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Statistiques · Seconde · 19 min de lecture

Dispersion : étendue, quartiles, écart-type

Étendue, quartiles et écart interquartile, écart-type, comparaison de séries, diagramme en boîte.

Chapitre du programme : Statistiques et probabilités

Bloc 1 sur 7 · Comprendre

Comprendre : mesurer l'étalement d'une série

En 4e, tu as appris à résumer une série statistique par des indicateurs de position : la moyenne et la médiane disent où la série se situe. Mais deux séries peuvent se situer au même endroit et raconter deux histoires très différentes. Compare les notes de deux groupes au même devoir : le groupe A a obtenu 99 ; 1010 ; 1111 ; 1212 ; 1313, le groupe B a obtenu 33 ; 77 ; 1111 ; 1515 ; 1919. Les deux moyennes valent 1111, les deux médianes aussi — et pourtant le groupe A est homogène quand le groupe B écartèle ses élèves entre 33 et 1919. Ce que la moyenne ne voit pas, c'est l'étalement de la série. Les indicateurs de dispersion servent exactement à cela.

L'étendue : le plus simple, le plus fragile. L'étendue d'une série est l'écart entre sa plus grande et sa plus petite valeur :

eˊtendue=maximumminimum.\text{étendue} = \text{maximum} - \text{minimum}.

Pour le groupe B : 193=1619 - 3 = 16 ; pour le groupe A : 139=413 - 9 = 4. L'étendue se calcule en deux secondes, mais elle ne dépend que de deux valeurs — les deux extrêmes. Une seule valeur aberrante (un élève absent noté 00) peut la faire exploser sans que la série ait réellement changé de physionomie.

Les quartiles : découper l'effectif en quarts. L'idée est la même que pour la médiane, qui partage l'effectif en deux moitiés — mais en partageant en quarts. La série doit d'abord être rangée dans l'ordre croissant ; aucun indicateur de ce chapitre ne se lit sur une série brute.

Le premier quartile Q1Q_1 est la plus petite valeur de la série telle qu'au moins 25 %25\ \% des valeurs lui soient inférieures ou égales. Le troisième quartile Q3Q_3 est la plus petite valeur de la série telle qu'au moins 75 %75\ \% des valeurs lui soient inférieures ou égales.

En pratique, pour une série ordonnée de nn valeurs : Q1Q_1 est la valeur dont le rang est le plus petit entier supérieur ou égal à n4\dfrac{n}{4}, et Q3Q_3 celle dont le rang est le plus petit entier supérieur ou égal à 3n4\dfrac{3n}{4}. Par exemple pour n=11n = 11 : 114=2,75\dfrac{11}{4} = 2{,}75, donc Q1Q_1 est la 3e3^{\text{e}} valeur ; 334=8,25\dfrac{33}{4} = 8{,}25, donc Q3Q_3 est la 9e9^{\text{e}}. Les quartiles sont toujours des valeurs de la série : ce sont des positions dans l'effectif, pas des pourcentages d'une valeur.

L'écart interquartile. C'est la différence Q3Q1Q_3 - Q_1. Il mesure l'amplitude de la moitié centrale de la série : entre Q1Q_1 et Q3Q_3 se trouvent au moins la moitié des valeurs, débarrassée du quart le plus bas et du quart le plus haut. Contrairement à l'étendue, il ignore les valeurs extrêmes : une valeur aberrante ne le déplace pas. On dit qu'il est robuste.

La médiane, complétée. En 4e, tu n'as calculé la médiane que pour un effectif impair. Au lycée, le cas pair a sa convention : la médiane d'une série ordonnée d'effectif pair nn est la demi-somme des deux valeurs centrales, celles de rangs n2\dfrac{n}{2} et n2+1\dfrac{n}{2} + 1. Pour la série ordonnée 88 ; 1010 ; 1313 ; 1515 (effectif 44), la médiane vaut 10+132=11,5\dfrac{10 + 13}{2} = 11{,}5 — un nombre qui n'est pas dans la série, et c'est normal : la médiane est une frontière, pas forcément une valeur observée.

Bloc 2 sur 7 · Approfondir

Approfondir : l'écart-type, et quel résumé choisir

L'écart-type : mesurer la dispersion autour de la moyenne. Les quartiles mesurent la dispersion autour de la médiane. L'écart-type, noté σ\sigma (sigma), joue le même rôle autour de la moyenne : plus il est grand, plus les valeurs s'éloignent en moyenne de leur centre.

