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Chimie · Première · 16 min de lecture

Énergie d'une transformation chimique : signe, sens, calcul

Transformation exothermique/endothermique, énergie molaire de réaction, énergie libérée par une combustion, pouvoir calorifique, bilan énergétique.

Chapitre du programme : Constitution et transformations de la matière

Bloc 1 sur 7 · Comprendre

Comprendre : une transformation échange de l'énergie

En 4e, tu as appris à écrire la combustion du méthane, CH4+2O2CO2+2H2O\mathrm{CH_4 + 2\,O_2 \rightarrow CO_2 + 2\,H_2O}, et à vérifier qu'elle conserve les atomes. Elle conserve aussi l'énergie — mais elle la déplace : la flamme chauffe la casserole, l'air, la pièce. D'où vient cette énergie ? De la matière elle-même. Une transformation chimique réorganise les liaisons entre atomes, et cette réorganisation s'accompagne d'un transfert d'énergie entre le système chimique et le milieu extérieur.

Une transformation est exothermique quand le système cède de l'énergie au milieu extérieur (qui s'échauffe) ; elle est endothermique quand le système en reçoit (il faut chauffer pour l'entretenir). Toutes les combustions sont exothermiques.

Pour chiffrer ce transfert, on définit l'énergie molaire de réaction, notée EmolaireE_{\text{molaire}} ou ErE_r selon les manuels, en kilojoules par mole (kJ/mol\mathrm{kJ/mol}) : l'énergie échangée quand la transformation se produit « une fois en moles », c'est-à-dire pour un avancement d'une mole, selon l'équation telle qu'elle est écrite. Pour le méthane, la combustion complète d'une mole libère environ 890890 kJ.

Il faut maintenant fixer un signe, et c'est là que les erreurs commencent. La convention du programme est celle du système chimique : on compte positivement ce que le système reçoit, négativement ce qu'il cède. Une combustion cède de l'énergie ; son énergie de réaction est donc négative : Er(CH4)=890E_r(\mathrm{CH_4}) = -890 kJ/mol. Une transformation endothermique a une énergie de réaction positive. Les énoncés rappellent toujours cette convention, et il faut lire à chaque fois si la question demande l'énergie de réaction (algébrique, négative pour une combustion) ou l'énergie libérée (comptée positivement — les deux valent 890890 kJ/mol en valeur absolue pour le méthane).

Une dernière chose, et la plus utile : l'énergie échangée est proportionnelle à la quantité de matière transformée. Brûler deux fois plus de méthane libère deux fois plus d'énergie. D'où la relation centrale de la leçon :

E=n×Emolaire,E = n \times E_{\text{molaire}},

avec nn la quantité de combustible brûlé (en mol) et EmolaireE_{\text{molaire}} son énergie molaire de combustion (en kJ/mol). Le mot molaire est un garde-fou : on multiplie par des moles, jamais par des grammes.

Bloc 2 sur 7 · Approfondir

Approfondir : le pourquoi du signe, liaison par liaison

Pourquoi une combustion libère-t-elle de l'énergie ? Pas parce que « le carburant contient de l'énergie » comme un réservoir : ce n'est pas une substance qu'on vide. Regarde les liaisons. Pour transformer CH4\mathrm{CH_4} et O2\mathrm{O_2} en CO2\mathrm{CO_2} et H2O\mathrm{H_2O}, il faut rompre les liaisons des réactifs — cela coûte de l'énergie, une liaison ne se casse pas toute seule — puis former celles des produits — cela en libère. Le bilan dépend de la solidité comparée des liaisons rompues et des liaisons formées :

Si les liaisons formées sont, au total, plus solides que les liaisons rompues, la transformation libère de l'énergie : elle est exothermique. Dans le cas contraire, elle est endothermique.

On peut estimer ce bilan avec les énergies de liaison — l'énergie nécessaire pour rompre une mole d'une liaison donnée, en phase gazeuse. Les énoncés les donnent. Avec les valeurs moyennes E(CH)=413E(\mathrm{C{-}H}) = 413, E(O=O)=495E(\mathrm{O{=}O}) = 495, E(C=O)=799E(\mathrm{C{=}O}) = 799 et E(OH)=467E(\mathrm{O{-}H}) = 467 kJ/mol, pour la combustion d'une mole de méthane :

  • rompre 44 liaisons CH\mathrm{C{-}H} et 22 liaisons O=O\mathrm{O{=}O} : 4×413+2×495=1652+990=26424 \times 413 + 2 \times 495 = 1\,652 + 990 = 2\,642 kJ reçus ;
  • former 22 liaisons C=O\mathrm{C{=}O} et 44 liaisons OH\mathrm{O{-}H} : 2×799+4×467=1598+1868=34662 \times 799 + 4 \times 467 = 1\,598 + 1\,868 = 3\,466 kJ cédés.

