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Chimie · Seconde · 10 min de lecture

Le tableau périodique : un classement qui prédit

Périodes et colonnes, classement par Z croissant, lien colonne / électrons de valence, position d'un élément à partir de sa configuration.

Chapitre du programme : Constitution et transformations de la matière

Bloc 1 sur 7 · Comprendre

Comprendre : lignes et colonnes ont un sens

Tu sais maintenant écrire la configuration électronique d'un atome. Le tableau périodique des éléments — l'immense affiche des salles de chimie — n'est rien d'autre que cette information mise en tableau pour tous les éléments à la fois.

Sa règle de construction moderne tient en une phrase :

Les éléments sont rangés par numéro atomique ZZ croissant, de gauche à droite et de haut en bas, et l'on revient à la ligne chaque fois qu'une nouvelle couche électronique commence à se remplir.

Ce retour à la ligne donne au tableau sa structure :

  • une ligne du tableau s'appelle une période. Tous les éléments d'une même période remplissent la même couche externe : le numéro de la période est le numéro nn de cette couche. Première période : hydrogène et hélium (couche n=1n = 1) ; deuxième période : du lithium au néon (couche n=2n = 2) ; troisième période : du sodium à l'argon (couche n=3n = 3) ;
  • une colonne regroupe des éléments qui ont le même nombre d'électrons de valence. Le tableau complet compte 18 colonnes, numérotées de 1 à 18.

La conséquence fait toute la puissance du tableau : les propriétés chimiques d'un atome dépendant de ses électrons de valence, les éléments d'une même colonne ont des propriétés chimiques voisines. La leçon suivante donnera des noms à ces colonnes remarquables — les familles chimiques.

Une précision de vocabulaire : chaque case du tableau porte un élément (défini par son ZZ, comme on l'a vu avec les isotopes), pas un atome particulier. Le carbone 12 et le carbone 14 occupent la même case.

Bloc 2 sur 7 · Approfondir

Approfondir : situer un élément par le calcul

Le programme de seconde demande de savoir retrouver la position d'un élément (Z18Z \leqslant 18) à partir de sa configuration électronique — jamais de mémoriser le tableau. Deux lectures suffisent.

Le numéro de période est le plus grand numéro de couche nn qui apparaît dans la configuration. Pour le phosphore, 1s22s22p63s23p31s^{2}\,2s^{2}\,2p^{6}\,3s^{2}\,3p^{3} : la couche n=3n = 3 est occupée, l'élément est en période 3.

Le numéro de colonne se déduit du nombre vv d'électrons de valence :

  • si la couche externe ne contient qu'une sous-couche ss (v2v \leqslant 2) : l'élément est dans la colonne vv (colonnes 1 et 2, dites du bloc s) ;
  • si la couche externe contient une sous-couche pp : l'élément est dans la colonne 10+v10 + v (colonnes 13 à 18, dites du bloc p ; les colonnes 3 à 12, vides sur les trois premières périodes, sont réservées à des éléments étudiés plus tard).

Pour le phosphore : v=2+3=5v = 2 + 3 = 5 électrons de valence, couche externe avec une sous-couche pp, donc colonne 10+5=1510 + 5 = 15.

L'exception à connaître : l'hélium. Sa configuration est 1s21s^{2}, soit 2 électrons de valence ; la règle du bloc s le placerait colonne 2. Il est pourtant rangé colonne 18, avec les gaz nobles, parce que sa couche externe est saturée : le classement privilégie la parenté chimique (inertie des gaz nobles) sur le simple décompte. L'hydrogène, à l'inverse, occupe la colonne 1 par sa configuration 1s11s^{1}, mais nous verrons qu'il n'en partage pas les propriétés.

Et historiquement ? Dmitri Mendeleïev publia en 1869 un classement par masse atomique croissante, en laissant des cases vides pour des éléments alors inconnus — dont il prédit les propriétés avec succès. Le classement moderne par ZZ croissant, permis par la découverte du noyau, corrige les quelques inversions du classement par masse et fonde le tableau sur la vraie carte d'identité de l'élément.

Bloc 3 sur 7 · Exemple

Exemple guidé : situer l'aluminium et lire une colonne

Situer l'aluminium (Z=13Z = 13) dans le tableau périodique.

1. Configuration électronique. L'atome neutre possède 13 électrons :

1s22s22p63s23p1.1s^{2}\,2s^{2}\,2p^{6}\,3s^{2}\,3p^{1}.

Contrôle : 2+2+6+2+1=13=Z2 + 2 + 6 + 2 + 1 = 13 = Z.