D'où vient-il ? L'idée naïve serait de calculer la moyenne des écarts à la moyenne — pour chaque valeur, sa différence avec la moyenne. Essaie sur le groupe B (moyenne 1111) : les écarts valent 8-8 ; 4-4 ; 00 ; 44 ; 88, et leur somme fait... 00. Ce n'est pas un accident de cet exemple : la somme des écarts à la moyenne est toujours nulle, les écarts positifs compensant exactement les écarts négatifs — c'est même ce qui définit la moyenne. Cette quantité ne mesure donc rien.

La parade : élever chaque écart au carré avant de moyenner, ce qui rend tout positif et empêche la compensation. La moyenne des carrés des écarts s'appelle la variance. Comme elle s'exprime dans le carré de l'unité des données (des points², des minutes²...), on revient à l'unité d'origine en prenant sa racine carrée : c'est l'écart-type.

Ce que le programme attend de toi. En seconde, la formule de l'écart-type n'est pas exigible : dans les exercices courants, c'est la calculatrice ou le tableur qui le donnent, et ton travail est de le lire et de l'interpréter. Le mécanisme ci-dessus n'est là que pour que le nombre affiché ne soit pas magique : tu dois savoir ce qu'il mesure (l'étalement autour de la moyenne), dans quelle unité il s'exprime (celle des données), et ce que signifie sa comparaison entre deux séries.

Sur nos deux groupes, la calculatrice donne σA=21,41\sigma_A = \sqrt{2} \approx 1{,}41 et σB=325,66\sigma_B = \sqrt{32} \approx 5{,}66 : même moyenne, mais le groupe B est quatre fois plus dispersé. C'est exactement l'information que la moyenne seule cachait.

Quel couple d'indicateurs choisir ? Les indicateurs vont par paires cohérentes : chaque indicateur de dispersion accompagne l'indicateur de position autour duquel il mesure.

  • Le couple médiane / écart interquartile est robuste : les valeurs extrêmes et aberrantes ne le déplacent pas. On le préfère quand la série contient des valeurs très éloignées des autres (salaires, temps de trajet avec un jour de grève...).
  • Le couple moyenne / écart-type utilise toutes les valeurs de la série : il est plus fin, mais une seule valeur aberrante le déforme. On le préfère quand la série est régulière, et c'est lui qui se prête aux calculs ultérieurs.

Comparer deux séries se fait à couples constants : mêmes indicateurs pour les deux, et une comparaison de dispersions n'a de sens simple qu'entre séries de même nature et d'ordre de grandeur comparable.

Le diagramme en boîte. C'est la représentation graphique du résumé {minimum, Q1, meˊdiane, Q3, maximum}\{\text{minimum},\ Q_1,\ \text{médiane},\ Q_3,\ \text{maximum}\}, dit « résumé à cinq nombres » : une boîte s'étend de Q1Q_1 à Q3Q_3 (elle contient donc la moitié centrale de l'effectif), un trait la coupe à la médiane, et deux « moustaches » la prolongent jusqu'au minimum et au maximum. D'un coup d'œil, la largeur de la boîte montre l'écart interquartile, et la longueur totale l'étendue. Deux diagrammes superposés comparent deux séries plus honnêtement qu'un long discours. Cette représentation, que tu rencontreras dans des documents et des articles, n'est plus un attendu du programme de seconde : tu dois savoir la lire, pas la construire.

Bloc 3 sur 7 · Exemple

Exemple guidé : deux séries lues de bout en bout

Énoncé. Voici les durées, en minutes, des trajets domicile-lycée de onze élèves d'un groupe, dans l'ordre du relevé :

12  ;  25  ;  8  ;  31  ;  17  ;  9  ;  44  ;  21  ;  15  ;  12  ;  26.12 \; ; \; 25 \; ; \; 8 \; ; \; 31 \; ; \; 17 \; ; \; 9 \; ; \; 44 \; ; \; 21 \; ; \; 15 \; ; \; 12 \; ; \; 26.
  1. Calculer l'étendue de la série. 2) Déterminer la médiane, les quartiles Q1Q_1 et Q3Q_3, et l'écart interquartile. 3) Les notes de deux groupes au même devoir sont : groupe A : 99 ; 1010 ; 1111 ; 1212 ; 1313 — groupe B : 33 ; 77 ; 1111 ; 1515 ; 1919. Comparer les deux groupes à l'aide de leur moyenne et de leur écart-type (donné par la calculatrice : σA1,41\sigma_A \approx 1{,}41 et σB5,66\sigma_B \approx 5{,}66).