Bilan pour le système : Er26423466=824E_r \approx 2\,642 - 3\,466 = -824 kJ/mol. Le signe est négatif — exothermique — et l'ordre de grandeur est le bon : la valeur mesurée est 890-890 kJ/mol. L'écart d'une dizaine de pour cent vient de ce que les énergies de liaison sont des moyennes (une liaison C–H n'a pas exactement la même énergie dans toutes les molécules) et de ce que l'estimation compte l'eau formée à l'état gazeux, alors que la valeur mesurée correspond à de l'eau liquide. C'est une estimation, et le programme la nomme ainsi.

La règle générale s'écrit :

ErEliaisons rompuesEliaisons formeˊes.E_r \approx \sum E_{\text{liaisons rompues}} - \sum E_{\text{liaisons formées}}.

Le contre-exemple qui fixe les idées. La décomposition du carbonate de calcium, CaCO3CaO+CO2\mathrm{CaCO_3 \rightarrow CaO + CO_2} — celle qui, dans un four à chaux, transforme le calcaire en chaux vive —, a une énergie de réaction de +178+178 kJ/mol. Le signe est positif : le système reçoit de l'énergie, il faut chauffer le calcaire à plus de 800 °C800\ °\mathrm{C} et continuer à chauffer pour que la transformation se poursuive. Endothermique n'est pas un mot rare : toute décomposition d'un solide stable l'est.

Par mole de quoi ? Une énergie molaire se rapporte à une mole de l'espèce que l'on désigne, selon l'équation écrite. La combustion du butane, 2C4H10+13O28CO2+10H2O\mathrm{2\,C_4H_{10} + 13\,O_2 \rightarrow 8\,CO_2 + 10\,H_2O}, libère 28782\,878 kJ par mole de butane ; comme chaque mole de butane forme 44 mol de CO2\mathrm{CO_2}, cela ne fait que 2878/4=719,52\,878 / 4 = 719{,}5 kJ par mole de CO2\mathrm{CO_2} rejeté. Pour le méthane, 890890 kJ par mole de CO2\mathrm{CO_2}, puisqu'une mole de méthane ne forme qu'une mole de CO2\mathrm{CO_2} : à énergie égale, le méthane rejette moins de dioxyde de carbone que le butane. Dire « par mole » sans préciser de quoi est une phrase incomplète — et une source classique d'erreur d'un facteur 44.

Ce que la 1re ne demande pas. La grandeur ΔrH\Delta_rH, les enthalpies standard, la loi de Hess et le premier principe attendront la terminale et le supérieur : ici, on manipule une énergie molaire donnée, on la multiplie par des moles, et on sait d'où vient son signe.

Bloc 3 sur 7 · Exemple

Exemple guidé : 250 g de butane dans un brûleur

Énoncé. Un brûleur de camping consomme une masse m=250m = 250 g de butane C4H10\mathrm{C_4H_{10}}. Sa combustion complète suit l'équation 2C4H10+13O28CO2+10H2O\mathrm{2\,C_4H_{10} + 13\,O_2 \rightarrow 8\,CO_2 + 10\,H_2O} et libère une énergie molaire Emolaire=2878E_{\text{molaire}} = 2\,878 kJ par mole de butane brûlé (valeur donnée). Par convention, une énergie de réaction est comptée négativement pour une transformation exothermique. Données : M(C)=12,0M(\mathrm{C}) = 12{,}0 g/mol, M(H)=1,0M(\mathrm{H}) = 1{,}0 g/mol, M(O)=16,0M(\mathrm{O}) = 16{,}0 g/mol ; 11 kWh =3600= 3\,600 kJ.

Calculer l'énergie libérée par cette combustion, l'exprimer en kilowattheures, donner l'énergie de réaction correspondante, puis la masse de dioxyde de carbone rejetée.

---

1. Passer de la masse à la quantité de matière. L'énergie molaire se rapporte à une mole de butane : il faut d'abord compter les moles.

