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Chimie · Licence 1 · 17 min de lecture

Orbitales moléculaires des diatomiques de la 2e période

Décrire une liaison là où le modèle de Lewis échoue. Recouvrement de deux orbitales atomiques de valence et construction d'une orbitale moléculaire liante et d'une orbitale antiliante ; recouvrement axial (orbitales de type sigma) et recouvrement latéral (orbitales de type pi, doublement dégénérées) ; diagramme d'énergie des diatomiques de la deuxième période et remplissage par les électrons de VALENCE seuls, selon le principe d'exclusion et la règle de Hund. Ordre de liaison défini comme la demi-différence entre le nombre d'électrons occupant des orbitales liantes et celui des électrons occupant des orbitales antiliantes ; lecture de la stabilité, de la longueur et de l'énergie de liaison sur cet ordre. Prévision du caractère magnétique : une espèce est paramagnétique si son diagramme laisse au moins un électron célibataire, diamagnétique sinon — c'est le paramagnétisme du dioxygène, que Lewis ne prévoit pas. Raisonnement par espèces ISOÉLECTRONIQUES : deux espèces qui comptent le même nombre d'électrons de valence ont le même ordre de liaison et le même comportement magnétique, ce qui permet de traiter un ion à partir de la molécule neutre correspondante.

Chapitre du programme : Chimie générale et organique

Bloc 1 sur 7 · Comprendre

Comprendre : là où Lewis se trompe

Le modèle de Lewis représente le dioxygène par O=O\mathrm{O{=}O} : une double liaison, deux doublets non liants sur chaque oxygène, tous les électrons appariés. Or le dioxygène liquide est attiré par un aimant : il est paramagnétique, ce qui exige des électrons célibataires. Lewis ne peut pas le prévoir. Le modèle des orbitales moléculaires le prévoit — et c'est pour cela qu'on l'apprend.

Une orbitale moléculaire est une combinaison d'orbitales atomiques. Quand deux atomes se rapprochent, leurs orbitales de valence se recouvrent. Deux orbitales atomiques donnent deux orbitales moléculaires : une combinaison en phase, où la densité électronique s'accumule entre les noyaux — l'orbitale liante, d'énergie plus basse que les orbitales atomiques de départ — et une combinaison en opposition de phase, avec un plan nodal entre les noyaux — l'orbitale antiliante, d'énergie plus haute, notée avec une étoile. Le nombre d'orbitales est conservé : 22 orbitales atomiques donnent 22 orbitales moléculaires, jamais une seule.

Sigma et pi. Prenons l'axe internucléaire comme axe zz.

  • Deux orbitales 2s2s se recouvrent axialement : elles donnent σ2s\sigma_{2s} (liante) et σ2s\sigma_{2s}^{*} (antiliante).
  • Deux orbitales 2pz2p_z, pointées l'une vers l'autre, se recouvrent aussi axialement : σ2p\sigma_{2p} et σ2p\sigma_{2p}^{*}.
  • Les orbitales 2px2p_x et 2py2p_y, perpendiculaires à l'axe, se recouvrent latéralement : elles donnent des orbitales π\pi, avec un plan nodal contenant l'axe. Comme pxp_x et pyp_y jouent le même rôle, les orbitales π2p\pi_{2p} sont doublement dégénérées — deux orbitales de même énergie — et de même π2p\pi_{2p}^{*}. Au total, les huit orbitales atomiques de valence (2s2s, 2px2p_x, 2py2p_y, 2pz2p_z sur chaque atome) donnent huit orbitales moléculaires réparties sur six niveaux d'énergie.

Le diagramme, et son ordre. Par énergie croissante, pour le dioxygène et le difluor :

σ2s<σ2s<σ2p<π2p<π2p<σ2p.\sigma_{2s} < \sigma_{2s}^{*} < \sigma_{2p} < \pi_{2p} < \pi_{2p}^{*} < \sigma_{2p}^{*}.

Pour les diatomiques du début de la période (de Li2\mathrm{Li_2} à N2\mathrm{N_2}), l'interaction entre orbitales 2s2s et 2p2p — plus proches en énergie pour les atomes légers — relève σ2p\sigma_{2p} au-dessus de π2p\pi_{2p} :

σ2s<σ2s<π2p<σ2p<π2p<σ2p.\sigma_{2s} < \sigma_{2s}^{*} < \pi_{2p} < \sigma_{2p} < \pi_{2p}^{*} < \sigma_{2p}^{*}.

