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Biologie · Seconde · 13 min de lecture

La cellule eucaryote : des compartiments spécialisés

Membrane plasmique, noyau, mitochondries, chloroplastes, réticulum, ribosomes ; différences procaryote/eucaryote, animale/végétale ; métabolisme autotrophe et hétérotrophe.

Chapitre du programme : La Terre, la vie et l'organisation du vivant

Bloc 1 sur 7 · Comprendre

Comprendre : des compartiments qui se partagent le travail

Au collège, tu as appris qu'une cellule possède une membrane plasmique qui la délimite, un cytoplasme et, le plus souvent, un noyau. Le microscope optique ne permettait guère d'aller plus loin. Le microscope électronique — un instrument qui forme l'image avec un faisceau d'électrons au lieu de la lumière, et distingue des détails mille fois plus fins — a révélé qu'une cellule est en réalité subdivisée en compartiments internes, chacun délimité par une membrane et chargé d'une fonction précise. Ces compartiments s'appellent des organites.

Une cellule qui possède des organites, et en particulier un noyau, est dite eucaryote (du grec eu-, « vrai », et karyon, « noyau »). C'est le cas de toutes tes cellules, de celles des animaux, des végétaux et des champignons. Une cellule procaryote — celle d'une bactérie — n'a aucun de ces compartiments : son ADN est directement dans le cytoplasme, sans noyau pour l'entourer. Attention, elle possède tout le reste : une membrane plasmique, un cytoplasme, de l'ADN, et un fonctionnement chimique souvent très intense.

Les principaux organites à connaître, avec leur fonction :

  • le noyau renferme l'ADN, le support de l'information génétique ;
  • les mitochondries sont le siège de la respiration cellulaire, l'ensemble de réactions qui fournit de l'énergie utilisable à la cellule ;
  • les chloroplastes, présents uniquement dans les cellules végétales exposées à la lumière (dites chlorophylliennes), sont le siège de la photosynthèse, la fabrication de matière organique à partir de matière minérale et de lumière ;
  • le réticulum, un réseau replié de membranes, et les ribosomes, de minuscules grains qui assemblent les protéines, participent à la fabrication des molécules de la cellule ;
  • la vacuole, propre aux cellules végétales, occupe une grande partie de leur volume et stocke eau et substances dissoutes ;
  • la paroi, enveloppe rigide qui entoure la cellule végétale par l'extérieur de la membrane plasmique, lui donne sa forme et sa tenue.

Cette organisation est une division du travail : chaque organite assure une fonction, comme les ateliers d'une usine. Et retiens dès maintenant le point qui piège le plus d'élèves : les cellules végétales possèdent des mitochondries, exactement comme les cellules animales. La photosynthèse ne remplace pas la respiration — les deux coexistent dans la même cellule.

Bloc 2 sur 7 · Approfondir

Approfondir : le métabolisme, deux façons de se nourrir

Le mot métabolisme a un sens précis en biologie, très différent de son sens courant. Le métabolisme d'une cellule est l'ensemble des réactions chimiques qui s'y déroulent : dégradation de molécules pour en tirer de l'énergie, fabrication de nouvelles molécules, transformations en chaîne. Il ne s'agit ni de grossir ni de maigrir : chaque cellule vivante, à chaque instant, réalise un métabolisme.

Deux grands régimes de métabolisme existent.

Une cellule autotrophe (du grec auto-, « soi-même », et -trophê, « nourriture ») fabrique elle-même sa matière organique — les molécules carbonées qui constituent le vivant — à partir de matière minérale : eau, dioxyde de carbone, ions. Cette fabrication exige une source d'énergie extérieure ; pour la photosynthèse, c'est la lumière, captée par la chlorophylle des chloroplastes. Les cellules chlorophylliennes des végétaux sont autotrophes.

Une cellule hétérotrophe (du grec hétéro-, « autre ») ne sait pas faire cette synthèse : elle doit consommer de la matière organique déjà fabriquée par d'autres organismes. Toutes tes cellules sont hétérotrophes — c'est la raison profonde pour laquelle tu manges. Les cellules non chlorophylliennes d'un végétal, celles des racines par exemple, sont hétérotrophes elles aussi : elles reçoivent la matière organique fabriquée par les feuilles.

Deux précisions importantes.

L'autotrophie porte sur la matière, pas sur l'énergie. Aucune cellule ne vit sans source d'énergie : la cellule autotrophe prélève de l'énergie lumineuse, la cellule hétérotrophe tire son énergie de la matière organique qu'elle consomme, grâce à la respiration cellulaire de ses mitochondries.