2. Période. La couche occupée de plus grand numéro est n=3n = 3 : l'aluminium est en période 3.

3. Colonne. Électrons de valence : v=2+1=3v = 2 + 1 = 3 (sous-couches 3s3s et 3p3p). La couche externe comporte une sous-couche pp, donc colonne 10+v=10+3=10 + v = 10 + 3 = colonne 13.

Le raisonnement inverse — de la position vers la configuration — fonctionne aussi. Quel élément occupe la période 2, colonne 16 ?

1. Période 2 : la couche externe est n=2n = 2. 2. Colonne 16, bloc p : v=1610=6v = 16 - 10 = 6 électrons de valence, répartis 2s22p42s^{2}\,2p^{4}. 3. La configuration complète est 1s22s22p41s^{2}\,2s^{2}\,2p^{4}, soit Z=2+2+4=8Z = 2 + 2 + 4 = 8 : c'est l'oxygène.

4. Lecture chimique. Le soufre, situé juste sous l'oxygène (période 3, colonne 16, v=6v = 6 lui aussi), a des propriétés chimiques voisines : même nombre d'électrons de valence, même chimie d'ensemble. C'est cette lecture verticale que la prochaine leçon systématise.

Bloc 4 sur 7 · Visualiser

Visualiser : les 18 premiers éléments en tableau

Figure (fig.chemistry.periodic-table-organization, SVG programmatique à produire) : le tableau périodique réduit à ses trois premières périodes (Z18Z \leqslant 18), annoté pour montrer sa logique.

  • La grille. Trois lignes de cases : H et He en première ligne (He aligné à droite, colonne 18) ; Li → Ne en deuxième ; Na → Ar en troisième. Les colonnes 1, 2 et 13 à 18 sont matérialisées ; l'espace vide des colonnes 3 à 12 est représenté par un intervalle grisé rétréci portant la mention « colonnes 3–12 : remplies à partir de la période 4 ». Chaque case affiche le symbole en grand, ZZ en haut à gauche, et le nombre d'électrons de valence en bas, dans un petit cartouche.
  • Lecture des lignes. À gauche de chaque période, une étiquette : « période 1 — couche n=1n = 1 », « période 2 — couche n=2n = 2 », « période 3 — couche n=3n = 3 ». Une flèche horizontale sous la période 3 suit les ZZ croissants de 11 à 18.
  • Lecture des colonnes. Au-dessus des colonnes 1, 2 et 13 à 18, le numéro de colonne et le décompte : « 1 él. de valence », « 2 él. », puis « 3 él. » à « 8 él. ». La colonne 1 et la colonne 17 sont encadrées d'un trait épais continu ; la colonne 18 d'un trait double.
  • Les deux cas particuliers. La case He porte un renvoi : « 2 électrons de valence mais couche saturée : rangé avec les gaz nobles ». La case H porte : « colonne 1 par sa configuration, chimie à part ».
  • Encadré de bas de figure. Le trajet du remplissage superposé à la grille : 1s1s (période 1) → 2s2s, 2p2p (période 2) → 3s3s, 3p3p (période 3), chaque segment étiqueté par sa sous-couche.

Ce qu'il faut lire. Le tableau n'est pas une liste à mémoriser mais une grille de calcul : la ligne se lit sur le plus grand nn de la configuration, la colonne sur le nombre d'électrons de valence. L'intervalle grisé rappelle qu'entre la colonne 2 et la colonne 13 il ne « manque » rien sur trois périodes — la numérotation saute de 2 à 13 parce que les colonnes intermédiaires appartiennent à des périodes plus profondes du tableau complet.

Tableau periodique reduit aux trois premieres periodes (Z de 1 a 18) : periodes, colonnes et trajet de remplissage — Une grille de trois lignes. Premiere ligne : H en colonne 1 et He en colonne 18.