Retiens l'existence de cette inversion, et retiens surtout ceci : pour toute espèce ayant de dix à quatorze électrons de valence, les quatre niveaux du bas sont pleins dans les deux ordres, et rien de ce que l'on calcule ici n'en dépend. Les exercices de ce chapitre restent dans cette plage ; l'énoncé donne toujours l'ordre à utiliser.

Remplir. On place les électrons de valence seuls — jamais ceux de cœur, qui restent dans des orbitales 1s1s inchangées — par énergie croissante, deux par orbitale au plus (Pauli), et dans un niveau dégénéré un électron par orbitale avant d'apparier (Hund). Le nombre d'électrons de valence d'une espèce est la somme des électrons de valence des atomes, moins la charge : un cation en a un de moins que la molécule neutre, un anion un de plus.

Ordre de liaison. OL=nliantsnantiliants2\quad \text{OL} = \dfrac{n_{\text{liants}} - n_{\text{antiliants}}}{2} où l'on compte les électrons placés dans des orbitales liantes et dans des orbitales antiliantes. Un ordre 11, 22, 33 correspond aux liaisons simple, double, triple de Lewis ; un ordre demi-entier existe, et un ordre nul signifie que la molécule n'est pas liée.

Le dioxygène, enfin. Douze électrons de valence (6+66 + 6) : σ2s2σ2s2σ2p2π2p4π2p2\sigma_{2s}^2\,\sigma_{2s}^{*2}\,\sigma_{2p}^2\,\pi_{2p}^4\,\pi_{2p}^{*2}. Les deux derniers électrons occupent le niveau π2p\pi_{2p}^{*}, doublement dégénéré : par Hund, un dans chaque orbitale, spins parallèles. Deux électrons célibataires — le dioxygène est paramagnétique. Ordre de liaison : 842=2\dfrac{8 - 4}{2} = 2, la double liaison de Lewis. Le modèle des orbitales moléculaires retrouve ce que Lewis savait et ajoute ce que Lewis ignorait.

Bloc 2 sur 7 · Approfondir

Approfondir : ordre de liaison et espèces isoélectroniques

Ce que l'ordre de liaison prédit. Plus il est grand, plus la liaison est forte et courte. Sur les homonucléaires de la période : N2\mathrm{N_2} (ordre 33, longueur environ 110110 pm), O2\mathrm{O_2} (ordre 22, environ 121121 pm), F2\mathrm{F_2} (ordre 11, environ 141141 pm). Les valeurs se mesurent, elles ne se déduisent pas du diagramme ; la tendance, elle, s'en déduit, et c'est ce qu'on te demande.

Le diazote. Dix électrons de valence : σ2s2σ2s2π2p4σ2p2\sigma_{2s}^2\,\sigma_{2s}^{*2}\,\pi_{2p}^4\,\sigma_{2p}^2 (ordre du début de période — mais dans l'autre ordre, les mêmes quatre niveaux seraient pleins). Liants : 2+4+2=82 + 4 + 2 = 8 ; antiliants : 22. Ordre 822=3\dfrac{8 - 2}{2} = 3, aucun électron célibataire : diamagnétique. La triple liaison la plus forte de la chimie courante.

Le difluor. Quatorze électrons : tout est rempli jusqu'à π2p4\pi_{2p}^{*4}. Liants 88, antiliants 66, ordre 11, diamagnétique. Remarque le piège : si l'on ne comptait que les électrons liants, on trouverait « ordre 44 » — absurde pour une liaison simple. Les antiliants retirent ce que les liants apportent.

Ajouter ou retirer un électron : la famille du dioxygène. Les quatre espèces O2+\mathrm{O_2^{+}}, O2\mathrm{O_2}, O2\mathrm{O_2^{-}} (ion superoxyde), O22\mathrm{O_2^{2-}} (ion peroxyde) comptent 1111, 1212, 1313, 1414 électrons de valence. Les électrons ajoutés entrent dans π2p\pi_{2p}^{*}, antiliant : chaque électron de plus fait baisser l'ordre d'une demi-unité.