M(C4H10)=4×12,0+10×1,0=58,0 g/mol,n=mM=25058,0=4,31034,310 mol.M(\mathrm{C_4H_{10}}) = 4 \times 12{,}0 + 10 \times 1{,}0 = 58{,}0\ \text{g/mol}, \qquad n = \frac{m}{M} = \frac{250}{58{,}0} = 4{,}3103\ldots \approx 4{,}310\ \text{mol}.

On garde quatre chiffres pour ne pas dégrader la suite.

2. Appliquer la proportionnalité.

E=n×Emolaire=25058,0×2878=12405,1 kJ1,24×104 kJ.E = n \times E_{\text{molaire}} = \frac{250}{58{,}0} \times 2\,878 = 12\,405{,}1\ldots\ \text{kJ} \approx 1{,}24 \times 10^{4}\ \text{kJ}.

Soit environ 12,412{,}4 MJ. (Avec nn arrondi à 4,3104{,}310 : 4,310×2878=124044{,}310 \times 2\,878 = 12\,404 kJ, même résultat à trois chiffres.)

3. Traduire en kilowattheures.

E=124053600=3,443,4 kWh.E = \frac{12\,405}{3\,600} = 3{,}44\ldots \approx 3{,}4\ \text{kWh}.

Une cartouche de 250250 g de butane, c'est l'énergie de trois heures et demie d'un appareil de 11 kW — un ordre de grandeur crédible pour un réchaud.

4. Donner l'énergie de réaction. La combustion est exothermique ; avec la convention de l'énoncé : l'énergie de réaction correspondante vaut E1,24×104-E \approx -1{,}24 \times 10^{4} kJ pour ces 4,314{,}31 mol de butane — et, rapportée à une mole de butane, Er=2878E_r = -2\,878 kJ/mol. Le signe moins ne dit pas que l'énergie est « perdue » : il dit qu'elle sort du système chimique vers la casserole.

5. Le piège, nommé. Multiplier l'énergie molaire par la masse donnerait 250×2878=719500250 \times 2\,878 = 719\,500 kJ, une valeur sans signification — 5858 fois trop grande, exactement le facteur MM qu'on a oublié de diviser. Dès qu'un résultat d'énergie sort de l'échelle attendue (ici, 200200 MJ pour un réchaud de camping), le premier réflexe est de vérifier qu'on a bien multiplié par des moles.

6. La masse de dioxyde de carbone. L'équation donne 88 mol de CO2\mathrm{CO_2} pour 22 mol de butane, soit 44 mol de CO2\mathrm{CO_2} par mole de butane :

n(CO2)=4×25058,0=17,24 mol,m(CO2)=n×M=17,24×44,0=758,6759 g.n(\mathrm{CO_2}) = 4 \times \frac{250}{58{,}0} = 17{,}24\ldots\ \text{mol}, \qquad m(\mathrm{CO_2}) = n \times M = 17{,}24 \times 44{,}0 = 758{,}6\ldots \approx 759\ \text{g}.

Trois fois la masse de butane brûlé : l'oxygène de l'air s'est ajouté au carbone. Et l'énergie par mole de CO2\mathrm{CO_2} rejeté vaut 2878/4=719,52\,878 / 4 = 719{,}5 kJ, pas 28782\,878 kJ.

7. Contrôler. Unités : mol×kJ/mol=kJ\mathrm{mol} \times \mathrm{kJ/mol} = \mathrm{kJ} ✔. Ordre de grandeur : quelques kilowattheures pour quelques centaines de grammes de gaz ✔. Signe : négatif pour une combustion ✔.

Bloc 4 sur 7 · Visualiser

Visualiser : le diagramme énergétique

Figure (fig.chemistry.reaction-enthalpy, SVG programmatique à produire) : deux diagrammes énergétiques côte à côte, puis un bandeau de proportionnalité.