Bloc 5 sur 7 · Formules

Règles de position à retenir

  • numeˊro de peˊriode=nmax (plus grande couche occupeˊe)\text{numéro de période} = n_{\max} \ \text{(plus grande couche occupée)}
  • colonne=vsi la couche externe est en s (v2)\text{colonne} = v \quad \text{si la couche externe est en } s\ (v \leqslant 2)
  • colonne=10+vsi la couche externe contient une sous-couche p\text{colonne} = 10 + v \quad \text{si la couche externe contient une sous-couche } p
  • He:1s2colonne 18 (exception : couche satureˊe)\text{He} : 1s^{2} \rightarrow \text{colonne } 18 \ \text{(exception : couche saturée)}
Tableau : Lecture, Ce qu'on lit, Exemple
LectureCe qu'on litExemple
Période (ligne)numéro nn de la couche externephosphore 3s23p3\ldots 3s^{2}3p^{3} : période 3
Colonne 1–2 (bloc s)vv électrons de valence, couche externe en ssmagnésium 3s2\ldots 3s^{2} : colonne 2
Colonne 13–18 (bloc p)colonne =10+v= 10 + vchlore 3s23p5\ldots 3s^{2}3p^{5}, v=7v = 7 : colonne 17
Même colonnemême vv, propriétés chimiques voisinesO et S (colonne 16, v=6v = 6)

Domaine de validité. Ces règles couvrent les 18 premiers éléments, cadre du programme de seconde. L'hélium fait exception (colonne 18 malgré v=2v = 2). Au-delà de Z=18Z = 18, le remplissage des sous-couches dd complique la correspondance : hors programme.

Bloc 6 sur 7 · Pièges

Pièges fréquents

  1. Croire que le tableau est classé par masse. Le critère de classement moderne est le numéro atomique ZZ — le nombre de protons — pas la masse. Le classement historique de Mendeleïev par masse donnait presque le même ordre, mais avec des inversions que le classement par ZZ a corrigées ; c'est bien ZZ qui augmente de 1 à chaque case.
  2. Confondre numéro de période et nombre d'électrons de valence. La période donne le numéro de couche (nn), la colonne donne le nombre d'électrons de cette couche (vv). Le sodium (période 3, colonne 1) a 1 électron de valence sur la couche n=3n = 3 — pas 3 électrons de valence.
  3. Croire que deux éléments d'une même période se ressemblent chimiquement. C'est la colonne qui rapproche les propriétés, pas la ligne. Le sodium et le chlore, voisins de période 3, ont des chimies opposées (v=1v = 1 contre v=7v = 7) ; le chlore ressemble au fluor, situé juste au-dessus de lui.
  4. Oublier le saut de numérotation entre les colonnes 2 et 13. Après la colonne 2, le bore (v=3v = 3) est en colonne 13, pas en colonne 3 : la formule du bloc p est 10+v10 + v. Placer l'aluminium « colonne 3 » est l'erreur de numérotation la plus fréquente.
  5. Appliquer la règle du bloc s à l'hélium. 1s21s^{2} donne v=2v = 2, mais l'hélium n'est pas colonne 2 : sa couche externe est pleine, il est rangé colonne 18 avec les gaz nobles. C'est l'unique exception à retenir en seconde.

Bloc 7 sur 7 · Vérifier

Vérifier : période et colonne d'un élément

Exercice type — celui que produit le modèle d'entraînement associé à cette leçon : à partir du numéro atomique ou de la configuration électronique d'un élément (3Z183 \leqslant Z \leqslant 18), retrouver son numéro de période ou de colonne.

Énoncé. Un élément a pour configuration électronique 1s22s22p63s23p51s^{2}\,2s^{2}\,2p^{6}\,3s^{2}\,3p^{5}.

  1. Dans quelle période du tableau périodique se trouve-t-il ?
  2. Dans quelle colonne ?
  3. De quel élément s'agit-il ?

Corrigé.

  1. La couche occupée de plus grand numéro est n=3n = 3 : période 3.
  2. Électrons de valence : v=2+5=7v = 2 + 5 = 7 (sous-couches 3s3s et 3p3p). La couche externe contient une sous-couche pp : colonne 10+7=10 + 7 = 17.
  3. La somme des exposants donne Z=2+2+6+2+5=17Z = 2 + 2 + 6 + 2 + 5 = 17 : c'est le chlore.

Auto-contrôle : une colonne du bloc p est toujours comprise entre 13 et 18 — un résultat comme « colonne 7 » signale l'oubli du +10+\,10 ; et le numéro de période ne peut pas dépasser 3 tant que Z18Z \leqslant 18.

Sources

  • BO spécial n°1 du 22 janvier 2019 — programme de physique-chimie de seconde générale et technologique, « Constitution et transformations de la matière : vers des entités plus stables — tableau périodique » (classement par numéro atomique croissant, périodes, colonnes, position et configuration électronique)
  • S. Zumdahl, S. Zumdahl, Chimie générale, De Boeck, chap. « Structure de l'atome et périodicité » — construction du tableau et périodicité des propriétés
  • P. Atkins, J. de Paula, Chimie physique, De Boeck — structure électronique et classification périodique des éléments

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