Tableau : Espèce, Électrons de valence, Occupation de \pi_{2p}^{*}, Ordre de liaison, Électrons célibataires
EspèceÉlectrons de valenceOccupation de π2p\pi_{2p}^{*}Ordre de liaisonÉlectrons célibataires
O2+\mathrm{O_2^{+}}111111832=2,5\dfrac{8 - 3}{2} = 2{,}511
O2\mathrm{O_2}121222842=2\dfrac{8 - 4}{2} = 222
O2\mathrm{O_2^{-}}131333852=1,5\dfrac{8 - 5}{2} = 1{,}511
O22\mathrm{O_2^{2-}}141444862=1\dfrac{8 - 6}{2} = 100

La liaison s'allonge et s'affaiblit de O2+\mathrm{O_2^{+}} à O22\mathrm{O_2^{2-}} ; et le magnétisme suit le remplissage de Hund du niveau dégénéré : 11 célibataire pour un ou trois électrons dans π2p\pi_{2p}^{*}, 22 pour deux, 00 pour quatre. Un nombre pair d'électrons ne garantit pas le diamagnétisme : O2\mathrm{O_2} en est la preuve.

Espèces isoélectroniques. Deux espèces qui ont le même nombre d'électrons de valence ont le même remplissage, donc le même ordre de liaison et le même comportement magnétique. C'est ainsi qu'on traite les hétéronucléaires sans construire leur diagramme propre : on admet le diagramme des homonucléaires.

  • CO\mathrm{CO} (4+6=104 + 6 = 10), CN\mathrm{CN^{-}} (4+5+1=104 + 5 + 1 = 10), NO+\mathrm{NO^{+}} (5+61=105 + 6 - 1 = 10) sont isoélectroniques de N2\mathrm{N_2} : ordre 33, diamagnétiques.
  • NO\mathrm{NO} (5+6=115 + 6 = 11) est isoélectronique de O2+\mathrm{O_2^{+}} : ordre 2,52{,}5, un électron célibataire, paramagnétique — le monoxyde d'azote est un radical, et c'est exactement ce que dit son ordre demi-entier.
  • NO\mathrm{NO^{-}} (1212) est isoélectronique de O2\mathrm{O_2} : ordre 22, deux célibataires.

Ce que le modèle ne dit pas. Pour un hétéronucléaire, les orbitales moléculaires ne sont pas des combinaisons à parts égales : l'atome le plus électronégatif pèse davantage dans les orbitales liantes. Cette dissymétrie, et les énergies réelles, sont laissées aux cours suivants. Ici, l'énoncé donne l'ordre des niveaux et te demande de compter : électrons de valence, liants, antiliants, célibataires. Tout le reste s'en déduit.

Bloc 3 sur 7 · Exemple

Exemple guidé : le superoxyde, du décompte au magnétisme

Énoncé. On admet, pour les diatomiques de la deuxième période, le diagramme d'orbitales moléculaires de valence suivant, par énergie croissante : σ2s<σ2s<σ2p<π2p<π2p<σ2p\sigma_{2s} < \sigma_{2s}^{*} < \sigma_{2p} < \pi_{2p} < \pi_{2p}^{*} < \sigma_{2p}^{*}, les niveaux π\pi étant doublement dégénérés. Pour l'ion superoxyde O2\mathrm{O_2^{-}} :

  1. Déterminer le nombre d'électrons de valence.
  2. Écrire la configuration électronique de valence.
  3. Calculer l'ordre de liaison.
  4. Prévoir le comportement magnétique.
  5. Comparer la longueur de liaison à celle du dioxygène.

---

1. Compter, charge comprise. L'oxygène est dans la colonne 16 : 66 électrons de valence. Deux atomes : 1212. La charge 1-1 signifie un électron de plus : 12+1=1312 + 1 = 13 électrons de valence. Les électrons de cœur (1s21s^2 sur chaque atome) ne sont pas comptés.

2. Remplir par énergie croissante. Deux par orbitale, dans l'ordre donné :

σ2s2 σ2s2 σ2p2 π2p4 π2p3.\sigma_{2s}^2\ \sigma_{2s}^{*2}\ \sigma_{2p}^2\ \pi_{2p}^4\ \pi_{2p}^{*3}.

Vérification : 2+2+2+4+3=132 + 2 + 2 + 4 + 3 = 13. \checkmark Le niveau π2p\pi_{2p}^{*} reçoit trois électrons pour deux orbitales dégénérées : par Hund, un électron dans chacune d'abord, puis le troisième s'apparie dans l'une des deux.