  • Diagramme de gauche — une combustion, exothermique. Un axe vertical « énergie du système » sans graduation numérique, deux paliers horizontaux. Le palier du haut porte « CH4+2O2\mathrm{CH_4 + 2\,O_2} » (réactifs), le palier du bas « CO2+2H2O\mathrm{CO_2 + 2\,H_2O} » (produits). Une flèche verticale descendante relie les deux, étiquetée « Er=890E_r = -890 kJ/mol : le système cède de l'énergie ». À droite de la flèche, une flèche horizontale sort du diagramme vers un pictogramme de casserole, étiquetée « milieu extérieur : +890+890 kJ par mole de méthane ». Titre : « exothermique, Er<0E_r < 0 ».
  • Diagramme de droite — une décomposition, endothermique. Même construction inversée : palier du bas « CaCO3\mathrm{CaCO_3} », palier du haut « CaO+CO2\mathrm{CaO + CO_2} », flèche montante étiquetée « Er=+178E_r = +178 kJ/mol : le système reçoit de l'énergie », et une flèche horizontale qui entre dans le diagramme depuis un pictogramme de four, étiquetée « il faut chauffer ». Titre : « endothermique, Er>0E_r > 0 ».
  • Entre les deux diagrammes, un cartouche de convention : « signe = point de vue du système chimique : cède → négatif, reçoit → positif ».
  • Bandeau du bas — la proportionnalité. Une droite E=n×EmolaireE = n \times E_{\text{molaire}} passant par l'origine, dans un repère « nn (mol) » en abscisse et « énergie libérée (kJ) » en ordonnée, pour le méthane : les points (1;890)(1\,;\,890), (2;1780)(2\,;\,1\,780) et (0,5;445)(0{,}5\,;\,445) sont marqués. En marge, barré d'une croix, un faux repère « mm (g) » avec la mention « on ne multiplie jamais par des grammes ».

Ce qu'il faut lire. Le sens de la flèche verticale est le signe de ErE_r : vers le bas, le système a perdu de l'énergie au profit de l'extérieur (combustion) ; vers le haut, il en a gagné aux dépens de l'extérieur (décomposition). Les deux diagrammes ne se distinguent que par le sens de cette flèche — et par le pictogramme qui reçoit ou fournit. Le bandeau rappelle que la seule variable dont dépend l'énergie libérée est la quantité de matière brûlée, en moles.

La figure en détail : deux schémas à niveaux d'énergie. À gauche, les réactifs de la combustion du méthane sont placés sur un palier haut et les produits sur un palier bas ; une flèche descend du haut vers le bas avec la valeur moins huit cent quatre-vingt-dix kilojoules par mole, et une flèche horizontale part vers une casserole pour montrer que l'énergie sort vers l'extérieur. À droite, le carbonate de calcium est sur un palier bas et ses produits de décomposition sur un palier haut ; la flèche monte avec la valeur plus cent soixante-dix-huit kilojoules par mole, et une flèche horizontale entre depuis un four pour montrer qu'il faut fournir de l'énergie. Entre les deux, un encadré énonce la convention de signe. En bas, une droite passant par l'origine relie la quantité de méthane brûlée à l'énergie libérée, avec trois points marqués, et un axe en grammes barré d'une croix.

Énergie de réaction : diagrammes énergétiques et proportionnalité à la quantité de matière — Deux diagrammes énergétiques côte à côte, une convention de signe, puis un bandeau de proportionnalité.

Bloc 5 sur 7 · Formules

Relations et conventions à retenir

  • Elibeˊreˊe=n×Emolaire(n en mol, Emolaire en kJ/mol)E_{\text{libérée}} = n \times E_{\text{molaire}} \qquad (n \text{ en mol},\ E_{\text{molaire}} \text{ en kJ/mol})
  • Er<0    exothermique (le systeˋme ceˋde)Er>0    endothermique (le systeˋme rec¸oit)E_r < 0 \iff \text{exothermique (le système cède)} \qquad E_r > 0 \iff \text{endothermique (le système reçoit)}
  • ErEliaisons rompuesEliaisons formeˊes(phase gazeuse, valeurs moyennes)E_r \approx \sum E_{\text{liaisons rompues}} - \sum E_{\text{liaisons formées}} \quad (\text{phase gazeuse, valeurs moyennes})
  • n=mMd’abord, toujours, quand l’eˊnonceˊ donne une massen = \frac{m}{M} \quad \text{d'abord, toujours, quand l'énoncé donne une masse}
  • PC=EmolaireM(pouvoir calorifique massique, en kJ/kg, M en kg/mol)PC = \frac{E_{\text{molaire}}}{M} \qquad (\text{pouvoir calorifique massique, en kJ/kg, } M \text{ en kg/mol})
Tableau : Relation, Énoncé, Domaine de validité
RelationÉnoncéDomaine de validité
ProportionnalitéE=n×EmolaireE = n \times E_{\text{molaire}}EmolaireE_{\text{molaire}} donnée pour l'espèce et l'équation considérées ; nn en moles de cette espèce
Convention de signeEr<0E_r < 0 exothermique, Er>0E_r > 0 endothermiquepoint de vue du système chimique ; toujours rappelée par l'énoncé
Énergie libéréeElibeˊreˊe=ErE_{\text{libérée}} = -E_r pour une transformation exothermiquevaleur positive ; lire ce que demande la question
Estimation par les liaisonsrompues moins forméesréactifs et produits gazeux, énergies de liaison moyennes données ; c'est une estimation
Par mole de CO2\mathrm{CO_2}Emolaire/ν(CO2)E_{\text{molaire}} / \nu(\mathrm{CO_2})ν(CO2)\nu(\mathrm{CO_2}) lu dans l'équation ajustée, par mole de combustible
Pouvoir calorifique massiquePC=Emolaire/MPC = E_{\text{molaire}} / Men kJ/kg ou MJ/kg, MM en kg/mol ; la grandeur des fiches de combustibles