Photosynthèse et respiration coexistent. Une cellule de feuille réalise la photosynthèse dans ses chloroplastes et la respiration dans ses mitochondries — la respiration fonctionne jour et nuit, en pleine lumière comme dans l'obscurité. La photosynthèse fabrique la matière organique ; la respiration en extrait l'énergie utilisable. Ce sont deux postes de travail différents, pas deux options concurrentes.

Enfin, le métabolisme d'une cellule dépend de son équipement (une cellule sans chloroplaste ne fera jamais de photosynthèse) mais aussi de son environnement : une cellule chlorophyllienne placée à l'obscurité cesse la photosynthèse et continue de respirer. Même patrimoine génétique, conditions différentes, métabolisme différent — tu retrouveras cette idée tout au long du lycée.

Bloc 3 sur 7 · Exemple

Exemple guidé : classer les structures par taille

Les structures du vivant s'étagent sur plusieurs ordres de grandeur — on appelle ainsi la puissance de dix la plus proche d'une mesure. Prenons quatre tailles typiques, mesurées au microscope :

Tableau : Structure, Taille typique, En mètres
StructureTaille typiqueEn mètres
un ribosome2525 nm2,5×1082{,}5 \times 10^{-8} m
une bactérie22 µm2×1062 \times 10^{-6} m
un chloroplaste55 µm5×1065 \times 10^{-6} m
une cellule végétale6060 µm6×1056 \times 10^{-5} m

1. Convertir dans une unité commune. Le nanomètre (nm) vaut 10910^{-9} m, le micromètre (µm) vaut 10610^{-6} m. Un ribosome de 2525 nm mesure donc 0,0250{,}025 µm : tout comparer en micromètres évite les erreurs.

2. Comparer par des rapports. Combien de fois le chloroplaste est-il plus grand que le ribosome ?

50,025=200\frac{5}{0{,}025} = 200

Un chloroplaste est 200200 fois plus grand qu'un ribosome. De même, la cellule végétale est 605=12\dfrac{60}{5} = 12 fois plus grande que son chloroplaste, et 600,025=2400\dfrac{60}{0{,}025} = 2400 fois plus grande qu'un ribosome.

3. Situer la bactérie. Avec ses 22 µm, une bactérie entière est plus petite qu'un chloroplaste (55 µm) et à peine plus grande qu'une mitochondrie (11 µm environ). Une cellule eucaryote de 6060 µm pourrait donc loger des centaines de bactéries : la différence procaryote/eucaryote n'est pas seulement une affaire de compartiments, c'est aussi un saut d'échelle.

4. En déduire l'instrument nécessaire. Un microscope optique ne distingue pas deux points séparés de moins de 0,20{,}2 µm environ : il montre la cellule, le noyau, le chloroplaste, mais pas le ribosome (0,0250{,}025 µm, dix fois trop petit) ni le détail des membranes. C'est pourquoi la découverte des organites a dû attendre le microscope électronique, dans les années 1940-1950.

5. Vérifier l'ordre obtenu. Du plus petit au plus grand : ribosome (0,0250{,}025 µm) << bactérie (22 µm) << chloroplaste (55 µm) << cellule végétale (6060 µm). Chaque rapport entre voisins est d'au moins un facteur 2,52{,}5 : le classement est sans ambiguïté.

Bloc 4 sur 7 · Visualiser

Visualiser : cellule animale et cellule végétale

Figure (fig.biology.animal-plant-cell, SVG programmatique à produire) : deux cellules eucaryotes légendées côte à côte, dessinées à la même échelle, avec une barre d'échelle commune de 1010 µm.

  • À gauche, une cellule animale (2020 µm environ), de contour arrondi et irrégulier : membrane plasmique en trait plein, cytoplasme, noyau central avec son enveloppe, plusieurs mitochondries en forme de haricot, réticulum en réseau de membranes repliées autour du noyau, ribosomes figurés par de fines ponctuations.
  • À droite, une cellule végétale (6060 µm environ), de contour anguleux : les mêmes organites que la cellule animale — noyau, mitochondries, réticulum, ribosomes — PLUS trois structures qui lui sont propres, chacune signalée par une étiquette sur fond distinct : la paroi, double trait épais entourant la membrane plasmique par l'extérieur ; la grande vacuole centrale, qui repousse le noyau contre la membrane ; des chloroplastes ovales alignés près de la lumière.
  • Une accolade sous les deux cellules réunit les organites communs, avec la mention « équipement commun à toutes les cellules eucaryotes » ; une seconde accolade, sous la seule cellule végétale, réunit paroi, vacuole et chloroplastes.
  • Un cartouche d'alerte en bas : « Les deux cellules possèdent des mitochondries. La paroi s'ajoute à la membrane plasmique, elle ne la remplace pas. »
  • Un médaillon en haut à droite montre une bactérie à la même échelle (22 µm, à peine visible), légendée « procaryote : pas de noyau, pas d'organite — l'ADN est libre dans le cytoplasme ».