3. L'ordre de liaison. Liants : σ2s2\sigma_{2s}^2, σ2p2\sigma_{2p}^2, π2p4\pi_{2p}^4, soit 88. Antiliants : σ2s2\sigma_{2s}^{*2}, π2p3\pi_{2p}^{*3}, soit 55.

OL=852=32=1,5.\text{OL} = \frac{8 - 5}{2} = \frac{3}{2} = 1{,}5.

Un ordre demi-entier : normal pour un nombre impair d'électrons.

4. Le magnétisme. Le niveau π2p\pi_{2p}^{*} contient trois électrons dans deux orbitales : une orbitale porte une paire, l'autre un électron seul. Un électron célibataire : l'ion superoxyde est paramagnétique. (Un nombre impair d'électrons impose d'ailleurs au moins un célibataire, quel que soit le diagramme.)

5. La longueur. O2\mathrm{O_2} a un ordre 22, O2\mathrm{O_2^{-}} un ordre 1,51{,}5 : la liaison du superoxyde est plus faible et plus longue que celle du dioxygène. L'électron ajouté est entré dans une orbitale antiliante, il a affaibli la liaison. Inversement, O2+\mathrm{O_2^{+}} (ordre 2,52{,}5) a une liaison plus courte que O2\mathrm{O_2}.

Contrôle par une espèce isoélectronique. F2+\mathrm{F_2^{+}} compte 7+71=137 + 7 - 1 = 13 électrons de valence : même remplissage, donc même ordre 1,51{,}5 et un électron célibataire lui aussi. Et la famille du dioxygène est cohérente : 112,511 \to 2{,}5 ; 12212 \to 2 ; 131,513 \to 1{,}5 ; 14114 \to 1 — chaque électron de plus dans π2p\pi_{2p}^{*} coûte une demi-unité. \checkmark

Ce qu'aurait donné Lewis. Un ion O2\mathrm{O_2^{-}} à 1313 électrons de valence ne peut pas s'écrire avec des doublets seulement : Lewis ne le représente qu'avec un électron isolé placé « quelque part ». Le diagramme d'orbitales moléculaires, lui, dit où il est (π2p\pi_{2p}^{*}), ce qu'il fait (il affaiblit la liaison) et ce qu'il produit (le paramagnétisme).

Bloc 4 sur 7 · Visualiser

Visualiser : des cases atomiques au diagramme moléculaire

Figure (fig.chemistry.electron-configuration, figure programmatique de la leçon de seconde sur la configuration électronique, reprise ici comme point de départ) : une colonne de cases d'orbitales atomiques.

  • Cinq cases empilées de bas en haut, étiquetées 1s1s, 2s2s, 2p2p, 3s3s, 3p3p, avec leur capacité à gauche : 22, 22, 66, 22, 66 places. Les cases ss ont deux emplacements ; les cases pp, trois fois plus larges, en ont six, séparés par un trait fin — trois orbitales pxp_x, pyp_y, pzp_z, de même énergie.
  • Onze disques numérotés de 11 à 1111 sont posés dans l'ordre de remplissage : 22 en 1s1s, 22 en 2s2s, 66 en 2p2p, 11 en 3s3s ; la case 3p3p est vide. Une flèche serpente de case en case, du bas vers le haut, avec la mention « on ne monte qu'une fois le palier plein ». Trois accolades à gauche délimitent les couches n=1n = 1, n=2n = 2, n=3n = 3 ; un panneau de droite donne la lecture de chaque case.

Ce qu'il faut y lire pour cette leçon. L'atome de la figure a onze électrons ; les deux du bas, en 1s1s, sont les électrons de cœur — ils resteront dans une orbitale 1s1s inchangée quand l'atome se liera, et ne comptent pas dans le diagramme moléculaire. Ce sont les cases 2s2s et 2p2p — la couche n=2n = 2 de l'accolade — qui vont se combiner. Imagine maintenant deux colonnes identiques placées face à face, et entre elles une troisième colonne, celle des orbitales moléculaires :

  • la case 2s2s de gauche et la case 2s2s de droite donnent deux niveaux au milieu, σ2s\sigma_{2s} plus bas que les deux cases de départ, σ2s\sigma_{2s}^{*} plus haut ;
  • les trois orbitales de chaque case 2p2p donnent, au milieu, six niveaux : σ2p\sigma_{2p} et σ2p\sigma_{2p}^{*} (les pzp_z, pointées l'une vers l'autre), et les niveaux doubles π2p\pi_{2p} et π2p\pi_{2p}^{*} (les pxp_x et pyp_y, latérales) — chaque niveau π\pi est une case à deux emplacements doubles, comme la case 2p2p de la figure en a trois ;
  • le remplissage de la colonne du milieu obéit aux mêmes règles que celui de la figure : par énergie croissante, deux par orbitale, et dans un niveau double un électron par orbitale avant d'apparier — la flèche qui serpente et la mention « palier plein » valent pour la molécule comme pour l'atome.