1) L'étendue.

Étape 1 — ranger la série. Aucun indicateur ne se lit sur la série brute :

8  ;  9  ;  12  ;  12  ;  15  ;  17  ;  21  ;  25  ;  26  ;  31  ;  44.8 \; ; \; 9 \; ; \; 12 \; ; \; 12 \; ; \; 15 \; ; \; 17 \; ; \; 21 \; ; \; 25 \; ; \; 26 \; ; \; 31 \; ; \; 44.

Compte les valeurs après le tri : il doit toujours y en avoir onze.

Étape 2 — soustraire. L'étendue vaut 448=3644 - 8 = 36 minutes. Elle ne dit rien de la répartition entre ces deux extrêmes — le 4444 (un élève qui habite loin) pèse à lui seul sur ce résultat.

2) Médiane, quartiles, écart interquartile.

La médiane. L'effectif n=11n = 11 est impair : la médiane est la valeur de rang 11+12=6\dfrac{11 + 1}{2} = 6 de la série ordonnée, soit 1717 minutes. Cinq valeurs avant, cinq après.

Le premier quartile. n4=114=2,75\dfrac{n}{4} = \dfrac{11}{4} = 2{,}75 : le plus petit entier supérieur ou égal à 2,752{,}75 est 33. Q1Q_1 est donc la 3e3^{\text{e}} valeur de la série ordonnée : Q1=12Q_1 = 12 minutes.

Le troisième quartile. 3n4=334=8,25\dfrac{3n}{4} = \dfrac{33}{4} = 8{,}25 : le rang est 99. Q3Q_3 est la 9e9^{\text{e}} valeur : Q3=26Q_3 = 26 minutes.

L'écart interquartile. Q3Q1=2612=14Q_3 - Q_1 = 26 - 12 = 14 minutes : la moitié centrale des élèves tient dans une fourchette de 1414 minutes, alors que l'étendue en annonçait 3636. C'est le signe de valeurs extrêmes isolées.

Contrôle : Q1=12Q_1 = 12 et Q3=26Q_3 = 26 sont bien des valeurs de la série, et l'on a bien 8Q117Q3448 \leq Q_1 \leq 17 \leq Q_3 \leq 44 — le résumé à cinq nombres est toujours ordonné.

3) Comparer deux séries.

Étape 1 — les moyennes. Groupe A : 9+10+11+12+135=555=11\dfrac{9 + 10 + 11 + 12 + 13}{5} = \dfrac{55}{5} = 11. Groupe B : 3+7+11+15+195=555=11\dfrac{3 + 7 + 11 + 15 + 19}{5} = \dfrac{55}{5} = 11. Les deux moyennes sont égales : impossible de départager les groupes sur ce seul critère.

Étape 2 — les écarts-types. La calculatrice donne σA1,41\sigma_A \approx 1{,}41 et σB5,66\sigma_B \approx 5{,}66. L'écart-type du groupe B est environ quatre fois celui du groupe A.

Étape 3 — conclure en français. Les deux groupes ont le même niveau moyen, mais le groupe A est homogène (toutes les notes se serrent autour de 1111) tandis que le groupe B est hétérogène (les notes s'étalent de 33 à 1919). Deux séries de même moyenne ne sont pas des séries identiques : il faut toujours un indicateur de dispersion pour finir le portrait.

Bloc 4 sur 7 · Visualiser

Visualiser : quartiles et diagramme en boîte

Figure (SVG programmatique à produire) : trois panneaux empilés qui font le chemin de la leçon — même moyenne mais pas même série, les quartiles comme rangs, puis le diagramme en boîte.