Ce qu'il faut lire. Cherche d'abord les mitochondries : elles sont dans les deux cellules. Repère ensuite, sur la cellule végétale, l'ordre des enveloppes en venant de l'extérieur : paroi d'abord, membrane plasmique ensuite — deux structures distinctes et superposées. Compare enfin la taille de la bactérie du médaillon à celle des deux cellules : un procaryote entier est plus petit que la plupart des organites.

Pour une lecture sans l'image : la figure juxtapose une cellule animale d'environ vingt micromètres et une cellule végétale d'environ soixante micromètres, à la même échelle. Toutes deux contiennent noyau, mitochondries, réticulum et ribosomes, réunis par une accolade « équipement commun ». La cellule végétale porte en plus une paroi qui double la membrane par l'extérieur, une grande vacuole centrale et des chloroplastes, réunis par une seconde accolade. Un médaillon montre une bactérie de deux micromètres, sans noyau ni organite, et un cartouche rappelle que les mitochondries sont présentes dans les deux cellules et que la paroi s'ajoute à la membrane sans la remplacer.

Cellule animale et cellule végétale à la même échelle : l'équipement commun et les trois structures propres au végétal — Deux cellules eucaryotes légendées côte à côte, dessinées à la même échelle, 4 pixels par micromètre, avec une barre d…

Bloc 5 sur 7 · Formules

Ordres de grandeur et repères à retenir

  • 1 µm=106 m1 nm=109 m=103 µm1\ \text{µm} = 10^{-6}\ \text{m} \qquad 1\ \text{nm} = 10^{-9}\ \text{m} = 10^{-3}\ \text{µm}
  • ribosome  (25 nm)  <  bacteˊrie  (2 µm)  <  organites  <  cellule eucaryote  (20 aˋ 100 µm)\text{ribosome} \;(\approx 25\ \text{nm}) \;<\; \text{bactérie} \;(\approx 2\ \text{µm}) \;<\; \text{organites} \;<\; \text{cellule eucaryote} \;(\approx 20\ \text{à}\ 100\ \text{µm})
  • rapport de tailles=taille de la grande structuretaille de la petite structure\text{rapport de tailles} = \dfrac{\text{taille de la grande structure}}{\text{taille de la petite structure}}
Tableau : Repère, Valeur typique, Domaine de validité
RepèreValeur typiqueDomaine de validité
Ribosome2525 nmédifice moléculaire, visible au seul microscope électronique
Mitochondrie11 µm environorganite, présent dans TOUTES les cellules eucaryotes
Bactérie22 µm environcellule procaryote entière
Chloroplaste55 µm environcellules végétales chlorophylliennes uniquement
Cellule animale2020 µm environvaleur typique — certaines cellules s'en écartent beaucoup
Cellule végétale6060 µm environvaleur typique, paroi comprise

Unités. Les tailles cellulaires s'expriment en micromètres (µm) et les édifices moléculaires en nanomètres (nm) ; le mètre reste l'unité SI de référence, d'où les conversions ci-dessus.

Domaine de validité. Ces valeurs sont des ordres de grandeur, pas des constantes : un ovule humain atteint 120120 µm, certaines bactéries sortent de la gamme citée. Un exercice de classement n'est décidable que si les tailles comparées diffèrent nettement — c'est le cas des structures de ce tableau, jamais de deux structures aux tailles voisines (mitochondrie et bactérie, par exemple).

Vocabulaire. Eucaryote : cellule à noyau et organites. Procaryote : cellule sans noyau ni organite. Métabolisme : ensemble des réactions chimiques de la cellule. Autotrophe : fabrique sa matière organique à partir de matière minérale. Hétérotrophe : consomme de la matière organique existante.