Ce que la figure ne montre pas. Le décalage des niveaux moléculaires par rapport aux atomiques (la liante descend, l'antiliante monte davantage qu'elle ne descend), la forme des orbitales — le renforcement entre les noyaux pour σ2s\sigma_{2s}, le plan nodal pour les antiliantes, les deux lobes de part et d'autre de l'axe pour π\pi — et l'inversion de σ2p\sigma_{2p} et π2p\pi_{2p} selon l'atome. La leçon les décrit en mots ; l'exercice, lui, donne l'ordre des niveaux dans son énoncé.

Configuration electronique du sodium (Z = 11) : l&#x27;immeuble des sous-couches 1s 2s 2p 3s 3p — Colonne centrale : cinq cases empilees de bas en haut, etiquetees 1s, 2s, 2p, 3s, 3p, avec leur capacite ecrite a gauche : 2 places, 2 places…

Bloc 5 sur 7 · Formules

Ce qu'il faut retenir

  • 2 orbitales atomiques2 orbitales moleˊculaires : une liante (σ, π) et une antiliante (σ, π)2 \text{ orbitales atomiques} \to 2 \text{ orbitales moléculaires : une liante } (\sigma,\ \pi) \text{ et une antiliante } (\sigma^{*},\ \pi^{*})
  • O2, F2:σ2s<σ2s<σ2p<π2p<π2p<σ2pLi2 aˋ N2:σ2s<σ2s<π2p<σ2p<π2p<σ2p\mathrm{O_2},\ \mathrm{F_2} : \sigma_{2s} < \sigma_{2s}^{*} < \sigma_{2p} < \pi_{2p} < \pi_{2p}^{*} < \sigma_{2p}^{*} \qquad \mathrm{Li_2} \text{ à } \mathrm{N_2} : \sigma_{2s} < \sigma_{2s}^{*} < \pi_{2p} < \sigma_{2p} < \pi_{2p}^{*} < \sigma_{2p}^{*}
  • nvalence=nvalence(atome 1)+nvalence(atome 2)chargen_{\text{valence}} = n_{\text{valence}}(\text{atome 1}) + n_{\text{valence}}(\text{atome 2}) - \text{charge}
  • OL=nliantsnantiliants2\text{OL} = \frac{n_{\text{liants}} - n_{\text{antiliants}}}{2}
  • O2:σ2s2σ2s2σ2p2π2p4π2p2OL=2, 2 eˊlectrons ceˊlibataires (paramagneˊtique)\mathrm{O_2} : \sigma_{2s}^2\,\sigma_{2s}^{*2}\,\sigma_{2p}^2\,\pi_{2p}^4\,\pi_{2p}^{*2} \quad \text{OL} = 2,\ 2 \text{ électrons célibataires (paramagnétique)}
  • N2:OL=3O2+:2,5O2:1,5O22:1F2:1\mathrm{N_2} : \text{OL} = 3 \qquad \mathrm{O_2^{+}} : 2{,}5 \qquad \mathrm{O_2^{-}} : 1{,}5 \qquad \mathrm{O_2^{2-}} : 1 \qquad \mathrm{F_2} : 1
Tableau : Électrons de valence, Espèces, Ordre de liaison, Célibataires, Magnétisme
Électrons de valenceEspècesOrdre de liaisonCélibatairesMagnétisme
1010N2\mathrm{N_2}, CO\mathrm{CO}, CN\mathrm{CN^{-}}, NO+\mathrm{NO^{+}}, C22\mathrm{C_2^{2-}}3300diamagnétique
1111O2+\mathrm{O_2^{+}}, NO\mathrm{NO}2,52{,}511paramagnétique
1212O2\mathrm{O_2}, NO\mathrm{NO^{-}}2222paramagnétique
1313O2\mathrm{O_2^{-}}, F2+\mathrm{F_2^{+}}1,51{,}511paramagnétique
1414F2\mathrm{F_2}, O22\mathrm{O_2^{2-}}1100diamagnétique

Ce tableau se recalcule, il ne s'apprend pas : de 1010 à 1414 électrons, les huit premiers sont liants ou antiliants de façon fixe (88 liants, 22 antiliants une fois les dix premiers placés), et chaque électron supplémentaire entre dans π2p\pi_{2p}^{*}. D'où OL=3n102\text{OL} = 3 - \dfrac{n - 10}{2} pour nn de 1010 à 1414, et le nombre de célibataires 0,1,2,1,00, 1, 2, 1, 0 par Hund.