  • Panneau supérieur — même centre, deux étalements. Deux axes gradués de 00 à 2020, l'un au-dessus de l'autre. Sur l'axe du groupe A, cinq points aux abscisses 99, 1010, 1111, 1212, 1313, serrés ; sur l'axe du groupe B, cinq points aux abscisses 33, 77, 1111, 1515, 1919, étalés. Sur chaque axe, un triangle pointe l'abscisse 1111 avec l'étiquette « moyenne =11= 11 » — le même triangle, à la même place. Deux accolades horizontales cotent l'emprise des points : « 44 » pour A, « 1616 » pour B. À droite, les deux valeurs σA1,41\sigma_A \approx 1{,}41 et σB5,66\sigma_B \approx 5{,}66 en cartouche, avec la mention « même moyenne, dispersions très différentes ».
  • Panneau central — les quartiles sont des rangs. Un ruban de onze cases contenant la série des trajets ordonnée (88, 99, 1212, 1212, 1515, 1717, 2121, 2525, 2626, 3131, 4444), les cases numérotées de 11 à 1111 en dessous. La case 33 (valeur 1212) est encadrée en trait épais et étiquetée « Q1Q_1 : rang 11/4=3\lceil 11/4 \rceil = 3 » ; la case 66 (valeur 1717) est encadrée et étiquetée « médiane » ; la case 99 (valeur 2626) est encadrée et étiquetée « Q3Q_3 : rang 33/4=9\lceil 33/4 \rceil = 9 ». Une accolade couvre les cases 33 à 99 avec la mention « moitié centrale — amplitude Q3Q1=14Q_3 - Q_1 = 14 ». En dessous, en plus petit et barré, le calcul erroné « 25 %25\ \% de 44=1144 = 11 » avec la mention « un quartile est un rang dans l'effectif, pas une fraction du maximum ».
  • Panneau inférieur — le diagramme en boîte. Au-dessus d'un axe gradué de 00 à 5050 minutes, le diagramme en boîte de la série des trajets : une boîte rectangulaire de 1212 à 2626, un trait vertical intérieur à 1717, une moustache gauche jusqu'à 88, une moustache droite jusqu'à 4444. Cinq lignes de rappel en pointillés relient chaque élément à son étiquette : minimum, Q1Q_1, médiane, Q3Q_3, maximum. Deux cotes horizontales superposées : la largeur de la boîte (« écart interquartile =14= 14 ») et la longueur totale moustaches comprises (« étendue =36= 36 »).

Ce qu'il faut lire. Le panneau du haut est l'image fondatrice du chapitre : deux nuages de points au même centre, l'un ramassé, l'autre étalé — tout ce que la moyenne seule ne peut pas distinguer. Le panneau central montre le geste exact du calcul des quartiles : on numérote la série ordonnée et on va chercher un rang, jamais un pourcentage d'une valeur — le calcul barré est là pour vacciner. Le panneau du bas assemble le tout : la boîte est la moitié centrale, les moustaches vont aux extrêmes, et la comparaison des deux cotes (14 contre 36) montre d'un regard que l'étendue exagère ce que la série a de dispersé.

Dispersion d’une série : deux groupes de même moyenne, les quartiles comme rangs, le diagramme en boîte — Trois panneaux empilés. Panneau supérieur : deux axes gradués de 0 à 20, l’un au-dessus de l’autre

Bloc 5 sur 7 · Formules

Les relations à retenir

  • eˊtendue=maximumminimum\text{étendue} = \text{maximum} - \text{minimum}
  • Q1:valeur de rang n4,Q3:valeur de rang 3n4 (seˊrie ordonneˊe)Q_1 : \text{valeur de rang } \left\lceil \frac{n}{4} \right\rceil, \qquad Q_3 : \text{valeur de rang } \left\lceil \frac{3n}{4} \right\rceil \text{ (série ordonnée)}
  • eˊcart interquartile=Q3Q1\text{écart interquartile} = Q_3 - Q_1
  • meˊdiane (effectif pair)=valeur de rang n2  +  valeur de rang (n2+1)2\text{médiane (effectif pair)} = \frac{\text{valeur de rang } \frac{n}{2} \;+\; \text{valeur de rang } \left(\frac{n}{2} + 1\right)}{2}
  • V=moyenne des (valeurmoyenne)2σ=V(fournis par la calculatrice)V = \text{moyenne des } (\text{valeur} - \text{moyenne})^2 \qquad \sigma = \sqrt{V} \quad \text{(fournis par la calculatrice)}
Tableau : Indicateur, Mesure la dispersion autour de..., Sensible aux valeurs extrêmes ?
IndicateurMesure la dispersion autour de...Sensible aux valeurs extrêmes ?
Étenduerien : les deux extrêmes seulstotalement
Écart interquartile Q3Q1Q_3 - Q_1la médianenon (robuste)
Écart-type σ\sigmala moyenneoui

Domaine de validité. Les rangs n/4\lceil n/4 \rceil et 3n/4\lceil 3n/4 \rceil (le symbole  \lceil\ \rceil désigne l'arrondi à l'entier supérieur) supposent la série ordonnée — c'est la première étape de tout calcul, jamais une option. La demi-somme pour la médiane ne concerne que le cas d'un effectif pair. La formule de la variance et de l'écart-type est donnée pour comprendre ce que la calculatrice fait : elle n'est pas exigible en seconde, et un énoncé qui demande σ\sigma fournit l'outil de calcul.