Bloc 6 sur 7 · Pièges

Pièges fréquents

  1. Croire que les cellules végétales n'ont pas de mitochondries. Faux, et c'est l'erreur la plus tenace du chapitre. La photosynthèse fabrique de la matière organique ; c'est la respiration, dans les mitochondries, qui en tire l'énergie utilisable — jour et nuit, feuilles comprises. Chloroplastes et mitochondries coexistent dans la même cellule, à des postes différents.
  2. Confondre paroi et membrane plasmique. La membrane plasmique délimite toutes les cellules, animales comme végétales, et contrôle leurs échanges. La paroi est une enveloppe supplémentaire, propre aux végétaux (et à d'autres organismes comme les champignons), qui entoure la membrane par l'extérieur. Elle s'y ajoute, elle ne la remplace jamais.
  3. Prendre « métabolisme » au sens courant. « Avoir un bon métabolisme », grossir, maigrir : c'est l'image du langage courant. En biologie, le métabolisme est l'ensemble des réactions chimiques d'une cellule — une définition qui se joue à l'échelle cellulaire, pas à celle de la silhouette.
  4. Penser qu'une bactérie possède un petit noyau. Non : elle n'a pas de noyau du tout. Son ADN est directement dans le cytoplasme. « Procaryote » ne veut pas dire « noyau réduit », mais « aucun compartiment ».
  5. Croire que toutes les cellules végétales font la photosynthèse. Seules les cellules chlorophylliennes, équipées de chloroplastes et exposées à la lumière, la réalisent. Une cellule de racine est hétérotrophe : elle vit de la matière organique fabriquée ailleurs dans la plante.
  6. Croire qu'une cellule autotrophe se passe d'énergie. L'autotrophie porte sur la matière : la cellule fabrique ses molécules organiques à partir de minéral. Il lui faut pour cela une source d'énergie extérieure — la lumière. Aucune cellule ne vit sans dépense d'énergie.
  7. Imaginer la vacuole comme un vide. C'est un compartiment plein — d'eau et de substances dissoutes — qui occupe l'essentiel du volume de la cellule végétale et participe à sa rigidité.

Bloc 7 sur 7 · Vérifier

Vérifier : organites, rôles et distinctions

À quoi t'attendre. Le modèle d'entraînement associé à cette leçon tire une question parmi six familles : associer une structure cellulaire à sa fonction, dire si une cellule végétale possède des mitochondries, distinguer paroi et membrane, caractériser une cellule procaryote, définir le métabolisme, définir l'autotrophie. Quatre réponses sont proposées ; les pièges reprennent exactement les erreurs du cours.

Énoncé type — entièrement corrigé.

Une cellule de feuille, riche en chloroplastes, réalise la photosynthèse.

Cette cellule possède-t-elle aussi des mitochondries ?

  1. Non : les chloroplastes y remplacent les mitochondries.
  2. Oui : la respiration cellulaire s'y déroule aussi, jour et nuit.
  3. Non : la respiration cellulaire est réservée aux cellules animales.
  4. Oui, mais elles ne fonctionnent que la nuit, quand la photosynthèse s'arrête.

Correction.

La bonne réponse est la 2. Chloroplaste et mitochondrie assurent deux fonctions différentes : le chloroplaste fabrique de la matière organique grâce à la lumière, la mitochondrie en tire de l'énergie utilisable par la respiration cellulaire. Or une cellule vivante a besoin d'énergie en continu : les cellules végétales possèdent donc des mitochondries, et elles respirent jour et nuit.

Les autres propositions sont fausses. La 1 confond deux postes de travail : la photosynthèse ne remplace pas la respiration, les deux organites coexistent. La 3 réserve à tort la respiration aux animaux : toute cellule eucaryote vivante respire, cellules végétales comprises. La 4 invente une alternance : la respiration ne s'interrompt pas en pleine lumière — c'est la photosynthèse qui, elle, cesse à l'obscurité.

Auto-contrôle : quand une question oppose deux organites, demande-toi d'abord quelle fonction chacun assure. Si les deux fonctions sont différentes, aucun ne peut « remplacer » l'autre — et une réponse qui le prétend est fausse.

L’exercice interactif de cette leçon attend la fin de sa relecture scientifique. L’énoncé type ci-dessus est complet : il se travaille tel quel.

Sources

  • BO spécial n°1 du 22 janvier 2019 — programme de sciences de la vie et de la Terre de seconde générale et technologique, thème « La Terre, la vie et l'organisation du vivant » : l'organisme pluricellulaire, métabolisme des cellules
  • N. Campbell, J. Reece et al., Biologie, Pearson — chapitre sur l'exploration de la cellule
  • B. Alberts et al., Biologie moléculaire de la cellule, Lavoisier — organisation des cellules eucaryotes

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