Les deux règles de remplissage, les mêmes que sur l'atome : Pauli (deux électrons par orbitale, spins opposés) et Hund (dans un niveau dégénéré, un électron par orbitale avant tout appariement, spins parallèles).

Ce qui n'est pas dans cette leçon. Les coefficients des combinaisons linéaires et la polarisation des orbitales hétéronucléaires, les énergies et longueurs chiffrées comme résultats du modèle, les orbitales des molécules polyatomiques, la méthode de Hückel, les étiquettes de symétrie et les spectres photoélectroniques qui mesurent les niveaux.

Bloc 6 sur 7 · Pièges

Pièges fréquents

  1. Compter tous les électrons au lieu des seuls électrons de valence. O2\mathrm{O_2} a 1616 électrons, dont 1212 de valence. Les quatre de cœur restent dans des orbitales 1s1s inchangées ; les inclure décale tous les décomptes et donne un ordre de liaison faux de deux unités.
  2. Oublier la charge. Un cation a un électron de valence de moins, un anion un de plus : O2+\mathrm{O_2^{+}} en a 1111, O2\mathrm{O_2^{-}} en a 1313. C'est précisément cet électron qui change l'ordre de liaison ; l'oublier revient à répondre pour la molécule neutre.
  3. Oublier le facteur un demi. OL=nliantsnantiliants2\text{OL} = \dfrac{n_{\text{liants}} - n_{\text{antiliants}}}{2}. La différence 84=48 - 4 = 4 n'est pas l'ordre de liaison du dioxygène ; l'ordre est 22. Un ordre de liaison de 44 pour une diatomique de la deuxième période est toujours faux.
  4. Ne compter que les liants. Le difluor a 88 électrons liants — et 66 antiliants. Ordre 11, pas 44. Les antiliants annulent les liants un pour un.
  5. Croire l'ordre de liaison forcément entier. Un nombre impair d'électrons de valence donne un ordre demi-entier : 2,52{,}5 pour NO\mathrm{NO} et O2+\mathrm{O_2^{+}}, 1,51{,}5 pour O2\mathrm{O_2^{-}}. Ce n'est pas une erreur de calcul, c'est une liaison intermédiaire.
  6. Apparier trop tôt dans π2p\pi_{2p}^{*}. Deux électrons dans ce niveau doublement dégénéré vont un dans chaque orbitale (Hund), pas deux dans la première. C'est ce qui rend O2\mathrm{O_2} paramagnétique ; apparier donnerait, à tort, une molécule diamagnétique.
  7. Conclure du nombre pair d'électrons au diamagnétisme. O2\mathrm{O_2} a 1212 électrons de valence et deux célibataires. Le magnétisme se lit sur le remplissage du dernier niveau, jamais sur la parité du total. (La réciproque est vraie : un nombre impair impose au moins un célibataire.)
  8. Remplir σ2p\sigma_{2p}^{*} avant π2p\pi_{2p}^{*}. L'orbitale σ2p\sigma_{2p}^{*} est la plus haute du diagramme, dans les deux ordres. Les électrons 1111 à 1414 vont dans π2p\pi_{2p}^{*} ; σ2p\sigma_{2p}^{*} ne se remplit qu'au-delà, pour des espèces qui n'existent pas dans les conditions ordinaires.
  9. Traiter un hétéronucléaire sans dire qu'on admet le diagramme. Pour CO\mathrm{CO} ou NO\mathrm{NO}, le raisonnement par espèce isoélectronique de N2\mathrm{N_2} ou de O2+\mathrm{O_2^{+}} est correct au niveau de ce chapitre, à condition de l'annoncer : « on admet le diagramme des homonucléaires ». Le diagramme réel est dissymétrique, et un correcteur attend cette précaution.