Unités. L'étendue, les quartiles, l'écart interquartile, la médiane et l'écart-type s'expriment tous dans l'unité de la série : des minutes pour des durées, des centimètres pour des tailles. La variance, elle, s'exprime dans le carré de cette unité — c'est précisément pour cela qu'on lui préfère sa racine carrée. Les valeurs exactes se gardent tant que possible ; un écart-type issu d'une racine non entière s'écrit avec \approx et l'arrondi demandé (souvent au centième).

Contrôles gratuits. Le résumé à cinq nombres est toujours ordonné : minQ1meˊdianeQ3max\text{min} \leq Q_1 \leq \text{médiane} \leq Q_3 \leq \text{max}. Les quartiles sont des valeurs de la série. L'écart interquartile ne dépasse jamais l'étendue. Un écart-type est positif, et il est nul seulement si toutes les valeurs sont égales. Quatre vérifications, quelques secondes.

Bloc 6 sur 7 · Pièges

Pièges fréquents

  1. Croire que deux séries de même moyenne sont « identiques ». Les groupes A (99 ; 1010 ; 1111 ; 1212 ; 1313) et B (33 ; 77 ; 1111 ; 1515 ; 1919) ont tous deux une moyenne de 1111, et des physionomies radicalement différentes. La moyenne situe la série ; elle ne dit rien de son étalement. Toute comparaison sérieuse exige un indicateur de dispersion en plus de l'indicateur de position.
  2. « Calculer l'écart-type » en moyennant les écarts sans les élever au carré. La somme des écarts à la moyenne vaut toujours zéro — les écarts positifs compensent exactement les négatifs. Cette quantité ne mesure rien. Le carré est ce qui empêche la compensation : c'est le cœur du mécanisme de la variance, et la raison d'être de la racine finale qui ramène à l'unité des données.
  3. Lire les quartiles comme « 25 % et 75 % de la valeur maximale ». Sur la série des trajets, 0,25×44=110{,}25 \times 44 = 11 n'est ni Q1Q_1 (qui vaut 1212) ni quoi que ce soit d'interprétable : ce calcul mélange une position dans l'effectif avec une fraction d'une valeur. Un quartile se trouve en calculant un rang, puis en allant chercher la valeur de ce rang dans la série ordonnée.
  4. Oublier de trier la série. Tous les indicateurs de ce chapitre — médiane, quartiles, et même le minimum et le maximum de l'étendue — se lisent sur la série ordonnée. La valeur centrale d'une liste non triée n'a aucune signification. Trier d'abord, compter les valeurs pour vérifier qu'aucune ne s'est perdue, calculer ensuite.
  5. Confondre étendue et écart interquartile. Les deux sont des différences, mais pas entre les mêmes bornes : l'étendue va du minimum au maximum (3636 minutes sur l'exemple), l'écart interquartile de Q1Q_1 à Q3Q_3 (1414 minutes). Le premier dépend entièrement des extrêmes ; le second les ignore. Les confondre revient à confondre la longueur totale du diagramme en boîte avec la largeur de sa boîte.
  6. Donner une variance comme si c'était un écart-type. La variance du groupe B vaut 3232, son écart-type 325,66\sqrt{32} \approx 5{,}66 : les deux nombres n'ont ni la même valeur ni la même unité (des points² contre des points). Si le nombre obtenu paraît énorme par rapport aux données, la racine carrée a probablement été oubliée.
  7. Comparer des écarts-types de séries qui ne sont pas comparables. Un écart-type de 55 n'a pas le même sens pour des notes sur 2020 et pour des tailles en centimètres : l'écart-type s'exprime dans l'unité de la série, et une comparaison brute entre séries de natures ou d'ordres de grandeur différents ne veut rien dire. On compare des dispersions entre séries de même nature — deux groupes au même devoir, deux clubs sur les mêmes matchs.
  8. Croire que la médiane d'un effectif pair doit être une valeur de la série. La convention du lycée est la demi-somme des deux valeurs centrales : pour 88 ; 1010 ; 1313 ; 1515, la médiane vaut 11,511{,}5, qui n'apparaît nulle part dans la série. C'est une frontière entre les deux moitiés, pas nécessairement une observation.

