suivre l'évolution d'une réaction au cours du temps.

Bloc 6 sur 7 · Pièges

Pièges fréquents

  1. Donner à la solution la couleur qu'elle absorbe. Le spectre montre ce que la solution retire de la lumière blanche ; ce que l'œil voit, c'est le reste. Le permanganate absorbe le vert et paraît violet. La question « quelle est sa couleur ? » se résout en deux temps : lire λmax\lambda_{\max}, puis prendre la complémentaire.
  2. Appliquer la loi hors de son domaine de linéarité. Au-delà du seuil donné (souvent 1,51{,}5), l'absorbance n'est plus proportionnelle à la concentration ; la formule donne un nombre, mais ce nombre est faux. La réponse est de diluer et de remesurer, pas de calculer.
  3. Donner une unité à l'absorbance. AA est un nombre sans unité, comme la transmittance. Écrire « A=0,46A = 0{,}46 mol/L » ou « 0,460{,}46 cm » trahit une confusion sur ce que mesure l'appareil.
  4. Confondre absorbance et transmittance. Les deux décrivent la même mesure, mais en sens inverse : la transmittance vaut 11 pour une solution qui laisse tout passer, l'absorbance vaut 00. C'est l'absorbance qui est proportionnelle à la concentration, et elle seule entre dans Beer-Lambert.
  5. Mélanger les unités de ε\varepsilon, \ell et CC. Si ε\varepsilon est en Lmol1cm1\mathrm{L \cdot mol^{-1} \cdot cm^{-1}}, \ell doit être en cm et CC en mol/L — pas en mm ni en g/L. Une cuve de 1010 mm vaut 11 cm ; une concentration massique doit être convertie par la masse molaire.
  6. Extrapoler la droite d'étalonnage. La droite n'est connue qu'entre le premier et le dernier point de la gamme. Une absorbance supérieure à celle du dernier étalon ne se lit pas : il faut diluer l'inconnue, ou compléter la gamme.
  7. Croire que l'absorbance mesure « la solution ». Elle mesure l'espèce qui absorbe à la longueur d'onde choisie. Les ions incolores, le solvant, un autre soluté transparent à λmax\lambda_{\max} n'y contribuent pas ; à l'inverse, une seconde espèce colorée fausserait le dosage.
  8. Se tromper de puissance de dix. Les concentrations dosées sont petites (10510^{-5} à 10210^{-2} mol/L). Un résultat de 0,20{,}2 ou de 2×1072 \times 10^{-7} mol/L doit déclencher une vérification du calcul de A/(ε)A / (\varepsilon \ell) — le contrôle inverse, εC\varepsilon \, \ell \, C, doit redonner AA.

Bloc 7 sur 7 · Vérifier

Vérifier : appliquer la loi de Beer-Lambert

Le modèle d'entraînement. L'exercice associé à cette leçon tire une espèce colorée réelle — ions permanganate à 530530 nm, ions cuivre (II) hydratés dont le maximum est à 810810 nm, dans le proche infrarouge — avec son coefficient ε\varepsilon donné, et demande l'absorbance, la concentration ou l'épaisseur de cuve ; ou bien il présente une gamme d'étalonnage sous forme de table (Ci,Ai)(C_i, A_i) et demande la concentration d'une solution d'absorbance mesurée. Toute absorbance servie est dans le domaine de linéarité. Un modèle voisin, à choix multiples, fait travailler la couleur perçue, la conduite à tenir hors domaine et la distinction absorbance-transmittance.

Énoncé type. Une gamme d'étalonnage d'ions cuivre (II) est mesurée à 810810 nm dans une cuve de 1,01{,}0 cm.

Tableau : C (mol/L), 0{,}020, 0{,}040, 0{,}060, 0{,}080
CC (mol/L)0,0200{,}0200,0400{,}0400,0600{,}0600,0800{,}080
AA0,240{,}240,480{,}480,720{,}720,960{,}96

Une solution inconnue a une absorbance A=0,60A = 0{,}60 dans les mêmes conditions. Déterminer sa concentration.

Corrigé complet.

1. Vérifier la proportionnalité. 0,24/0,020=120{,}24 / 0{,}020 = 12 ; 0,48/0,040=120{,}48 / 0{,}040 = 12 ; 0,72/0,060=120{,}72 / 0{,}060 = 12 ; 0,96/0,080=120{,}96 / 0{,}080 = 12. Le rapport A/CA / C est constant : les points sont alignés sur une droite passant par l'origine, de coefficient k=12 L/molk = 12\ \mathrm{L/mol} — c'est la loi de Beer-Lambert, avec k=εk = \varepsilon \, \ell.

2. Situer la mesure. A=0,60A = 0{,}60 est comprise entre 0,480{,}48 et 0,720{,}72 : l'inconnue est dans la gamme, la lecture est légitime.

3. Calculer.

C=Ak=0,6012=0,050 mol/L.C = \frac{A}{k} = \frac{0{,}60}{12} = 0{,}050\ \text{mol/L}.

La solution inconnue contient C=5,0×102C = 5{,}0 \times 10^{-2} mol/L d'ions cuivre (II).

4. Contrôler. 12×0,050=0,6012 \times 0{,}050 = 0{,}60 ✔, et 0,0500{,}050 mol/L est bien entre 0,0400{,}040 et 0,0600{,}060, comme 0,600{,}60 est entre 0,480{,}48 et 0,720{,}72. Au passage, k=εk = \varepsilon \, \ell avec =1,0\ell = 1{,}0 cm donne ε=12 Lmol1cm1\varepsilon = 12\ \mathrm{L \cdot mol^{-1} \cdot cm^{-1}} : les ions cuivre (II) absorbent très peu, ce qui explique que leur gamme soit cent fois plus concentrée que celle du permanganate.

Auto-contrôle. Trois questions avant de rendre. Ai-je vérifié que l'absorbance est dans le domaine de linéarité — et dans la gamme, s'il y a une gamme ? Mes unités sont-elles cohérentes (\ell en cm, CC en mol/L, AA sans unité) ? Et si l'on me demande une couleur, ai-je pris la complémentaire de celle qui est absorbée ?

Sources

  • BO spécial n°1 du 22 janvier 2019 — programme de spécialité physique-chimie de première générale, « Constitution et transformations de la matière : dosage par étalonnage — spectroscopie UV-visible, absorbance, spectre d'absorption, loi de Beer-Lambert »
  • P. Atkins, J. de Paula, Chimie physique, De Boeck — loi de Beer-Lambert, coefficient d'absorption molaire (données de l'ion permanganate)
  • E. Hecht, Physique, De Boeck, chap. « La lumière et la couleur » — couleurs complémentaires, absorption sélective

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