Bloc 7 sur 7 · Vérifier

Vérifier : compter, remplir, conclure

Le modèle d'entraînement. L'exercice associé à cette leçon tire une espèce réelle parmi treize — molécules neutres, cations et anions de dix à quatorze électrons de valence : N2\mathrm{N_2}, CO\mathrm{CO}, CN\mathrm{CN^{-}}, NO+\mathrm{NO^{+}}, C22\mathrm{C_2^{2-}}, NO\mathrm{NO}, O2+\mathrm{O_2^{+}}, O2\mathrm{O_2}, NO\mathrm{NO^{-}}, O2\mathrm{O_2^{-}}, F2+\mathrm{F_2^{+}}, F2\mathrm{F_2}, O22\mathrm{O_2^{2-}} — donne l'ordre des six niveaux dans l'énoncé, et demande l'une de quatre grandeurs qui se comptent : le nombre d'électrons de valence, l'ordre de liaison, le nombre d'électrons antiliants, ou le nombre d'électrons célibataires. Aucune énergie, aucune longueur : tout se déduit du remplissage. Un modèle voisin, à choix multiples, demande un couple — ordre de liaison et magnétisme, ou électrons liants et antiliants — parmi quatre propositions écrites dans le même moule, l'ordre de liaison toujours avec une décimale.

Énoncé type. On admet, pour les diatomiques de la deuxième période, le diagramme d'orbitales moléculaires de valence suivant, par énergie croissante : σ2s\sigma_{2s}, σ2s\sigma_{2s}^{*}, π2p\pi_{2p} (doublement dégénérée), σ2p\sigma_{2p}, π2p\pi_{2p}^{*} (doublement dégénérée), σ2p\sigma_{2p}^{*}. On considère le monoxyde d'azote NO\mathrm{NO}. Déterminer l'ordre de liaison de cette espèce.

Corrigé complet.

1. Les électrons de valence. L'azote (colonne 15) en porte 55, l'oxygène (colonne 16) en porte 66 : 5+6=115 + 6 = 11. L'espèce est neutre : 1111 électrons de valence. Les électrons de cœur n'entrent pas dans le diagramme.

2. Le remplissage. Par énergie croissante, deux par orbitale, un par orbitale dans un niveau dégénéré avant d'apparier :

σ2s2 σ2s2 π2p4 σ2p2 π2p1.\sigma_{2s}^2\ \sigma_{2s}^{*2}\ \pi_{2p}^4\ \sigma_{2p}^2\ \pi_{2p}^{*1}.

Contrôle : 2+2+4+2+1=112 + 2 + 4 + 2 + 1 = 11. \checkmark

3. Liants et antiliants. Liants : σ2s2\sigma_{2s}^2, π2p4\pi_{2p}^4, σ2p2\sigma_{2p}^2, soit 88. Antiliants : σ2s2\sigma_{2s}^{*2}, π2p1\pi_{2p}^{*1}, soit 33.

4. L'ordre de liaison.

OL=832=52=2,5.\text{OL} = \frac{8 - 3}{2} = \frac{5}{2} = 2{,}5.

5. Lire le résultat. Un ordre demi-entier pour un nombre impair d'électrons ; un électron célibataire dans π2p\pi_{2p}^{*}, donc une espèce paramagnétique — le monoxyde d'azote est un radical. Et NO\mathrm{NO} est isoélectronique de O2+\mathrm{O_2^{+}} (6+61=116 + 6 - 1 = 11) : même ordre, même magnétisme. \checkmark Remarque enfin que l'ordre des niveaux donné ici est celui du début de période (π2p\pi_{2p} sous σ2p\sigma_{2p}) ; avec l'autre ordre, les mêmes dix premiers électrons rempliraient les mêmes quatre niveaux, et la réponse serait identique.

Réponse : ordre de liaison 2,52{,}5.

Auto-contrôle. Ai-je compté les électrons de valence seulement, et tenu compte de la charge ? Mon remplissage totalise-t-il bien le nombre trouvé ? Ai-je séparé liants et antiliants avant de soustraire, puis divisé par deux ? Si l'ordre est demi-entier, le nombre d'électrons est-il impair ? Et le magnétisme, l'ai-je lu sur le dernier niveau et non sur la parité ?

L’exercice interactif de cette leçon attend la fin de sa relecture scientifique. L’énoncé type ci-dessus est complet : il se travaille tel quel.

Sources

  • P. Atkins, J. de Paula, Chimie physique, De Boeck
  • S. Zumdahl, S. Zumdahl, Chimie générale, De Boeck

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