Le pouvoir calorifique massique. Les fiches des combustibles n'indiquent pas une énergie par mole mais une énergie par kilogramme brûlé : c'est le pouvoir calorifique massique, quotient de l'énergie libérée par mole par la masse molaire, PC=EmolaireMPC = \dfrac{E_{\text{molaire}}}{M}, en kJ/kg ou en MJ/kg. Pour le butane (M=58,1M = 58{,}1 g/mol), 28780,05814,95×104\dfrac{2\,878}{0{,}0581} \approx 4{,}95 \times 10^{4} kJ/kg, soit environ 5050 MJ/kg ; pour le méthane (M=16,0M = 16{,}0 g/mol), 8900,01605,6×104\dfrac{890}{0{,}0160} \approx 5{,}6 \times 10^{4} kJ/kg. Multiplié par une masse en kilogrammes, il donne directement l'énergie libérée — c'est la voie la plus courte quand l'énoncé le fournit.

Les unités. Énergie molaire en kJ/mol\mathrm{kJ/mol} ; énergie en kJ\mathrm{kJ}, puis MJ\mathrm{MJ} (10310^{3} kJ) ou kWh\mathrm{kWh} (36003\,600 kJ) quand l'échelle le demande. Une énergie molaire multipliée par des grammes n'a aucune unité physique acceptable : ce contrôle suffit à repérer l'erreur.

Ce qui est donné, ce qui se calcule. Une énergie molaire de combustion, une énergie de liaison, une masse molaire sont toujours données. Ce qui se calcule : nn, puis EE, puis éventuellement la répartition par mole de produit.

Vers la suite. Le lien entre énergie chimique et énergie thermique reçue par un corps (combien un litre d'eau s'échauffe) et la grandeur ΔrH\Delta_rH relèvent de la terminale ; cette leçon donne le premier étage : compter, signer, ordonner.

Bloc 6 sur 7 · Pièges

Pièges fréquents

  1. Oublier le signe. Une combustion a une énergie de réaction négative : Er=890E_r = -890 kJ/mol pour le méthane. Écrire +890+890 kJ/mol, c'est affirmer que le méthane doit être chauffé pour brûler et qu'il refroidit la casserole. Lis la convention de l'énoncé, puis lis ce qu'il demande : l'énergie de réaction (algébrique) ou l'énergie libérée (positive).
  2. Multiplier par la masse au lieu de la quantité de matière. 250×2878250 \times 2\,878 kJ n'existe pas : l'énergie molaire est par mole. Convertir d'abord, n=m/Mn = m/M, et vérifier que l'ordre de grandeur reste raisonnable — un réchaud ne libère pas des centaines de mégajoules.
  3. Confondre « par mole de combustible » et « par mole de CO₂ ». Pour le butane, 28782\,878 kJ par mole brûlée mais 719,5719{,}5 kJ par mole de CO2\mathrm{CO_2} formé, parce que chaque molécule de butane donne quatre molécules de CO2\mathrm{CO_2}. « Par mole » sans complément est une phrase incomplète.
  4. Croire qu'une combustion « absorbe » de l'énergie parce qu'il faut l'allumer. L'allumette apporte l'énergie d'amorçage ; une fois lancée, la combustion libère bien plus qu'elle n'a reçu et s'entretient seule. Le signe de ErE_r décrit le bilan de la transformation, pas son démarrage.
  5. Penser que l'énergie est « stockée » dans le combustible seul. Elle vient du bilan des liaisons : celles des produits (CO2\mathrm{CO_2}, H2O\mathrm{H_2O}) sont plus solides que celles des réactifs (CH4\mathrm{CH_4}, O2\mathrm{O_2}). Sans dioxygène, aucune énergie n'est libérée — le carburant seul ne « contient » rien.
  6. Inverser l'estimation par les liaisons. Rompre coûte (positif pour le système), former libère (négatif). ErE_r \approx rompues moins formées : un résultat négatif signifie exothermique. Inverser les deux sommes donne le bon nombre avec le mauvais signe.
  7. Confondre exothermique et « rapide ». Une transformation peut être fortement exothermique et très lente (la rouille du fer) ou endothermique et immédiate (la dissolution de certains sels refroidit l'eau). Le signe de ErE_r ne dit rien de la vitesse.