Bloc 7 sur 7 · Vérifier

Vérifier : le résumé à cinq nombres

Le modèle. L'exercice associé à cette leçon affiche une série brute, jamais triée — des notes, des tailles, des durées de trajet ou des masses de colis — et demande, selon le tirage : l'étendue, le premier ou le troisième quartile, l'écart interquartile, ou la médiane (effectif pair ou impair). L'effectif est choisi pour que la convention des quartiles soit sans ambiguïté. Un second modèle, voisin, compare deux séries de même moyenne et de dispersions très différentes : moyenne, variance (définie dans l'énoncé), écart-type, ou série la plus dispersée.

Énoncé type. Voici les notes, sur 20, obtenues par les élèves d'un groupe à un devoir :

11  ;  8  ;  15  ;  12  ;  9  ;  17  ;  13  ;  6  ;  14  ;  11  ;  18  ;  10  ;  12.11 \; ; \; 8 \; ; \; 15 \; ; \; 12 \; ; \; 9 \; ; \; 17 \; ; \; 13 \; ; \; 6 \; ; \; 14 \; ; \; 11 \; ; \; 18 \; ; \; 10 \; ; \; 12.

Calculer l'écart interquartile Q3Q1Q_3 - Q_1 de la série.

Corrigé complet.

1. Ranger la série dans l'ordre croissant. C'est le geste obligatoire, et le plus fécond en erreurs quand on le bâcle :

6  ;  8  ;  9  ;  10  ;  11  ;  11  ;  12  ;  12  ;  13  ;  14  ;  15  ;  17  ;  18.6 \; ; \; 8 \; ; \; 9 \; ; \; 10 \; ; \; 11 \; ; \; 11 \; ; \; 12 \; ; \; 12 \; ; \; 13 \; ; \; 14 \; ; \; 15 \; ; \; 17 \; ; \; 18.

Treize valeurs avant le tri, treize après : rien ne s'est perdu. L'effectif est n=13n = 13.

2. Calculer le rang de Q1Q_1. n4=134=3,25\dfrac{n}{4} = \dfrac{13}{4} = 3{,}25 : le plus petit entier supérieur ou égal à 3,253{,}25 est 44. Q1Q_1 est la 4e4^{\text{e}} valeur de la série ordonnée :

Q1=10.Q_1 = 10.

3. Calculer le rang de Q3Q_3. 3n4=394=9,75\dfrac{3n}{4} = \dfrac{39}{4} = 9{,}75 : le rang est 1010. Q3Q_3 est la 10e10^{\text{e}} valeur :

Q3=14.Q_3 = 14.

4. Soustraire.

Q3Q1=1410=4.Q_3 - Q_1 = 14 - 10 = 4.

L'écart interquartile vaut 44 points : la moitié centrale du groupe tient dans une fourchette de 44 points.

5. Contrôler. Q1=10Q_1 = 10 et Q3=14Q_3 = 14 sont des valeurs de la série, et le résumé est ordonné : 6101214186 \leq 10 \leq 12 \leq 14 \leq 18 (la médiane, 7e7^{\text{e}} valeur, vaut 1212). L'écart interquartile (44) est bien inférieur à l'étendue (186=1218 - 6 = 12).

Auto-contrôle : si l'un de tes quartiles n'est pas une valeur de la série, ou si ton Q1Q_1 dépasse ta médiane, le tri ou un rang est en cause. Et si tu as obtenu tes quartiles en prenant 25 %25\ \% ou 75 %75\ \% de la note maximale, reprends la méthode : un quartile est un rang dans l'effectif ordonné, jamais une fraction d'une valeur.

Sources

  • BO spécial n°1 du 22 janvier 2019 — programme de mathématiques de seconde générale et technologique, partie « Statistiques et probabilités », section « Information chiffrée et statistique descriptive »
  • G. Saporta, Probabilités, analyse des données et statistique, Technip — chapitre sur les caractéristiques de dispersion

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