Bloc 7 sur 7 · Vérifier

Vérifier : chiffrer une combustion

Le modèle d'entraînement. L'exercice associé à cette leçon donne un combustible réel (méthane, éthanol ou butane), son équation de combustion, son énergie molaire et la convention de signe, puis demande l'énergie libérée — à partir d'une quantité de matière, ou d'une masse et d'une masse molaire. Dans ce second cas, le corrigé nomme la valeur absurde qu'on obtient en multipliant par la masse. Un QCM voisin fait travailler le « par mole de quoi ? » (par mole de combustible ou de CO2\mathrm{CO_2}) et la lecture du signe (exothermique ou endothermique).

Énoncé type. La combustion complète du méthane suit l'équation CH4+2O2CO2+2H2O\mathrm{CH_4 + 2\,O_2 \rightarrow CO_2 + 2\,H_2O} et libère une énergie molaire Emolaire=890E_{\text{molaire}} = 890 kJ/mol de combustible brûlé (valeur donnée). Par convention, une énergie de réaction est comptée négativement pour une transformation exothermique ; on demande l'énergie libérée, comptée positivement. Calculer l'énergie libérée par la combustion complète de n=2,5n = 2{,}5 mol de méthane, en kJ.

Corrigé complet.

1. La relation. L'énergie libérée est proportionnelle à la quantité brûlée : E=n×EmolaireE = n \times E_{\text{molaire}}.

2. Le calcul.

E=2,5×890=2225 kJ.E = 2{,}5 \times 890 = 2\,225\ \text{kJ}.

3. Le signe, pour ne pas le perdre. La combustion est exothermique ; avec la convention de l'énoncé, l'énergie de réaction pour ces 2,52{,}5 mol vaut 2225-2\,225 kJ (soit, par mole de méthane, Er=890E_r = -890 kJ/mol). La question demande l'énergie libérée :

E=2225E = 2\,225 kJ, soit environ 2,22{,}2 MJ.

4. Contrôler. Unités : mol×kJ/mol=kJ\mathrm{mol} \times \mathrm{kJ/mol} = \mathrm{kJ}. Ordre de grandeur : 2,52{,}5 mol de méthane, c'est 2,5×16,0=402{,}5 \times 16{,}0 = 40 g de gaz, et 2,22{,}2 MJ correspond à une dizaine de minutes d'une plaque de 33 kW — plausible pour une petite bouteille.

Auto-contrôle. Ai-je multiplié par des moles et non par des grammes ? Ai-je lu si la question demande l'énergie libérée (positive) ou l'énergie de réaction (négative) ? Et mon résultat est-il à l'échelle de l'objet décrit ?

Sources

  • BO spécial n°1 du 22 janvier 2019 — programme de spécialité physique-chimie de première générale, « Constitution et transformations de la matière : conversion de l'énergie stockée dans la matière organique » (combustion, énergie molaire de réaction, transformation exothermique ou endothermique, estimation par les énergies de liaison)
  • P. Atkins, J. de Paula, Chimie physique, De Boeck, chap. « Thermochimie » — énergies de combustion du méthane, de l'éthanol et du butane, décomposition du carbonate de calcium
  • S. Zumdahl, S. Zumdahl, Chimie générale, De Boeck, chap. « Thermochimie » et table des énergies de liaison moyennes

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